TOMB RAIDER de Roar Uthaug [Critique Ciné]

 

Tomb Raider

 

Comme sur consoles en 2013, la saga Tomb Raider s’offre un reboot bienvenue au cinema pour tenter de faire oublier les précédents films avec cette nouvelle aventure plus réaliste. Enfin une bonne adaptation de jeux vidéo ?

 

 

SYNOPSIS : Refusant de croire que son père, disparu il y a sept ans, est vraiment mort, Lara refuse de reprendre les affaires familiales préférant une vie de galère et de petits boulots. Contrainte malgré tout de signer l’héritage pour ne pas voir l’empire fondé par son père s’effondrer, Lara découvrira dans son dernier message un précieux message qui pourrait la conduire vers la dernière destination de son père. N’écoutant que son courage, la jeune femme s’embarque pour sa première grande aventure vers l’île de Yamataï situé au large du Japon.

 

C’était il y a cinq ans presque jours pour jour, la saga Tomb Raider s’offrait un vrai reboot sorti à l’époque sur Playstation 3 et Xbox 360 qui révolutionnait la franchise. Après deux adaptations cinématographiques particulièrement ratées il y a déjà quinze ans, la saga avait clairement également besoin d’un sérieux reboot si elle voulait faire son retour au cinéma. La lourde tâche d’assurer ce retour pour relancer la franchise au cinéma revient au réalisateur norvégien  Roar Uthaug qui s’est fait un nom à l’international grâce au carton dans son pays du film catastrophe The Wave passé assez inaperçu en France.

 

Tomb Raider

 

Reprenant les  mêmes intention des développeurs du jeu vidéo de 2013, ce nouveau Tomb Raider se veut plus réaliste. Fini les gros seins, la taille de guêpe et les tenues fashion, la jeune Lara Croft est une fille plus naturelle de 21 ans que le film prend le temps de nous montrer dans son quotidien londonien entre cours de kickboxing et petit boulot de coursier pour mieux expliquer ses capacités physiques qui seront mises à rude épreuve lorsque la jeune fille sera plongée dans sa première grande épreuve. Comme dans le jeu, on la verra pour la première fois tuer un homme avec toute l’horreur que cela lui fait ressentir et les fans du jeu seront certainement ému de la voir faire sa première grande escalade et son premier grand saut qui ont fait tout le sel de la saga vidéo-ludique.

Loin de la plastique d’une Angelina Jolie qui correspondait bien à l’ancienne version pixelisée de l’héroïne, c’est la très belle et naturelle Alicia Vikander qui incarne cette nouvelle Lara Croft très proche de son nouveau modèle vidéo-ludique. L’actrice, que l’on connait surtout pour ses rôles dramatiques qui lui ont valu un Oscar pour sa performance dans The Danish Girl, s’était déjà frotté à l’action dans le dernier Jason Bourne et dans Code U.N.C.L.E. où elle volait  la vedette aux deux héros bien moins charismatiques. On ne l’avait cependant jamais vu comme dans Tomb Raider auparavant car elle a subit une véritable transformation physique pour le rôle en gagnant une musculature impressionnante. Très loin de la fragilité de ses rôles dramatiques, elle se montre ici vraiment sure d’elle, cool, « bad-ass » et amusante et devrait faire taire les mauvaises langues qui doutaient du choix de ce choix de casting. Bien mieux que Wonder Woman, cette nouvelle Lara Croft a tout pour devenir l’héroïne féministe par excellence qui n’a pas besoin d’un prince charmant pour se sortir d’affaire.

 

Tomb Raider

 

L’histoire de ce nouveau Tomb Raider ne reprend que les grandes lignes et quelques passages cultes du jeu vidéo de 2013. Si l’histoire se déroule bien sur la même île, les événements qui vont s’y dérouler seront pour la plupart très différent. Si cela est certainement dans une volonté de surprendre les fans du jeu vidéo, ils pourront être déçu de ne pas retrouver certains événements marquant du jeu. Le film reprend bien l’aspect survival avec une Lara Croft qui souffre, se salit et se blesse mais il est en revanche tout de même bien moins violent. Par soucis de réalisme, il n’est pas question de voir l’aventurière se lancer dans de grandes fusillades comme dans le jeu. Son arme de prédilection est ici l’arc, le grappin et aussi ses poings pour rendre le film plus grand public. Bien sur, il ne faut pas s’attendre à la moindre réflexion, nous sommes ici dans du « pop corn movie » fait uniquement pour se détendre. Pas la peine de crier au n’importe quoi devant les scènes les plus irréalistes puisqu’elles sont quasiment toutes extraites directement du jeu. On pourra cependant regretter de voir que beaucoup de scènes d’action et de combat se passent malheureusement dans l’obscurité nous empêchant de voir vraiment ce qui se passe à l’écran alors qu’Alicia Vikander s’est démenée pour réaliser elle même ses cascades. On sera surtout surpris d’un grand changement dans l’intrigue qui sera plutôt décevant car source d’un peu trop de guimauve mais cela n’arrivera pas à gâcher notre plaisir devant cette adaptation probablement la plus fidèle d’un jeu  vidéo bien plus réussie qu’un Resident Evil ou Assassin’s Creed.

Le méchant de Tomb Raider est joué par l’acteur Walton Goggins que l’on connait surtout pour son rôle dans The Hateful Eight de Quentin Tarantino. Un personnage qui semble être un hommage aux méchants des films d’action des années 80 assez cliché mais efficace dont on aurait aimé voir la cruauté un peu plus développée. Le rôle du père disparu de Lara est incarné par Dominic West qui avait déjà été le père d’Alicia Vikander dans Mémoires De Jeunesse. Un rôle qui tire un peu trop sur les bons sentiments dont la majorité des scènes ont tendance à ralentir le rythme du film. On s’amusera au passage du petit rôle de Nick Frost en prêteur sur gage et on s’étonnera de la présence de Kristin Scott Thomas en présidente intérimaire du groupe Croft, rôle appelé à se développer dans une éventuelle suite et qui semble curieusement assez similaire à celui de Charlotte Rampling dans Assassin’s Creed.

 

Tomb Raider

 

C’est peut être parce qu’on était certains d’être déçu à l’avance tant aucune adaptation de jeu vidéo ne s’est jamais montré convaincante que ce nouveau Tomb Raider paraît au final très réussi. Sans arriver à la cheville d’un Indiana Jones, nous sommes ici certainement devant sa digne descendante tant Alicia Vikander est impressionnante dans cette performance musclée bien loin des rôles dans laquelle on a l’habitude de la voir. Elle est ici l’héroïne féminine et féministe que tout le monde attendait. Après cet « origin story » qui devait rester fidèle au jeu vidéo pour installer les bases, on peut espérer une suite encore plus réussie si le succès est au rendez vous.

 

MON AVIS : 4/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Roar Uthaug
  • AVEC : Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Daniel Wu, Kristin Scott Thomas et Nick Frost
  • SCÉNARISTES : Geneva Robertson Dworet et Alastaire Siddons d’après l’histoire de Evan Daugherty et Geneva Robertson Dworet
  • COMPOSITEUR : Junkie XL
  • GENRE : Action, Aventure, Survival
  • DURÉE : 1h58
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Warner Bros. France
  • SITE OFFICIELhttp://www.tombraidermovie.com/
  • DATE DE SORTIE : 14 mars 2018