TOP GUN : MAVERICK de Joseph Kosinski [Critique Ciné]

TOP GUN : MAVERICK de Joseph Kosinski [Critique Ciné]

Trente six ans plus tard, Tom Cruise s’envole à nouveau dans Top Gun : Maverick, bel exemple de blockbuster décérébré.

Deux genres de cinéma s’opposent dans les salles de cinéma françaises ce mercredi 25 mai 2022 d’un coté le nouveau thriller Les Crimes Du Futur de David Cronenberg qui représente le cinéma d’auteur dans ce qu’il peut faire de mieux en maitière d’originalité et de création et de de l’autre Top Gun : Maverick, blockbuster décérébré plus conçu comme une attraction de fête foraine pour les séances 4DX que comme un vrai long métrage. S’il l’on trouvera beaucoup de fans pour crier au chef d’œuvre avec cette suite tant attendue, à y regarder de plus près le nouveau film de Tom Cruise ne mérite clairement pas autant d’éloge.

Souhaitant surfer sur la mode du soft reboot à la Star Wars ou Jurassic World, à l’origine c’est sans Tom Cruise que la Paramount et le réalisateur Tony Scott comptait sortir une suite de Top Gun plus de 30 ans après le premier. Mais après le mort du cinéaste, Tom Cruise s’est finalement incrusté au projet pour en reprendre les rennes, confiant l’écriture du scénario à son complice Christopher McQuarie qu’il ne quitte quasiment plus depuis leur rencontre pour Jack Reacher et la réalisation à Joseph Kosinski avec qu’il a tourné Oblivion. Top Gun : Maverick reste bien un soft reboot de l’original mais contrairement à ce qui se fait habituellement où une jeune génération prend les devants épaulés en second rôle par les acteurs du premier film, Tom Cruise n’a visiblement pas compris le principe en tirant encore une fois la couverture pour rester le seul et unique héros d’une suite emplie de nostalgie.

Trente six ans plus tard, nous retrouvons un Maverick qui malgré ses exploits en combat est toujours resté Capitaine. Il travaille désormais comme pilote d’essai d’un nouvel avion dont il cherche à pousser les limites mais le gouvernement souhaite couper ce projet trop coûteux. Il se verra alors proposer de devenir instructeur pour une nouvelle génération de pilotes d’élite engagée dans une mission très risquée de destruction d’une usine sur un territoire particulièrement hostile.

Top Gun : Maverick reproduit tellement de scènes du film de Tony Scott qu’il ressemble plus au final à une sorte de remake à gros budget qu’un soft reboot. Reproduisant des scènes clés comme l’habitude de Maverick à rouler en moto sans casque mais aussi la scène très ambiguë sexuellement d’une partie de volley-ball torse nu ou la reprise de Great Balls Of Fire, tout semble être conçu pour faire vibrer la corde nostalgique des fans. Malheureusement pour nous la mémorable scène de sexe torride du premier film sera ici remplacé par une scène de confession sur l’oreiller après l’amour à mourir d’ennui. Se rajoutera à ce naufrage des scènes de promenades romantiques en bateau ou en avion que l’on croirait sorti tout droit de 50 Nuances De Grey. Si le premier Top Gun était suffisamment original pour donner naissance à une très bonne parodie avec Hot Shots, cette suite se suffit à elle même pour être ridicule.

Il faudra prendre son mal en patience avant de profiter enfin des spectaculaires scènes d’action qui font le seul intérêt de cette suite. Il s’agira cependant au début de simple scènes d’entrainement sans enjeu et donc sans grand intérêt. Il faudra vraiment attendre la toute dernière partie du film pour entrer enfin dans le vif de l’action. Filmé en plein air sans effets numériques, il y a de quoi parfois en prendre plein la vue mais le réalisateur abuse de plans sur le visage des pilotes réellement marqués par la vitesse de l’avion qu’ils se prennent en pleine face plutot que nous montrer de l’extérieur le pilotage des avions. Les explications du but de cette mission sont expédiées en trente secondes sans que l’on sache qui sont les ennemis ni où se passe cette attaque. Pas de quoi vraiment être épaté par le déroulement de cette mission qui plagie sans vergogne ce que George Lucas nous proposait déjà dans l’Episode IV de Star Wars.

A l’exception du personnages incarné par Milles Teller qui joue le fils de Goose, le regretté meilleur ami de Maverick, toutes les autres nouvelles recrues ne serviront à rien. Chargée d’un pathos dégoulinant, la rivalité entre le fils de Goose et Maverick sera vraiment au cœur du scénario de cette suite. Suivant toujours Tom Cruise, nous n’aurons pas le droit à de véritables scènes pour découvrir réellement les autres pilotes et les apprécier. Il y aurait pourtant eu toute une histoire à faire autour de la première femme pilote que l’on peut voir dans la saga jouée par Monica Barbaro. Sortie de nulle part, Jennifer Connelly incarne le nouveau « love interest » de Maverick. Une fille d’amiral seulement évoquée dans le premier film qu’il aurait fréquenté à plusieurs reprises en lui brisant plusieurs fois le cœur. L’actrice apparaît sur le film sur une chanson de David Bowie peut être en hommage au film Labyrinth qu’ils avaient tourné ensemble. Autre preuve qu’il y en a que pour Tom Cruise, il n’y aura que Val Kilmer qui revient dans cette suite pour une micro-scène où ils exploitent honteusement ses véritables problèmes de santé.

Réservé aux inconditionnels du premier Top Gun et de Tom Cruise, Top Gun : Maverick est une réelle déception. Un très mauvais soft reboot dont il ne se dégage aucune originalité qui n’aurait jamais du voir le jour par respect pour Tony Scott. Le scénario chargé de pathos est totalement ridicule et les acteurs sont totalement sous exploités, servant juste de piédestal à un Tom Cruise guère convaincant. Il n’y a que le réalisme des trop rares scènes de combats qui sauvent le film du naufrage complet mais elles ne sont clairement pas assez nombreuses.

MON AVIS :
1/5

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