LE 15H17 POUR PARIS de Clint Eastwood [Critique Ciné]

 

Le 15h17 Pour Paris

 

Après Mémoires De Nos Pères, American Sniper et Sully, Clint Eastwood continue de célébrer les héros américains avec Le 15h17 Pour Paris, mais y avait-il vraiment de quoi faire un film avec cette histoire ?

 

 

SYNOPSIS : Alors qu’ils faisaient le tour de l’Europe, Spencer Stone, Alek Skarlatos, Anthony Sadler, trois amis américains se sont retrouvés dans le train Thalys 9364 à destination de Paris sans se douter qu’ils deviendraient des héros en arrêtant à mains nues, un terroriste isolé armé d’une Kalachnikov avant qu’il ait eu le temps de faire feu dans le train. Mais comment en sont-ils arrivés là ?

 

De plus en plus décrié pour son soutien au parti Républicain et à Donald Trump durant les dernières élections présidentielles américaines, Clint Eastwood semble s’enfermer dans un patriotisme américain sans se soucier de ce qu’on peut penser de lui. Avec Le 15h17 Pour Paris il poursuit ce qui est désormais une trilogie sur les héros américains initié en 2015 avec American Sniper et poursuivie avec Sully en 2016. C’est en se basant sur la biographie écrite par Jeffrey E. Stern d’après le récit des trois amis et héros que le réalisateur a eu l’idée de raconter comment trois américains en vacances en Europe se sont retrouvés par chance dans ce train.

 

Le 15h17 Pour Paris

 

Déjà lorsque il avait annoncé vouloir faire un film sur l’atterrissage miraculeux d’un A320 sur l’Hudson, on ne ne voyait pas trop l’intérêt de la chose, pourtant Clint Eastwood avait vraiment réussi à nous surprendre avec Sully. Pour Le 15h17 Pour Paris, c’est un peu la même chose. L’enquête n’étant pas encore terminée et le coupable pas encore jugé, on ne connait pas encore tous les aboutissants de cet histoire. Est-ce vraiment un attentat où l’oeuvre d’un détraqué ? Et que ce serait-il vraiment passer si il n’avait pas  été arrêté à temps ? Cela on ne le saura jamais vraiment. Mais en fait ce n’est pas un film sur cet « attentat » que Clint Eastwood avait envie de faire mais juste sur ces trois jeunes hommes héroïques Spencer Stone, Alek Skarlatos, Anthony Sadler à qui il a proposé de joueur eux même leurs propres rôles dans le film en faisant du coup une sorte de docu-fiction.

Comme pour la scène du crash dans Sully, ce n’est que des bribes de l’attaque que l’on verra régulièrement pendant le film. Au lieu de ça, le long métrage nous emmène dix ans plus tôt pour nous raconter la jeunesse des trois héros au collège. C’est en vrai, la partie la plus réussie du film tant les trois jeunes enfants choisis pour incarner les trois copains sont vraiment amusants par le don qu’ils avaient pour toujours se retrouver dans le bureau du proviseur au désespoir de leurs mères. Déjà à l’époque, Spencer et Alek se prenaient pour des militaires avec une collection d’armes de paintball et de fusil de chasse déjà impressionnante qui aurait pu les voir mal tourner eux aussi. Heureusement, les garçons pas si déséquilibrés que ce pensaient leurs enseignants ont voulu faire de leur passion leur métier en s’engageant dans l’armée. Après plusieurs tentatives, ils ont réussi à se faire engager mais n’ont jamais brillé en mission car c’étaient à vrai dire de véritables bras cassés. Spencer a fini ambulancier à l’armée et Alek est envoyé en Afghanistan traquer Al-Quaida alors que la nouvelle menace est Daesh.

 

Le 15h17 Pour Paris

 

Jusque là, le film restait vraiment plaisant et ne semblait pas mériter autant de mauvaises critiques. Les choses vont cependant se gâter lorsque l’on va suivre les trois copains dans leur virée en Europe. On a alors l’impression de voir un film de vacances sans aucun intérêt où on les voit passer du bon temps à Rome, Berlin et Amsterdam entre visites touristiques, dégustation culinaires et fêtes déchaînées très cliché. Tout ce qu’on attend à ce moment là c’est la fameuse attaque. Réalisé en temps réel et de manière très nerveuse, la scène est très réussie mais elle passe très vite. Quelle est la part de vérité dans tout cela on ne le saura jamais car c’est seulement du point de vue de ces trois américains et des autres passagers qui ont tenté de s’interposer que l’on verra la scène. Où sont, l’équipe de la SNCF, quelle est la réaction du conducteur du train on ne le saura pas.

Le choix d’avoir choisi les trois héros pour jouer leurs propres rôles était finalement une bonne idée car ils sont tous les trois très naturels devant la caméra. Allez savoir en revanche pourquoi Clint Eastwood semble avoir fait exprès de choisir que des acteurs issues de célèbres séries comiques pour les seconds rôles qui n’ont pourtant rien d’amusant ? C’est ainsi que l’on retrouve Judy Greer vue dans Arrested Development et Mon Oncle Charlie et Jenna Fisher qui jouait dans The Office, en mères de deux des héros et dans l’équipe pédagogique Tony Hale vu dans Arrested Development et Veep en prof de sports  ainsi que Thomas Lennon de la série Reno 911! en proviseur. Enfin si Patrick Braoudé avait été  annoncé dans le rôle de François Hollande ce ne sera que dans des plans de dos qu’on le verra car Clint Eastwood a préféré utiliser les vrais images d’archive du discours à l’Elysée pour plus d’émotion et de réalisme rajoutant uniquement quelques plans pour l’aspect plus cinématographique .

 

Le 15h17 Pour Paris

 

A coté des autres films de Clint Eastwood, Le 15H17 Pour Paris semble manquer clairement d’ambition. Peut être qu’à maintenant 87 ans, le réalisateur voudrait un peu freiner avec de plus petits projets. Il ne fallait certainement pas compter sur lui pour prendre parti contre les armes à feu mais on aurait pu espérer un peu plus de fond concernant les événements du Thalis car les vacances des trois héros n’ont pas grand chose de captivantes. Pas pour autant vraiment raté, le film a de quoi nous faire passer un bon moment avec quelques passages amusants et d’autres plus angoissants.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The 15:17 To Paris
  • RÉALISATEUR : Clint Eastwood
  • AVEC : Spencer Stone, Alek Skarlatos, Anthony Sadler, Judy Greer et Jenna Fischer
  • SCÉNARISTES : Dorothy Blyskal d’après le roman de Alek Skarlatos, Spencer Stone, Anthony Sadler et Jeffrey E. Stern
  • COMPOSITEUR : Christian Jacob
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Warner Bros France
  • SITE OFFICIEL : http://www.1517toparis.com/
  • DATE DE SORTIE : 7 février 2018