LEATHERFACE de Alexandre Bustillo & Julien Maury [Critique Blu-Ray]

 

Leatherface

 

Quatre ans et demi après Texas Chainsaw 3D, la saga Massacre A La Tronçonneuse se paye un nouveau reboot qui sort directement en Blu-Ray et DVD le 2 janvier 2018.

 

 

SYNOPSIS : Dix ans après avoir été arrêté par le shérif Hal Hartman, Jed Sawyer réussi à s’échapper de l’hôpital psychiatrique avec trois autres camarades et une infirmière en otage. Toujours assoiffé de vengeance après le meurtre de sa fille par la famille Sawyer, le shérif va se mettre à la poursuite des évadés. De cette cavale va naître Leatherface, le célèbre tueur à la tronçonneuse.

 

Et de huit pour la franchise Massacre A La Tronçonneuse ! Après le chef d’oeuvre de Tobe Hooper sorti en 1974, trois suites ont vues le jour avec de moins en moins de réussite au point que pour poursuivre l’exploitation de la franchise Michael Bay avait choisi de produire deux prequels plutôt réussis pour raconter les origines de la famille de dégénérés. Passé ensuite dans les mains des producteurs de Millenium FilmsTexas Chainsaw 3D avait choisi de venir effacer les troisième et quatrième film de la saga avec une nouvelle histoire. Quatre ans et demi plus tard, c’est un nouveau prequel à cette intrigue que les producteurs ont choisi de sortir  pour nous raconter les véritables origines de Leatherface, le célèbre tueur à la tronçonneuse. Mais au lieu de sortir au cinéma le nouveau long métrage a été diffusé en exclusivités sur une chaîne de télévision par satellite aux Etats Unis et sort en France directement en Blu-Ray et DVD le 2 janvier 2018.

 

Leatherface

 

C’est à deux français Alex Bustillo et Julien Maury, bien connu pour leur film A L’Intérieur qui a même fait sensation aux Etats Unis au point d’avoir le droit à un remake, qu’a été confié la lourde tache de devoir à nouveau trouver quelque chose d’original à raconter. Mais comme tout projet américain, les deux hommes n’ont pas eu vraiment leur mot à dire concernant le scénario et c’est surtout pour leur mise en scène qu’ils ont étés embauchés promettant à Millenium Films un nouvel épisode inspiré à la fois par La Balade Sauvage de Terrence Malick et le Virgin Suicides de Sofia Coppola. Des influences très art et essais qui ne sont pas si flagrantes que cela dans le résultat final en dehors du fait qu’il nous raconte la cavale de jeunes adolescents. Si esthétiquement, il n’y a pas grand chose à reprocher au film avec de bons effets gores à l’ancienne bien sanglants même si souvent suggérés et des images léchées, l’histoire de Leatherface va certainement être difficile à accepter par la majorité des fans du film culte de Tobe Hooper.

Ecrit par Seth M. Sherwood, un quasi-inconnu qui aurait participé à l’écriture de La Chute De Londres sans être crédité, Leatherface pourrait en un sens être comparé à Star Wars : La Menace Fantôme dans le sens qu’il vient totalement démystifier encore plus un très grand méchant du cinéma horrifique en dévoilant qu’il était à ses débuts qu’un petit être fragile tel Anakin Skywalker sur Tatooine devenu Dark Vador. Alors que Massacre A La Tronçonneuse : Le Commencement nous montrait déjà la naissance du monstre venu au monde de manière inattendue par sa mère avant d’être mis à la benne et récupérer par la famille Sawyer ce qui suffisait largement à expliquer son dérangement mental, dans Leatherface le jeune Jed est un garçon tout à fait normal et même peut être trop gentil né par erreur dans une famille de dangereux psychopathes dont il ne semble pas suivre la voix. Lorsqu’on le retrouvera dix ans plus tard, il reste bien sage par rapport au couple façon Mickey et Mallory de Tueurs Nés qui l’accompagne et on n’arrivera pas à voir ici le monstre sanguinaire et brutal que l’on connait. Même l’autre camarade Bud, un gros au cheveux longs et muet est définitivement là pour nous mettre le doute sur quel détenu est vraiment devenu Leatherface tant on ne peut pas s’imaginer que ce Jackson puisse virer psychopathe. Ce revirement ne sera d’ailleurs vraiment pas crédible et finira de plomber une histoire dans laquelle on s’ennuiera ferme en attendant de comprendre quel est véritable rapport avec Massacre A La Tronçonneuse.

 

Leatherface

 

On peut voir dans les scènes coupées du film que les deux réalisateurs Alexandre Bustillo et Julien  Maury n’ont pas manqué d’ambition pour s’emparer de l’oeuvre de Tobe Hooper crédité en producteur exécutif alors qu’il est mort tout juste avant le début du tournage. Si ils avaient prévu grand nombre de passages dérangeants pour coller au premier film, ce sont les producteurs de Millenium Films qui ont en grande partie saboté le film en ayant le dernier mot sur le montage pour édulcorer la violence et les moments chocs. En gros, ils ont supprimés tout ce que les fans de la franchise pouvaient attendre d’un nouvel épisode. Tourné dans l’urgence en quatre semaine en Europe de L’Est alors que l’histoire se passe toujours au Texas, les réalisateurs ont dû faire face à toutes sortes de contraintes. On retiendra deux ou trois passages visuellement très réussis et les nombreux clins d’œil à l’original mais le film ne dégagera jamais l’ambiance angoissante et poisseuse qui rendait le premier Massacre A La Tronçonneuse véritablement terrifiant et inégalable dans le genre. Ce n’est pas pour rien que le film s’appelle simplement Leatherface car de tronçonneuse nous n’en verrons clairement pas assez et les scènes où elle est impliquée sont loin d’être les plus réussies.

Le rôle principal de Leatherface est en fait une infirmière jouée par Vanessa Grace prise d’une sorte de syndrome de de Stockholm pour le trop gentil Jackson, le futur Leatherface joué par Sam Strike trop maigre et trop beau pour jouer les tueurs à la tronçonneuse avant qu’il ne finisse curieusement à adopter une autre posture et se montrer bien plus imposant dans la dernière partie du film sans être pour autant vraiment convaincant. Le couple de psychopathes incarné par Jessica Madsen et James Bloor est bien plus imposant mais leur histoire n’a rien à faire dans un Massacre A La Tronçonneuse. Voir Stephen Dorff jouer les shérifs en quête de revanche dans ce direct to vidéo est plutôt surprenant et on ne peut pas dire que l’acteur semble avoir donné le meilleur de lui même pour le rôle, surtout si on le compare à l’excellent shérif du premier prequel de Michael Bay. Lily Taylor joue une Verna Sawyer assez convaincante mais pas assez suffisamment exploitée. Déjà mauvais en Iron Fist, Finn Jones ne brillera pas plus dans le rôle de l’adjoint du shérif au rôle bien inutile.

 

Leatherface

 

En sachant que Leatherface ne sortira pas au cinéma, on pouvait déjà se douter qu’il ne serait pas une grande réussite. On sera cependant bien déçu par ce prequel absolument inutile qui rend doux comme un agneaux l’un des plus grands psychopathes du cinéma horrifique. Par respect pour le film original de Tobe Hooper on oubliera bien vite cette Origin Story motivée uniquement par l’argent pour les producteurs de Millenium Films. C’est dommage pour les deux réalisateurs Alexandre Bustillo et Julien Maury qui semblent s’être franchement impliqués pour tenter de mettre ce scénario ridicule en images malgré les contraintes et la censure imposée par le studio qui a heureusement perdu les droits de la franchise et ne pourra pas plus la massacrer qu’ici.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

LE BLU-RAY : Les images de Leatherface sont magnifiques aussi bien dans les couleurs chaudes et ensoleillées des scènes extérieures que dans les intérieurs plus sombres. Aucun problème d’encodage à signaler sur tout le film. Coté son, il faudra prendre son mal en patience pour trouver les scènes qui mettront en avant le DTS-HD Master Audio. Les bonus nous offrent une bonne vingtaine de minutes de scènes coupées avec une fin alternative plus ambitieuse et une scène d’intro différente. Dans leur commentaire et leur interview, les deux réalisateurs ont étonnamment eu la liberté de casser du sucre sur le dos des producteurs, bien que très promotionnel le reportage sur les coulisses du tournage apportera quelques bonnes infos sur la conception du film.

 

Leatherface

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Alexandre Bustillo & Julien Maury
  • AVEC : Sam Strike, Vanessa Grasse, Lili Taylor, Stephen Dorff & Finn Jones
  • SCÉNARISTE : Seth M. Sherwood d’après les personnages créés par Tobe Hooper & Kim Henkel
  • COMPOSITEUR : John Frizzell
  • GENRE : Horreur, Épouvante
  • DURÉE : 1h31
  • NATIONALITÉ : Américain
  • ÉDITEUR : Metropolitan Vidéo
  • SITE OFFICIELhttps://www.facebook.com/LeatherfaceMovie/
  • DATE DE SORTIE EN BLU-RAY ET DVD : 2 janvier 2018
  • SPÉCIFICITÉS DU BLU-RAY : BD-50 – 1080p – 16/9 – 2.40:1 – Couleurs – DTS-HD Master Audio 5.1 : Anglais, Français – Sous Titres Français
  • BONUS : Ouverture Alternative, Fin Alternatives, Scènes coupées, Coulisses Du Tournage, Interview des réalisateurs, bandes annonces, storyboard, artbook, bonus caché.