PENTAGON PAPERS de Steven Spielberg [Critique Ciné]

 

Pentagon Papers

 

Après BGG : Le Bon Gros Geant, Steven Spielberg redevient sérieux avec Pentagon Papers, un film clairement taillé pour les Oscars comme si il avait encore besoin de reconnaissance.

 

 

SYNOPSIS : Alors que le Washington Post est sur le point d’entrer en bourse, son principal concurrent le New York Times vient de décrocher un scoop sur la Guerre Du Vietnam qui fait trembler la Maison Blanche. Soucieux de rattraper son retard sur cette affaire, le rédacteur en chef Ben Bradee est impatient de publier à son tour des articles sur cette affaire mais pour la patronne du journal Katharine Graham se pose un sacré dilemme doit elle publier cette histoire au nom du droit d’informer ou l’étouffer pour assurer l’avenir du journal ?

 

Les fans de Steven Spielberg vont être gâtés cette année puisque le réalisateur est tellement prolifique que nous aurons le droit à deux films en à peine trois mois. En attendant de découvrir Ready Player One au mois de mars, c’est le Steven Spielberg sérieux qui va tenter de remporter à nouveau l’Oscar du meilleur réalisateur certainement inspiré par Spotlight en s’intéressant à l’histoire du Washington Post à un moment charnière de la vie du journal dans les années 70. Mais le film soulève aussi des questions sur la liberté de la presse ainsi que sur le combat des femmes pour l’égalité des sexes qui sont toujours bien d’actualité.

 

Pentagon Papers

 

Steven Spielberg semble avoir pris une machine à remonter le temps pour retourner en 1971. Reprenant tous les codes du cinéma des années 70, il signe une sorte de prequel au film Les Hommes Du Président dont il n’a pas caché l’influence pour Pentagon Papers. et auquel il semble clairement faire un clin d’œil à la fin de son film. A l’époque des faits, le réalisateur était tout juste au début de sa carrière et avait déjà signé le téléfilm Chantage à Washington sur un reporter qui faisait trembler un membre de la cours suprême. Doit on donc voir une sorte de retour aux sources ou simplement une volonté de suivre une mode de se replonger dans les Seventies comme David Fincher l’avait déjà fait avec Zodiac ?

On pourrait presque croire s’être trompé de salles au début du film car c’est par une scène de combat au Vietnam que commence Pentagon Papers. C’est pour nous présenter Daniel Ellsberg, le premier lanceur d’alerte de l’histoire avant Edward Snowden ou Julian Assange mais très vite le film revient aux Etats Unis pour devenir un film plus classique se déroulant principalement au cœur de la rédaction du Washington Post. Dans un soucis de reconstitution fidéle, Steven Spielberg n’hésite pas à larguer les spectateurs avec un jargon de journaliste pas toujours facile à saisir lorsque l’on n’est pas du milieu et encore moins si en plus on n’est pas franchement au courant des faits historiques relatés dans ce film très bavard qui semble copier le style du scénariste Aaron Sorkin.

 

Pentagon Papers

 

Mais au fond ce n’est pas très grave de ne pas tout comprendre à cette histoire car c’est surtout pour montrer que rien n’a vraiment changer en quarante cinq ans. En ne montrant que de très loin Richard Nixon dans le bureau ovale, on pense forcement à Donald Trump qui occupe aujourd’hui le même bureau et qui aimerait bien à son tour museler la presse qui finira peut être par le faire tomber comme Nixon. Il y a aussi un message très féministe en montrant comment à cette époque, les femmes étaient vraiment considérées comme des moins que rien tout juste bonne à parler potins mondains dans leur coin lorsque les hommes parlent politique dans le leur. En héritière du Washington Post, Katharine Graham a été une des pionnières à tenter de faire ses preuves dans un univers très masculin et macho et à échapper à cette mentalité révoltante. Il y aurait certainement tout un film à faire sur cette femme courageuse mais ce sera pour une autre fois.

Autre preuve que Pentagon Papers est taillé pour les Oscars, il réunit à l’écran deux acteurs déjà multi-récompensés et nominés qui vampirisent l’écran. Dans le rôle de Katharine Graham on trouve Meryl Streep et dans celui de son rédacteur en chef Ben Bradee c’est Tom Hanks. On a tellement l’impression de les avoir déjà vu dans des rôles très similaires qu’ils semblent ici en pilotage automatique, toujours très bon mais plus du tout surprenant. A coté, les autres acteurs semblent être des figurants de luxe à l’image de Sarah Paulson en épouse de Ben Bradee, Alison Brie en fille de Katharine Graham ou Bob Odenkirk en membre de la rédaction tant leur apparition sont brèves et anecdotiques.

 

Pentagon Papers

 

Magistralement mis en scène par un Steven Spielberg fidèle à lui même et entouré toujours de la même équipe dont John Williams qui signe une nouvelle partition très inspirée, Pentagon Papers est cependant une déception par son coté déjà vu et son classicisme formaté pour les Oscars. C’est surtout pour la réflexion qu’il inspire sur la liberté de la presse et l’égalité des sexes qu’il trouve son principal intérêt mais ce n’est pas assez pour nous convaincre. Espérons qu’il se rattrapera avec le prometteur Ready Player One en mars.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Post
  • RÉALISATEUR : Steven Spielberg
  • AVEC : Tom Hanks, Meryl Streep, Sarah Paulson, Alison Brie & Bob Odenkirk
  • SCÉNARISTES : Liz Hannah & Josh Singer
  • COMPOSITEUR : John Williams
  • GENRE : Drame, Thriller
  • DURÉE : 1h57
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Universal Pictures International France
  • SITE OFFICIELhttp://www.pentagonpapers-lefilm.ch/
  • DATE DE SORTIE : 24 janvier 2018