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PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]

Pressure

Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Alors que la crainte d’une Troisième Guerre Mondiale plane au dessus de nos têtes, la Seconde Guerre Mondiale  ne cesse encore d’inspirer les scénaristes même si elle s’est achevée il y a 81 ans maintenant. Apres le succès du diptyque La Bataille De Gaulle, voici maintenant venir Pressure. Un nouveau film sur les derniers préparatifs du débarquement mettant en avant l’élément clé sans qui l’Operation Overlord aurait pu se transformer en véritable désastre.

Comme pouvait le laisser déjà penser la bande annonce, Pressure est bien l’adaptation d’une pièce de théâtre du même nom écrite par David Haig en 2014.  Ce genre de confrontations verbales ne fait aucun doute mais pour son deuxième long métrage après le remarqué Hotel Mumbai, le cinéaste australien Anthony Maras a su faire sortir son adaptation des bureaux pour la rendre bien plus cinématographique. Le point de départ de Pressure repose sur une déclaration du Général Eisenhower sur le fait que c’est grâce aux météorologues qu’ils ont  pu faire la différence face aux allemands. 

Pressure

Même si ce n’était clairement pas nécessaire de le préciser, Pressure commence par un bandeau indiquant qu’il s’agit d’une histoire vraie. Comme tout ce genre de films basé sur la Seconde Guerre Mondiale, il cherche malgré tout à faire peser un suspense sur la  réussite du débarquement. Tout le monde a peu prés sait pourtant bien que la date du 5 juin 1944 sur lequel se pose la question du débarquement n’est pas la bonne. C’est la manière dont cette date a finalement été changée qui est au cœur de ce long métrage.

Pressure permet de faire la connaissance du Colonel James Stagg. Le  météorologue en chef écossais qui a été requis par le Général Eisenhower pour qu’il lui donne une prévision météorologique précise pour le lundi 5 juin. Il aura beau expliquer que cela est impossible à prévoir ainsi quelques jours auparavant, il n’aura pas d’autre choix que de faire de son mieux à la vue des enjeux. Loin du champ de bataille, c’est une autre guerre qu’il va mener pour imposer ses méthodes et convaincre l’état major.

Pressure

Ce Colonel Stagg est interprété par Andrew Scott découvert en Moriarty dans la série Sherlock mais plus connu aujourd’hui pour son rôle dans Fleabag. Il a la lourde tâche de rendre attachant un homme strict qui ne cherche pas à se rendre sympathique. Face à lui c’est Brendan Fraser qui incarne l’autoritaire et terrifiant General Heisenhower. Revenu au somment avec des rôles où il se montrait bien plus touchant (The Whale, Rental Family), nous n’aimerions clairement pas se frotter à lui ici. Il devra aussi faire face aux opinions divergentes de son collègue le Colonel Krick, un personnage plein de certitudes interprété tout aussi brillamment par Chris Messina connu principalement pour son rôle dans la série The Mindy Project. Si elle semble là pour apporter une touche de féminité au casting, le personnage du 1er lieutenant Kay Summersby incarnée par Kerry Condon a réellement existé. Elle rappellera cependant beaucoup les rôles des femmes que l’on peut voir dans Les Heures Sombres ou Churchill.

Nous ne verrons clairement pas le temps passer devant Pressure. La réalisation est particulièrement soignée pour se prêter à une projection sur très grand écran et même si le film repose avant tout sur des scènes de dialogues, il ne donne clairement pas l’impression de théâtre filmé. La séquence du débarquement pourra se montrer assez éprouvante par sa violence, soulignant l’absurdité de la guerre. L’absence de personnages clés de la Seconde Guerre Mondiale dans le film comme Winston Churchill, nous fera tout de même douter de la totale véracité des faits racontés ici mais ne nous empêchera pas de passer un bon moment enrichissant et émouvant.

Pressure

Pour les fans du genre, Pressure complétera très bien leur collection de films de guerre aux cotés de Les Heures Sombres ou Imitation  Game pour découvrir par épisodes toutes les coulisses des intenses préparatifs du débaquement. Porté par un casting brillant, le long métrage d’Anthony Mara semble être taillé pour emporter de nombreuses récompenses à la prochaine cérémonie des BAFTA.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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