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BEAU IS AFRAID de Ari Aster [Critique Ciné]

BEAU IS AFRAID de Ari Aster [Critique Ciné]

Beau Is Afraid

Le réalisateur Ari Aster nous surprend encore avec son troisième long métrage Beau Is Afraid.

Avec ses deux premiers longs métrages Hérédité et Midsommar, le réalisateur Ari Aster s’est imposé comme le nouveau maitre de l’horreur dans la tendance actuelle de mélanger drame et épouvante. Nous pourrions croire qu’il a cette fois décidé d’abandonner l’horreur pour explorer d’autres genres dans son troisième film Beau Is Afraid mais à y regarder de plus près c’est peut-être une nouvelle fois pour mieux nous étonner.

Après une introduction montrant la violente naissance  de Beau à travers les yeux du bébé, le film débute par une séance chez le psychiatre qui montre que Beau, maintenant cinquantenaire, a visiblement des relations assez complexes avec sa mère. C’est en découvrant l’état du monde dans lequel il vit que nous aurons nos premières surprises. À travers d’incroyables plans séquences, Ari Aster nous montre les rues d’une ville où tout le monde semble être complètement cinglé et où des cadavres jonchent les rues sans visiblement déranger personne.

Beau Is Afraid

Obligé de courir pour échapper aux maniaques qui peuplent son quartier, Beau se réfugiera chez lui. Ce n’est pas pour autant qu’il sera encore en sécurité avec une araignée dangereuse qui traine dans l’immeuble et un voisin qui le suppliera de baisser sa musique alors que Beau était pourtant en train de dormir en silence. Après avoir raté l’avion qui devait l’emmener voir sa mère, il apprendra le lendemain que celle ci est morte accidentellement. 

Si l’histoire de Beau Is Afraid n’est pas chapitré, elle se distingue cependant clairement par quatre grands actes très différents les uns des autres. Apres la violente sauvagerie du premier acte, le film laisse place à une scène où après bien des péripéties, Beau se trouvera aux bons soins d’un couple au premier abord très sympathique avant que l’intrigue ne dévoile progressivement leurs failles. L’étrange havre de paix tournera alors à nouveau au cauchemar obligeant Beau à s’enfuir une nouvelle fois.

Beau Is Afraid

Trouvant refuge dans une communauté d’orphelins vivant dans la forêt, le troisième acte se montrera le plus calme mais restera tout aussi étonnant. Rapidement les décors réels laisseront la place à des décors de théâtre en carton mélangés à de l’animation traditionnelle pour raconter une sorte de conte très étrange dont il sera difficile de comprendre tout à fait le rapport avec le reste de l’histoire.

Le quatrième acte verra enfin Beau réussir à rejoindre la maison de sa mère pour les funérailles. Mais là encore les choses ne se passeront pas comme prévues. Beau Is Afraid finira par atteindre le niveau maximum de « What The Fuck » dans une scène au grenier de la maison qui ne sera pas sans rappeler la conclusion d’Hérédité en terme de bizarrerie.

Beau Is Afraid

Tout en nous émerveillant, nous passeront beaucoup de temps à nous demander ce qu’Ari Aster a voulu raconter avec Beau Is Afraid. Un enchaînement de scènes complétement folles où il est clairement question de relation complexe entre parents et enfants et la transmission. Il faudra cependant être sacrément doué en interprétation pour saisir tout ce qu’avait en tête le réalisateur et scénariste. Sans être effrayant comme ses deux précédents longs métrages, Beau Is Afraid est cependant éprouvant pour les nerfs devant autant de folie. Une vrai horreur psychologique étonnante et souvent très drôle dans la surenchère de moments totalement absurdes qui rappelle parfois le Mother ! de Darren Aronofsky, les histoires du scénariste Charlie Kaufman et même parfois les films de Quentin Dupieux.

Difficile d’imaginer que c’est bien le même Joaquin Phoenix vu récemment très amaigri dans Joker qui a pris beaucoup de poids et une bonne calvitie pour incarner Beau. Une nouvelle incroyable performance qui mériterait largement un Oscar. Nous aurons aussi la surprise d’y retrouver Amy Ryan de la série The Office et surtout Denis Menochet dans un rôle complètement fou.

Beau Is Afraid

Beau Is Afraid est tellement fou que nous ne verrons clairement pas passer les trois heures. Nous serions même prêt à en prendre un peu plus tant Joaquin Phoenix est à nouveau incroyable dans ce drôle de rôle. Réussissant régulièrement à nous surprendre par sa magistrale réalisation et les rebondissement incessants de l’intrigue. Beau Is Afraid est bien parti pour être le film de l’année. Il est en tout cas déjà certains de devenir un grand classique du cinéma de cette décennie imposant définitivement Ari Aster comme un réalisateur sur qui il faudra compter.

MON AVIS :
5/5

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