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BLUE & COMPAGNIE de John Krasinski [Critique Ciné]

Blue & Compagnie

Après l’horreur, John Krasinski se lance dans le film pour enfants avec un Blue & Compagnie bien moins réussi que ses prestigieuses inspirations.

Célèbre pour son rôle dans la version américaine de la série The Office, John Krasinski est devenu un réalisateur à succès avec le film d’horreur Sans Un Bruit qui était pourtant loin d’être une réussite. Alors qu’un prequel à cette saga s’apprête à sortir sans lui, c’est vers le film pour enfants qu’il a choisi de se tourner pour son quatrième long métrage. Inspiré par Mary Poppins et Qui Veut La Peau de Roger Rabbit ? pour son mélange entre acteurs live et personnages animés, il n’arrivera malheureusement toujours pas à la hauteur de ses influences.

Portant le titre original de IF pour Imaginary Friend mais aussi pour l’adverbe traduisible par « Si », le film a été rebaptisé en France à tort en Blue Et Compagnie certainement pour faire écho au Monstres & Cie des studios Pixar.  Blue l’ami imaginaire est en effet aussi gros et poilu que le Sulli du film de Pete Docter . C’est peut être aussi parce que s’il avait été traduit correctement A.I. pour Ami Imaginaire, c’est déjà le nom d’un film de Steven Spielberg bien plus réussi.

Blue & Compagnie ne raconte même pas l’histoire de cet ami imaginaire mais celle de la jeune Bea qui à douze ans se pense désormais trop grande pour les coloriages et autres enfantillages. Ayant déjà dû faire le deuil de sa mère, elle craint maintenant de perdre son père qui doit se faire opérer du cœur. Hébergée chez sa grand mère le temps de l’hospitalisation, elle va découvrir par hasard dans son immeuble une curieuse créature. En la suivant, elle va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence où les Amis Imagingaires dont les enfant sont devenus trop grands sont désormais livrés à eux mêmes.

Si cela semblait être un bon point de départ; les scénaristes  de Blue & Compagnie semblent être soudainement tombés à cours d’imagination pour développer leur histoire. Tout ce que va entreprendre la jeune Bea pour venir en aide aux Amis Imaginaires va rapidement tourner au fiasco et sera immédiatement abandonné dès la première tentative sans qu’ils prennent la peine de persévérer alors que l’idée était pourtant bonne.  C’est à se demander pourquoi cette intrigue n’a finalement pas été tout simplement coupé au montage si elle ne marchait pas. Cette fausse piste sera alors remplacée par l’idée de faire renouer les Amis Imaginaires avec leurs enfants devenus trop grands. Mais là encore, c’est un échec jusqu’à l’une des dernières scènes du film  ou subitement ce projet qui n’avait pas mieux marché devient subitement ultra facile à réaliser comme un simple prétexte à une happy end vraiment pas très recherchée.

Le véritable but de Blue Et Compagnie semble être de mettre en scène une galerie d’Amis Imaginaires en synthèse souvent bien trop moches pour être attachants. L’une de leur scène la plus importante a totalement été exploité dans la bande annonce au point qu’il ne restera plus grand chose à découvrir. Contrairement à l’impressionnant travail réalisé sur La Planète Des Singes : Le Nouveau Royaume, les effets spéciaux de Blue & Compagnie  sont malheureusement souvent ratés. Nous constaterons souvent des différences de luminosité entre les acteurs et les personnages 3D sans compter le nombre de fois où le regard des acteurs semble vraiment fixer le vide plutôt que ces créatures. Le plus insupportable dans Blue & Compagnie sera cependant la manie du réalisateur John Krasinski  de sortir les violons à la première occasion. Une partition de Michael Giacchino qui reviendra bien trop souvent pour tenter d’émouvoir en vain et  qui démontre que le compositeur est  bien moins inspiré et talentueux quand il ne peut pas s’appuyer sur l’héritage de John Williams

Ne devant son retour en grâce qu’à la réussite du premier Deadpool, Ryan Reynolds donne l’impression de jouer le même personnage un brin cynique dans une version édulcoré pour les enfants. De plus cette figure de père de substitution est pour le moins étrange alors que Bea devrait passer plus de temps avec son père malade.  Au fond c’est bien John Krasinski lui même qui se montrera le plus amusant dans ces fréquentes petites apparitions en père de Béa. Les personnages en image de synthèse sont tous doublés en version originale par de grand noms dont Steve Carell dans le rôle de Blue mais il sera bien difficile de les reconnaitre comme cela.

Blue & Compagnie démontre à quel point nous vivons une triste époque pour les enfants. Bien loin des classiques que sont Qui Veut La Peau De Roger Rabbit ? ou Mary Poppins le film de John Krasinski échoue dans sa tentative de leur ressembler tout comme il s’était déjà raté avec Sans Un Bruit. Entre son scenario sans aucun sens,  ses effets spéciaux numériques ratés, son manque de rythme et un pathos bien lourd, il y a franchement bien plus enchanteur à montrer à vos enfants  avant de les traîner voir ce film.

MON AVIS :
2/5

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