WE ARE ZOMBIES de RKSS [Critique Ciné]
Deux mois après Wake Up, Les canadiens RKSS s’attaquent à la comédie de morts vivant avec leur troisième film We Are Zombies.
Remarqué par leurs courts métrages et leur premier film Turbo Kid pour leur façon de ressusciter les Séries B des années 80, le trio RKSS s’était par la suite frotter au film à suspense avec Summer Of 84. En mai dernier c’est avec le survival en huis clos au message écolo Wake Up qu’ils faisaient leur retour. À peine deux mois plus tard, ils reviennent déjà avec un film de zombies. Un genre qui a déjà vu tellement de longs métrages et séries qu’il semble aujourd’hui loin d’être évident de réussir à faire dans l’originalité. Et s’il part sur de bonnes base ce We Are Zombies ne tient malheureusement pas toutes ses promesses.
Librement adapté de la bande dessinée du même nom signée par Jerry Frissen et Guy Davis, le point de départ de We Are Zombies semblait sortir de l’ordinaire en se déroulant dans un futur proche où les morts vivants cohabitent paisiblement avec les humains sans démontrer le moindre signe de violence. Un début qui n’est pas sans rappeler le film et la série Les Revenants à l’exception que les morts vivants sont bien ici des zombies en état de décomposition avancé et que cette histoire est tout de même bien plus drôle.
Dans ce monde infesté de zombies inoffensifs, nous suivrons Karl et Fred un duo de bras cassés et leur chef Maggie qui ont monté une arnaque pour court circuiter la corporation chargée de débarrasser les familles de leurs encombrants morts vivants. Finalement piégés par les deux employés dont ils détournaient les missions, le trio se retrouvera à devoir leur verser une importance rançon pour retrouver leur grand mère qui a été prise en otage.
Même s’ils se montrent comme toujours très doués pour mettre en image cette histoire en conservant toujours le même aspect Old School qui les caractérise, le trio RKSS est clairement moins doué pour écrire une comédie digne de ce nom. Nous aurons certes de quoi nous amuser de la débilité de ces deux « héros » et d’une bonne majorité des gens qui les entourent mais à aucun moment, les réalisateurs / scénaristes arriveront à nous faire s’attacher à ces personnages. La faute peut être à des acteurs sans grand talent même si l’un deux fera penser un peu physiquement à Rick Moranis.
RKSS recyclent en effet tellement de choses déjà vu ailleurs que leur nouveau film perdra rapidement son peu d’originalité. We Are Zombies n’arrive clairement pas au niveau comique d’un Zombieland. Sa méga-corporation pharmaceutique qui exploite les morts et semble avoir fait main basse sur ce monde, rappelle le développement de la saga de George A. Romero dans Land Of The Dead mais alors qu’il partait plutôt bien un retournement de situation totalement inexplicable viendra subitement gâcher toute l’intrigue. Alors que le film ne fait pourtant qu’une heure et 20 minutes, la fin sera bien trop vite expédiée dans une pseudo scène d’action qui manquera d’éclats car filmé en grande partie dans une obscurité qui gâchera l’aspect gore.
Si We Are Zombies est probablement tourné à l’économie, c’est surtout le manque d’ambition des réalisateurs qui nous décevra le plus. Le long métrage aurait en effet facilement pu se montrer bien plus drôle, plus gore et plus sexy. Reposant sur des effets prosthétiques à l’ancienne certains maquillages de zombies et créatures se montreront vraiment très réussis tandis que d’autres frôleront le cosplay amateur nous laissant le doute s’ils sont vraiment des zombies. C’est le cas notamment d’une Z.I.L.F. (Zombies I’d Like To Fuck) qui n’a pas grand chose d’une mort vivant et se montrera étonnamment prude pour une prostituée. De quoi largement préféré l’amusant Zombie Strippers. Le film n’ayant aucune chance de passer un jour sur une chaîne de télé à une heure de grandes audience, voir que le trio de réalisateurs donne l’impression de s’autocensurer est vraiment dommage.
Si Wake Up avait réussi à nous surprendre parce que nous nous attendions à rien d’exceptionnel, peut être avions nous placer trop d’espoir dans We Are Zombies. N’arrivant pas à se démarquer des autres comédies de morts vivants et loin d’égaler Zombieland, ce nouveau film tombera malheureusement rapidement dans l’oubli sans marquer le genre par son manque d’ambition.
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