Chronique Concert : DREAM THEATER / OPETH – PROGRESSIVE NATION 2009 – 04 Octobre 2009

 

 

DIMANCHE 04 OCTOBRE 2009 – PARIS LE ZENITH

 

 

C’est devenu un rendez vous fixe, tous les deux ans début octobre Dream Theater nous donne rendez-vous au Zénith pour promouvoir un nouvel album. Cette fois-ci, ils ne viennent pas seuls et nous proposent leur festival Progressive Nation qui se déroulait jusque là uniquement aux États-Unis. C’est donc en compagnie de trois autres groupes qu’on les retrouve ce Dimanche 04 Octobre 2009.

 

UNEXPECT

 

Le groupe qui ouvrait le bal nous vient de Montréal. Encore très peu connu, le Progressive Nation 2009 était pour eux l’occasion de se faire connaître d’un plus large public. Cela sera cependant raté avec cette prestation au Zénith. En effet la sono n’a pas rendu service a ce groupe composé de sept membres. Il faut dire que la musique d’Unexpect est vraiment étrange, il y a des changements de rythme et de style musical en permanence. Imaginez un peu ce que peuvent donner deux guitares, une basse neuf cordes, un violon, un batteur, un synthé une voix masculine plutôt death et une voix féminine tendance sympho tous ensemble. C’est déja pas facile, mais lorsque en plus le son n’est pas au rendez-vous, impossible d’apprécier les titres du groupe. Pour achever le tout, les musiciens n’avaient le droit qu’à une avant-scène vraiment étroite et un light show minimale. Pas facile de donner le meilleur de soi-même dans ces conditions. Il aura fallu une bonne dose de patience aux spectateurs du Zénith pour supporter la demi heure de bouillasse sonore et soporifique  que nous a livré Unexpect. Un groupe qu’il faudra réécouter dans de meilleurs conditions pour juger réellement de leur capacités.

 

BIGELF

 

Des deux groupes inconnus de la soirée, Bigelf est vraiment une excellente surprise. C’est sur la Marche Impérial de Star Wars que le groupe californien a investit la scène du Zénith. On était loin de se douter que ce qui allait suivre aller nous replonger directement dans les Seventies. Les membres de Bigelf semblent tout droit sorti d’une machine a remonter le temps de laquelle ils nous ont ressorti tous les meilleurs sons de l’époque. Les influences de Bigelf sont flagrantes : Deep Purple, Black Sabbath, Genesis, Pink Floyd et King Crimson sont forcement les groupes qui ont forgés l’identité et le son du groupe. leurs titres semblent etre en fait des sortes de mégamix des meilleurs passages des groupes cultes des seventies. Le look du groupe n’est pas en reste avec un chanteur/organiste en redingote et chapeau haut de forme qui se tient au milieu de la scène entre deux orgues Hammond et des musiciens en patte d’eph. Le groupe nous a rapidement convaincu mais a enfoncé le clou lorsque Mike Portnoy est venu s’installer derrière la batterie pour un titre. Bigelf est vraiment la révélation de la soirée, un groupe a suivre de très près et à ne pas rater lors de leur prochain passage en France.

 

OPETH

 

Après cet excellente surprise, les choses sérieuses commencent avec l’arrivée sur scène du groupe suédois de Mickael Akerfeldt. Le groupe a choisi d’ouvrir son set avec le morceau Windowpane, excellent entrée en matière issue de l’album Damnation. Le groupe étant déjà venu défendre son nouvel  album Watershed lors d’un concert en tete d’affiche, ils ont préférés cette fois-ci nous offrir un panorama de leur carrière avec des extraits issu de cinq de leur albums depuis My Arms Your Hearse à Watershed qui sera représenté par deux fois avec les titres The Lotus Heart et Hex Omega. Toujours fidèle a lui même, le chanteur Mickael Akerfeldt nous a servi son humour habituel à plusieurs reprises annonçant même qu’il n’avait rien a faire de ceux qui n’aimait pas le chant death avant d’entamer April Athereal. Avec cette setlist, Opeth n’a pas vraiment cherché à séduire un nouveau public mais plutôt a faire plaisir a ses fans avec des titres pas forcement interprétés régulièrement sur scène précédemment. Leur prestation était vraiment carré avec un très bon son et un formidable travail sur les light show. Avec un tel show, on a hâte de retrouver le groupe pour un nouveau concert en tête d’affiche car une heure ça passe vraiment trop vite.

 
SETLIST :
– 01. Windowpane
– 02. The Lotus Eater
– 03. Reverie/Harlequin Forest
– 04. April Athereal
– 05. Deliverance
– 06. Hex Omega

 

DREAM THEATER

 

C’est finalement vers 21h30 que le groupe de Mike Portnoy est arrivé à son tour sur scène précédé par le célèbre thème de Psychose. Dream Theater sort ce soir le grand jeu pour la promotion de leur nouvel album Black Clouds & Silver Lining. Une grande scène avec trois écrans géants avec en toile de fond un ciel nuageux et suspendu de chaque coté des lambeaux de tissus reflétant la lumière avec au milieu, trônant de façon imposante,le monstre qui sert de batterie au leader du groupe. C’est ce dernier album qui sera au cœur de la setlist de ce concert avec pas moins de quatre titres sur les six qui le compose. Le concert commencera avec A Nightmare To Remember avant de se poursuivre par The Mirror/Lie, morceau issu de l’album Awake qui avait été injustement boudé par le groupe lors de leur dernier passage parisien.  C’est là qu’on voit que Mike Portnoy tient vraiment en compte ce qu’ils jouent précédemment afin de nous servir une setlist toujours aux petits oignons. Le reste du show se poursuivra avec deux autres titres issu du dernier album A Rite Of Passage et Wither interprété dans le même ordre. Cette dernière ballade, un peu fade sur le disque, passe curieusement mieux sur scène. Ils enchaîneront avec The Dance Of Eternity, extrait instrumental de l’album Metropolis Part 2, avant de poursuivre avec In The Name Of God de l’album Train Of Toughts. Quand soudain le groupe nous dit au revoir, on y croit pas vraiment car cela ne fait a peine une heure quinze que le concert a commencé. Pourtant  le rappel sur l’épique morceau The Count Of Tuscany terminera bel et bien le concert au bout d’une heure trente.

 

Le groupe est toujours au top de sa forme et délivre une prestation sans faute. James Labrie semble de plus en plus à l’aise dans son rôle de frontman, stimulant le public comme rarement auparavant.  Mike Portnoy s’éclate toujours autant derrière ses fûts et nous a joué les death metalleux pendant A Nightmare To Remember en sortant une voix caverneuse et un blast inédit dans la carrière du groupe. John Petrucci nous fera vibrer avec ses magnifiques parties de guitares avec une mention spéciale pour le passage aérien de The Count Of Tuscany. Jordan Rudess nous a sorti cette année encore de nouveaux gadget de son chapeau de magicien avec son I-Phone relié sur son synthé et un écran plasma rien que pour lui pour le voir apparaître en magicien comme dans les dessins animés qui illustrait les précédentes tournées. John Myung quand à lui reste toujours dans l’ombre a servir ses lignes de basses carrées et puissantes. Déjà excellent sur CD, les morceaux de Black Clouds & Silver Lining se révèlent comme des standards instantanés sur scène.

 

Dream Theater s’est vraiment imposé comme les  leaders de la soirée avec une prestation remarquable mais carrément trop courte. On était plutôt habitué aux  concerts de trois heures de la part des New Yorkais et il faut bien avouer qu’on reste un peu sur notre faim avec seulement  sept morceaux interprétés. On espère que la prochaine fois, le groupe nous réserve un concert du type « An Evening With » afin de profiter pleinement de leur vaste répertoire. Rendez vous dans deux ans ?

 

SETLIST :
– 01. A Nightmare To Remember
– 02. The Mirror / Lie
– 03. A Rite Of Passage
– 04. Wither
– 05. Dance Of Eternity
– 06. In The Name Of God
– 07. The Count Of Tuscany
 

MON AVIS : 5/5