GANGSTERDAM de Romain Levy [Critique Ciné]

 

Gangsterdam

 

C’est entouré d’une polémique totalement injustifiée qu’arrive en salles Gangsterdam, le second film réalisé par Romain Levy. Visiblement cette comédie qui sort des sentiers battus méritent quelques explications pour les non initiés.

 

 

SYNOPSIS : Pour tenter de séduire la belle Nora qu’il a connu à la Fac, Ruben va accepter de l’accompagner à Amsterdam afin d’aller récupérer un paquet sous les ordres d’un baron de la drogue. Ce qu’il pensait n’être qu’un simple aller retour avec la femme de ses rêves va tourner à une grande aventure pleine de dangers dans le monde mafieux qui va aider Ruben à s’affirmer enfin.

 

Avec Radiostars  son premier film en tant que réalisateur, Romain Levy avait surpris son monde en intégrant intelligemment les influences des films de Judd Apatow dans une comédie française. Il marquait ainsi une sorte de renouveau dans le genre dans lequel ils sont nombreux a avoir tenté de s’engouffrer depuis sans jamais l’avoir aussi bien réussi. Pour son second film, le réalisateur va encore plus loin dans cet humour volontairement débile en s’inspirant clairement de l’humour de Seth Rogen et Evan Goldberg a qui l’on doit entre autres  Délire Express, L’Interview Qui Tue et Sausage Party. Un pari assez casse gueule lorsqu’on voit le sort généralement réservé à ces films par les distributeurs et exploitants français persuadés que ce type d’humour ne peut pas marcher chez nous.

 

Gangsterdam

 

La polémique qui a débutée ce mercredi par la une du journal gratuit 20 minutes et reprise par le Huffington Post est née clairement d’une méconnaissance de cette humour réservé habituellement à un public averti. Ce sont probablement les mêmes qui voulaient voir Sausage Party interdit de sortie en salles. C’est sur nous ne sommes pas ici dans la comédie populaire à la française mais un film délibérément trash qui veut pouvoir rire de tout. On nous parle de passage à tabac de prostitués alors qu’il ne s’agit que d’une simple scène de bagarre amusante et sans réelle violence pour une vitrine cassée, d’homophobie et d’antisémitisme pour quelques blagues pas bien méchantes et d’apologie de viol pour deux scènes à l’humour incompris par ces critiques juste parce qu’elles vont plus loin que ce qu’ose habituellement le cinéma français. En revanche personne ne parle de l’excellente scène où Romain Levy arrive à faire monter un suspense quasi insoutenable pour un pet ! C’est pourtant là le meilleur exemple du genre d’humour réussi que l’on trouve dans Gangsterdam.

Toute cette polémique n’aurait certainement pas vu le jour si Romain Levy n’avait pas engagé Kev Adams pour le rôle principal de Gangsterdam. Si cela a certainement aidé le film à être financé avec l’appui des chaînes de télévisions, il a attiré les regards de certains jaloux qui ne supportent pas le succès du jeune comique et qui cherche à l’épingler à la première occasion. Sous prétexte qu’avec Soda, ses spectacles et son succès au cinéma dans Les Profs et Aladin le comédien a su s’attirer la sympathie des plus jeunes, il semble maintenant condamné à ne pas pouvoir changer de registre sous peine de choquer ses fans. Le film ne méritant pas d’interdiction aux moins de 12 ans, c’est aux parents de juger si ils peuvent emmener leurs enfants voir Gangsterdam mais rien que le sujet sur le trafic de drogue devrait suffire à les dissuader.

 

Gangsterdam

 

Sans cette polémique, il est vrai que voir Kev Adams en tête d’affiche avait déjà de quoi nous refroidir tant il n’a jamais vraiment brillé au cinéma. A bien n’y regarder, ce n’est pas lui qui a fait le véritable succès des Profs ou Aladin mais le prestigieux casting qui l’entourait à chaque fois. Les films dans lequel il était vraiment la tête d’affiche  et où ils jouent déjà les gangsters comme Kidon et Amis Publics n’ont jamais vraiment eu le même succès. Si au début de Gangsterdam, il arrive à se montrer drôle et attachant en « baltringue », il semble malheureusement reprendre son naturel au fur et à mesure que le personnage gagne en confiance.

En fait Gangsterdam aurait peut être mieux marché avec un acteur inconnu puisqu’il se fait littéralement voler la vedette par Côme Levin qui joue avec brio et beaucoup d’humour le rôle du meilleur ami Durex à la source des meilleurs gags mais aussi de toutes les polémiques suscitées par le film même si la couleur est annoncée dès sa présentation. L’autre révélation est la très belle Manon Azem déjà connue par les spectateurs de TF1 pour son rôle dans la série Section De Recherches mais qui fait ici ses premiers pas très convaincants au cinéma. Ami proche de Romain Levy, Manu Payet tient ici un rôle totalement à contre emploi de trafiquant de drogues, étonnant mais difficilement crédible tant on est pas habitué à le voir dans ce registre.

 

Gangsterdam

 

Loin des polémiques plus destinées à créer du clic sur le web que motivées par de réelles convictions, Gangsterdam est un essai  réussi de comédie française différente clairement inspirée par les films de Seth Rogen et Evan Goldberg. Si les occasions de rires sont très nombreuses, on sera moins convaincu par cette intrigue mafieuse jamais vraiment crédible dans un film français. Si vous êtes fans de Délire Express ou L’Interview Qui Tue, il y a de fortes chances que vous passiez un très bon moment devant le film de Romain Levy alors plutôt que d’écouter les bruits d’égouts, le mieux est d’aller juger par vous même, il y a de fortes chances que vous ne sortiez pas déçus.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Romain Levy
  • AVEC : Kev Adams, Manon Azem, Côme Levin, Manu Payet, Patrick Timsit et Hubert Koundé
  • SCÉNARISTES : Romain Levy, Mathieu Oullion, Rémy Four & Julien War
  • COMPOSITEUR : Rob
  • GENRE : Comédie
  • DURÉE : 1h40
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : StudioCanal
  • SITE OFFICIEL :  https://www.facebook.com/Gangsterdam.LeFilm/
  • DATE DE SORTIE : 29 mars 2017