HARDCORE HENRY de Ilya Naishuller [Critique Ciné]

 

Hardcore Henry

 

Lui même découvert pour des films très originaux, le réalisateur et producteur russe Timur Bekmambetov met le pied à l’étrier au jeune et talentueux Ilya Naishuller dont le projet complètement fou est de proposer avec Hardcore Henry, le premier film intégralement en vue subjective. Êtes vous prêt pour cette expérience hors du commun ?

 

 

SYNOPSIS : Henry se réveille pour se découvrir amputé d’un bras et d’une jambe. Sa femme Estelle lui explique qu’il a frôlé la mort mais grâce à ses travaux, elle a pu le sauver. A peine sur pied, il devra faire face à Akan bien décidé à s’emparer des travaux d’Estelle. Henry s’engage alors dans une course poursuite infernale à travers Moscou pour sauver sa femme.

On a déjà vu des séquences en vue subjectives dans des films d’action comme Hypertension et Doom mais jamais durant tout un long métrage. Le seul à avoir tenté sur le long terme la vue subjective est Gaspar Noe avec Enter The Void mais personne n’était aller aussi loin que Ilya Naishuller avec Hardcore Henry. Poussé par Timur Bekmambetov, le réalisateur révélé par les clips vidéo qu’il avait mis en scène pour son groupe Biting Elbows où il utilisait déjà le même procédé probablement inspiré par le clip Smack My Bitch Up de Prodigy à accepter de passer pour la première fois au long métrage.

 

Hardcore Henry

 

Influencé par les jeux vidéo et particulièrement Half Life, l’une des plus grandes références du FPS, Ilya Naishuller invente le premier film dont le spectateur est le héros. Aucun acteur n’est en effet annoncé dans le rôle principal d’Hardcore Henry. C’est principalement le réalisateur en personne et plusieurs cascadeurs qui se sont équipés de deux caméras GoPro pour simuler la vue du personnage. Le réalisateur a même choisi de rendre Henry muet afin de s’assurer que tous les spectateurs puissent mieux s’imaginer à sa place.

Hardcore Henry c’est quasiment une heure et demi d’action non stop au rythme effréné. Ça castagne et sa tire dans tous les sens en réussissant la plupart du temps en réussissant à ne jamais être trop brouillon. Beaucoup moins simpliste que l’on pourrait croire au premier abord, le long métrage d’Ilya Naishuller contient des moments d’anthologie qui vont bouleverser les codes du film d’action hollywoodien pour les années prochaines.

 

Hardcore Henry

 

Faute d’acteur dans le rôle principal, la première vedette du film est Sharlto Copley. L’acteur Sud Africain découvert dans District Nine de Neil Blomkamp dont il est devenu l’acteur fétiche, trouve dans Hardcore Henry un nouveau rôle mémorable. Il est Jimmy, un homme qui viendra en aide à Henry et qui reviendra régulièrement sous différents déguisements complètement fous alors qu’il semblait avoir été tué. On finira par comprendre plus tard pourquoi. La première qu’on verra à l’écran est cependant Haley Bennett, découverte dans le Kaboom de Gregg Araki, qui joue Estelle la femme d’Henri, scientifique à la tête d’un projet capable de transformer les morts en super soldats.  C’est cette invention qui suscite la convoitise d’Akan, grand méchant de l’histoire aux pouvoirs de télékinésie joué brillamment par l’acteur russe Danila Kozlovsky vu dans Vampire Academy.

Le procédé de vue subjective d’HardCore Henry montre quand même ses limites sur la durée. Même si le but était que le spectateurs se prenne pour le héros du film, cela ne fonctionne pas vraiment. Il manque clairement un personnage principal visible de temps en temps à l’écran a qui on pourrait s’attacher. Le fait que cet espèce d’homme invisible dont on ne voit que les mains et les pieds soit en plus muet limite forcement les scènes de dialogues nuit aussi à l’histoire qui ne peut vraiment développer son scénario. L’intrigue du film n’est d’ailleurs pas son point fort et semble même quitter la route sur la fin.

 

Hardcore Henry

 

Hardcore Henry est un formidable divertissement qui devrait séduire tous les accrocs aux jeux vidéo mais aussi à tous les férus de film d’action. Il donne une bonne grosse claque même aux films les plus fous sortis ces dernières années. Deadpool et autre Kingsman peuvent aller se rhabiller devant ce long métrage survolté et ultra violent. Avec un budget plus important pour soigner son image, Ilya Naishuller a tout pour devenir un réalisateur incontournable dans le genre. On l’imaginerait très bien dans un futur proche à la tête d’un film Marvel ou DC Comics. Les paris sont ouverts ?

 

MON AVIS : 4/5

 

 

BONUS : Le clip de Biting Elbows : Bad Motherfucker

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Ilya Naishuller
  • AVEC : Sharlto Copley,  Haley Bennett & Danila Kozlovsky
  • SCÉNARISTES : Ilya Naishuller & Will Stewart
  • MUSIQUE : Dasha Charusha
  • GENRE : Action, Science Fiction
  • DURÉE : 1h34
  • NATIONALITÉ : Américain, Russe
  • DISTRIBUTEUR : Metropolitan FilmExport
  • SITE OFFICIELhttp://www.stxmovies.com/hardcorehenry/
  • DATE DE SORTIE : 13 mars 2016

 

 

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