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CHALLENGERS de Luca Guadagnino [Critique Ciné]

Challengers de Luca Guadagnino

Loin de ce que promet la bande annonce, Challengers risque de faire bien des déçus.

Autant vous avertir tout de suite, Challengers n’est pas le film que la bande annonce voulait nous faire croire. Promettant une sorte de triangle amoureux ayant pour centre Zendaya, l’une des actrices et it girl les plus prisées du moment vous vous rendrez bien vite compte que la Warner n’a en réalité simplement pas assumé ce que le réalisateur Luca Guadagnino a fait de cette histoire. Film de producteurs, Amy Pascal et Rachel O’ Connor se sont assurés de pouvoir avoir la star d’Euphoria et Dune en tète d’affiche pour attirer les spectateurs avant de confier la réalisation du film au réalisateur du surcoté Call Me By Your Name. Alors que nous pensions avec son remake du film d’horreur Suspiria qu’il était capable d’autre chose, c’est clairement pour retrouver cette ambiance de romance homosexuelle qu’il semble avoir été engagé. Nous comprendrons très vite le piège dans lequel nous sommes tombes dans les gros plans au ralenti de visage transpirant très « porno chic ».

Challengers raconte la rivalité qui s’est installé entre Patrick Zweig et Art Donaldson. Deux amis qui se sont rencontrés au pensionnat qui aimeraient tous les deux séduire Tashi Duncan, une talentueuse joueuse de tennis promise à un brillant avenir. Pour complexifier cette histoire, le montage commence lors d’un petit tournoi de tennis sans prétention où les deux hommes vont devoir à nouveau s’affronter après des années de brouille. C’est à coup de flashback que nous finirons par découvrir les origines de leur querelle.

Nous serons tout d’abord envoyé treize ans plus tôt pour voir comment les deux amis ont fait la rencontre de Tashi. Une allumeuse de première qui s’amusera à les chauffer, hésitante entre les deux avant de les laisser en plan. Un saut un an plus tard nous permettra de voir qu’elle a finalement porté son dévolu sur Patrick le plus macho des deux. Mais à la suite d’une dispute sur leur manière de jouer, un grave incident mettra un terme à leur relation ainsi qu’aux espoirs de carrière de la jeune femme.

Restés bons amis, elle finira par se mettre avec Art dont la carrière finira par exploser faisant d’eux un couple très tendance à la Beckham. Mais la carrière d’Art battant maintenant de l’aile, son couple ne manquera pas de faire de même. Carriériste et ambitieuse, Tashi espérait mieux dans la vie que de servir de béquille à un joueur en bout de course. D’autres flashbacks dévoileront que des coups de canifs avaient déjà été mis dans leur relation mais à force d’aller et retour dans le temps, il finira par devenir parfois difficile de remettre de l’ordre dans toute cette histoire.

N’espérez pas profiter de beaux match de tennis dans Challengers car ce n’est clairement pas le sport qui intéresse Luca Guadagnino dans cette histoire. Soignant ces images, il filme avant tout les joueurs en train de frapper une balle probablement en image de synthèse à la vue des cadrages comme si elle fonçait droit sur nous. Il se permet parfois quelques réussites comme une vue subjective mais il n’y aura vraiment que dans le tout dernier échange que nous aurons un peu des suspense dans leur dernier match.

On ne peut même pas dire que Challengers est véritablement porté par Zendaya qui est pourtant quasiment la seule actrice marquante du film tant il est parasité par l’insistance du réalisateur à faire de son film une foire à la saucisse. Comme si   montrer des sexes ou des paires de fesses en gros plans ne lui suffisait pas, il faudra qu’il ajoute en permanence des allusions grossières sur l’homosexualité latente des deux copains à coup de banane et de churros. Si cela réjouira peut être le public féminin et homo, le mâle hétéro cisgenre aujourd’hui si mal vu pourra finir par être lassé de ce déballage de clichés un peu trop explicites. Même les scènes de dialogues qui semblent pourtant important dans l’histoire sont couvert par une musique techno de boite de nuit gay assourdissante composée par Trent Reznor et Atticus Ross. C’est d’autant plus dommage que les acteurs Josh O’Connor et Mike Faist sont bien sympathiques et auraient mérité mieux que cette pseudo romance gay au montage plus compliquée que nécessaire.

Ce n’est pas encore avec Challengers que Zendaya pourra faire ses preuves au cinéma tant elle est relegué au second rang d’une pseudo romance homosexuelle dont Luca Guadagnino fait le sujet principal de ce que nous avions pris à tort pour un triangle amoureux sur fond de tennis. Les fans de Call Me By Your Name y trouveront peut être leur compte quand les autres spectateurs auront juste l’impression d’avoir été piégé par une bande annonce mensongère.

MON AVIS :
2/5

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