LA MÉCANIQUE DE L’OMBRE de Thomas Kruithof [Critique Ciné]

La Mécanique De L'Ombre

 

Pour son premier film La Mécanique De L’Ombre, le réalisateur Thomas Kruithof a réussi à convaincre François Cluzet qui n’avait plus tourné de thriller depuis près de quatre ans. Toujours prêt à donner sa chance à de jeunes réalisateurs, le comédien semble bien être tombé ici sur une pépite.

 

SYNOPSIS : Au chômage depuis deux ans suite à un burnout, Duval commence à trouver le temps long. Aux abois, il va sauter sur une proposition d’emploi particulièrement bien payée d’un mystérieux homme d’affaire. Son travail consiste simplement à retranscrire des conversations téléphoniques, mais ce qu’il va entendre va lui poser un sévère cas de conscience.

La Mécanique De L’Ombre arrive juste à temps dans les salles obscures au moment où l’actualité nous prouve à quels points les services secrets peuvent influer sur le sort des élections dans n’importe quel pays. La preuve encore avec les soupçons qui ont été révélés sur le rôle que les services secrets russes aurait joué pour l’élection de Donald Trump. Ecrit bien avant cela, La Mécanique De L’Ombre s’inspire d’affaires plus anciennes qui prouve que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.

La Mécanique De L'Ombre

Pour illustrer cette histoire, le réalisateur a imaginé le personnage de Duval, un homme seul, triste, presque sinistre, très discret et trop docile pour faire tête à un chef de service qui abuse de lui et qui a fini par le pousser à bout. Ce type au bout de rouleau donnerait presque l’impression que François Cluzet se prépare déjà pour incarner François Fillon. Avec un tel profil, Duval était le candidat parfait pour prendre ce travail où la discrétion est de mise. Le Pôle Emploi prévient pourtant bien des possibles arnaques à l’embauche mais Duval n’a pas vraiment eu le temps de réfléchir avant d’accepter ce job et va le regretter amèrement.

Il faudra être patient pour voir s’installer l’intrigue de La Mécanique de L’Ombre. Le réalisateur prend en effet tout son temps pour nous présenter le personnage que l’on suivra aux réunions des alcooliques anonymes où il fera connaissance d’une jeune femme paumée, à l’enterrement dont ne sait qui où il recroisera un ami de longue date, devant son puzzle sur la table de la cuisine qu’il semble avoir du mal à finir et enfin devant la machine à écrire sur laquelle il retranscrit des conversations téléphoniques au début anodines mais rapidement intrigantes.

La Mécanique De L'Ombre

Autant le dire le spectateur aura largement le temps de cogiter durant cette première partie sur ce qu’il pourrait bien se passer mais rien ne nous préparait à avoir à ce point le souffle coupé par l’horrible traquenard dans lequel Duval est tombé. Cette seconde partie prend une toute autre dimension où l’on restera scotché à notre fauteuil en se demandant comment il va pouvoir se sortir de là. C’est aussi là qu’on découvrira le formidable travail de mise en scène du réalisateur Thomas Kruithof. Ils nous offre des plans très graphiques remarquables qui participent à la montée de l’angoisse. Malheureusement, la conclusion de l’intrigue sera une grosse déception par rapport à ce qu’on a pu s’imaginer auparavant.

François Cluzet est une nouvelle fois remarquable dans le rôle de Duval. Il est parfait pour jouer cet homme discret que l’on pourrait croire facilement manipulable mais qui cache bien son jeu. Dans le rôle de Clément,  mystérieux homme d’affaire c’est Denis Podalydès, particulièrement intrigant voir même effrayant par moment. Mal expliqué le rôle de Sami Bouajila est un peu incompréhensible, il travaille visiblement pour des services secrets totalement à l’ouest qui se sert tout autant que Clément du pauvre Duval.

 

La Mécanique De L'Ombre

 

Tout aussi rempli de qualités que de maladresses, La Mécanique De L’Ombre est une oeuvre bancale qui arrive à nous couper le souffle avant de totalement nous décevoir dans une conclusion mal expliquée et bien en dessous de ce qu’on a pu s’imaginer. Il y avait clairement mieux à faire avec cet intrigue en rajoutant une demi heure au film pour installer vraiment l’histoire et imaginer une fin moins expéditive. Nous sommes passé pas loin d’un grand film et il faudra sans aucun doute garder un œil sur le réalisateur Thomas Kruithof.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Thomas Kruithof
  • AVEC : François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila
  • SCÉNARISTES : Thomas Kruithof et Yann Gozlan
  • COMPOSITEUR : Grégoire Auger
  • GENRE : Thriller, Espionnage
  • DURÉE : 1h33
  • NATIONALITÉ : Français / Belge
  • DISTRIBUTEUR : Océan Films
  • SITE OFFICIELhttp://www.ocean-films.com/film/la-mecanique-de-lombre/
  • DATE DE SORTIE : 11 janvier 2017