ON L’APPELLE JEEG ROBOT de Gabriele Mainetti [Critique Ciné]

 

On L'Appelle Jeeg Robot

 

Une affiche à la Sin City, la promesse d’un film inspiré par un manga de Go Nagai et pourtant On L’Appelle Jeeg Robot n’est pas le film auquel on pouvait s’attendre. Une déception ?

 

 

SYNOPSIS : Tentant d’échapper à la police à Rome, Enzo tombe dans un tonneau de produits toxiques. Le lendemain, il se découvrira une force surnaturelle et une capacité à se régénérer. Une aubaine pour ce petit brigand qui va utiliser sa force à mauvais escient jusqu’au jour où il viendra à la rescousse de sa voisine Alessia menacée par Le Gitan. S’étant mis à dos, ce mafieux, Enzo va devoir prendre ses responsabilité pour devenir le héros qu’Alessia  imagine être l’incarnation de Jeeg Robot.

 

Lors de sa grande époque le cinéma italien pouvait tout oser y compris des films de genre désormais cultes. Aujourd’hui qu’il est devenu plutôt moribond, pour ne pas dire mort, faire un film de genre est devenu le même parcours du combattant qu’en France. C’est donc en autoproduction que le réalisateur Gabriele Mainetti a du monter son premier film On L’Appelle Jeeg Robot, tentative de films de super héros à l’italienne avec un budget de seulement 1,7 million d’Euros. Alors que personne ne misait dessus, le long métrage a été un succès surprise en Italie avec plus d’un million de spectateurs et 5 million d’euros de recettes. Après avoir fait le tour des festivals, le long métrage a remporté plus de quarante prix à travers le monde dont 7 Donatelli, l’équivalent de nos César.

 

On L'Appelle Jeeg Robot

 

Plusieurs années avant la France, les jeunes italiens ont été abreuvé de dessin animé japonais en provenance de la Toei. C’est d’ailleurs grâce à eux, où a  cause d’eux dirait Ségolène Royal, que nous avons pu découvrir la plupart des dessins animés qui ont fait les grandes heures de Récré A2 avec en tête Goldorak du mangaka Go Nakai. En revanche, nous n’avons jamais pu découvrir Jeeg Robot, autre oeuvre du même créateur qui a influencé le réalisateur Gabriel Mainetti pour son premier film. Mais attention, il s’agit bien d’influence et non pas d’une adaptation comme on pourrait le croire !

C’est un film de super héros en opposition aux Blockbusters Marvel et D.C. Comics que le réalisateur Gabriel Mainetti a voulu mettre en scène. On L’Appelle Jeeg Robot fait parfois penser à Incassable pour son coté intimiste et ce personnage qui ne veut pas assumer ses pouvoirs. Mais le réalisateur n’arrivera jamais à la hauteur du dernier chef d’oeuvre de M. Night Shyamalan, et le film fera du coup plus penser à American Hero, pour sa bonne idée mal exploitée. D’abord curieux de savoir ce qu’il va se passer, on finira par trouver le temps long voir même commencer à s’ennuyer face au manque d’enjeu du scénario. Sur deux heures, il faudra attendre le dernier quart d’heure pour que le film ressemble vraiment à une histoire de super héros mais là encore il n’y a rien de bien convaincant ni de réellement spectaculaire.

 

On L'Appelle Jeeg Robot

 

Avec son tout petit budget, les scènes d’action se font plutôt rares et les effets spéciaux sont à des années lumières de ce qu’Hollywood peut nous proposer. Mais ce qui déçoit le plus c’est le manque d’ambitions visuelles du réalisateur. L’image est digne d’une série policière de TF1 sans aucune folie dans les cadrages ni dans la photographie. Dans le genre, film de super héros à petit budget et décalé, on a vu des projets bien plus inspiré tel que le Super de James Gunn, Defendor et surtout Kick Ass. Ici même l’humour tombe à plat et même si il aimerait parfois reprendre le coté sombre des Batman de Christopher Nolan, il n’arrivera jamais à installer la même tension dérangeante. Plein de bonnes intention, on voit clairement que Gabriel Mainetti n’a pas le niveau pour les mettre en scène.

Récompensé pour leur performances, les acteurs de On L’Appelle Jeeg Robot ne sont pourtant pas si exceptionnels que çà. On aura bien du mal à s’attacher au héros joué par Claudio Santamaria (Romanzo Criminale) tant son personnage qui ne veut pas s’attacher ne dégage rien. Sortie d’une télé réalité Ilenia Pastorelli tient ici son premier rôle au cinéma. Celui de la voisine Alessia, victime de plusieurs traumatismes et difficilement supportable dans sa folie. Mélange entre Jared Leto et Jake Gyllenhaal sans leur arriver cependant à la cheville, Luca Marinelli (La Grande Bellezza) joue Le Gitan, le soi-disant méchant de cette histoire pas franchement convaincant dans son imitation du Joker inspiré par Suicide Squad et The Dark Knight.

 

On L'Appelle Jeeg Robot

 

Loin d’être le film de super héros que l’on s’imaginait, On L’Appelle Jeeg Robot a plus des allures de drame plus proche des films italiens qui arrivent à franchir les frontières du pays ces dernières années que du véritable renouveau du film du super héros qu’il prétend être. La réalisation de Gabriele Mainetti manque clairement d’audace et de folie qui rappelleraient les mangas dont il dit pourtant s’inspirer. Difficile de comprendre ce qui a valu autant de récompenses à ce long métrage plus destiné au fond à ceux qui n’aiment pas les films de super héros qu’aux véritables fans du genre.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Lo Chiamavano Jeeg Robot
  • RÉALISATEUR : Gabriele Mainetti
  • AVEC : Claudio Santamaria, Ilenia Pastorelli et Luca Marinelli
  • SCÉNARISTES : Nicola Guaglianone et Menotti
  • COMPOSITEUR : Gabriele Mainetti et Michele Braga
  • GENRE : Action, Comédie, Science Fiction
  • DURÉE : 1h58
  • NATIONALITÉ : Italien
  • DISTRIBUTEUR : Nour Films
  • SITE OFFICIELhttp://www.nourfilms.com/?p=2651
  • DATE DE SORTIE : 03 mai 2016

 

Critique rédigée le 22 mars 2017