STRANGERS : PREY AT NIGHT de Johannes Roberts [Critique Ciné]

 

Strangers : Prey At Night

 

Alors que le premier The Strangers était sorti directement en DVD, c’est au cinéma que l’on peut découvrir la suite Strangers : Prey At Night, dix ans plus tard mais était-ce bien utile ?

 

 

SYNOPSIS : En pleine crise d’adolescence, Kinsey en fait voir de toutes les couleurs à ses parents qui ont décidé de l’envoyer en pensionnat. Alors qu’ils étaient en route vers l’établissement, la famille a prévu de passer la nuit chez un oncle qui tient un parc de mobile home. Arrivé tard sur place, ils vont découvrir que l’endroit semble totalement désert mais à peine installés dans leur bungalow, une jeune fille vient frapper à leur porte. Elle fait parti d’un trio de psychopathes masquées qui vont faire vivre un enfer à cette famille.

 

Qui se souvient encore du film The Strangers ? Probablement plus grand monde puisque malgré son succès aux Etats Unis, le film de Bryan Bertino qui date de 2008 n’avait pas eu la chance d’une sortie en salles mais était sorti au lieu de ça directement en DVD malgré la présence dans le rôle principal de Liv Tyler. Après dix ans de développement laborieux, voici donc la suite Strangers : Prey At Night qui a curieusement le droit cette fois ci à une sortie au cinéma. Seulement scénariste de ce second volet Bryan Bertino cède sa place de réalisateur à Johannes Roberts, un spécialiste du Direct To Vidéo qui s’est pour l’instant plutôt illustré pour  sa médiocrité sur des films tels que The Door, exceptionnellement sorti au cinéma et plus récemment 47 Meters Down. Autant le dire tout de suite, il ne faut pas s’attendre à mieux avec ce nouveau long métrage.

 

The Strangers : Prey At Night

 

Comme pour The Door, Strangers : Prey At Night semble copier à la lettre la recette chère au producteur Jason Blum qui lui a si bien profité sur des films comme Get Out ou Happy Birthdead : un budget minimal et un casting reposant sur des acteurs connus pour avoir joué dans des séries. C’est ainsi que l’on trouvera à l’affiche du film Christina Hendricks de la série Mad Men dans le rôle de la mère de famille, Martin Henderson de Grey’s Anatomy dans celui du père et Bailee Madison vue dans Once Upon A Time et Un Soupçon de Magie dans le rôle de la jeune Kinsey adolescente en crise très clichée avec son T-Shirt des Ramones et son vernis noir aux doigts . Un moyen simple d’attirer, pour ne pas dire piéger, les fans de ces séries à découvrir le film et un bon moyen d’arrondir les fins de mois pour ses acteurs qui ne prendront même pas la peine de se fouler pour donner un peu de crédibilité à cette pseudo histoire vraie.

Malgré sa courte durée, Strangers : Prey At Night prendra un temps fou à démarrer. Après une courte introduction où l’on verra des gens en fâcheuse posture sans savoir tout de suite qui il sont, il faudra attendre un long moment pour que le film sombre enfin véritablement dans l’horreur avec l’attaque tant attendue de nos psychopathes qui sont les véritables héros du long métrage puisqu’il s’agit des mêmes tueurs que dans The Strangers. D’ailleurs c’est à se demander si le film n’est pas plutôt une sorte de remake plutôt qu’une suite tant il donne l’impression de reprendre à l’identique de nombreuses scènes du premier épisode. Les fans du genre ne pourront s’empêcher aussi de trouver de nombreuses scènes déjà vue dans de nombreux slashers masqués tels que Scream ou Halloween.

 

Strangers : Prey At Night

 

Sans aucune originalité le film reprend les codes typiques du slasher en oubliant l’essentiel : nous faire peur. Nous serons tellement effaré par la bêtise de ce couple et ses deux enfants que l’on ne sentira jamais la moindre angoisse. On ne compte pas les nombreuses incohérences du film sur lesquelles il faudra tenter de fermer les yeux pour profiter un peu de cette histoire mais cela sera vraiment dur. On voit mal comment quatre personnes n’ont pas pu mieux s’organiser pour s’en prendre à trois psychopathes. Bien souvent, ils n’auront pas le bon réflexe face à leurs agresseurs. On a aussi du mal à croire qu’il ne soit pas possible de se cacher correctement dans ce vaste parc de Mobile Home. Les tueurs n’ont pas de pouvoirs spéciaux mais curieusement ils arriveront toujours à retrouver leur victimes. Aucune de ces apparitions soudaines n’arrivera cependant à faire monter la tension car  ces tueurs qui ressemblent à ceux que l’on peut voir dans American Nightmare n’ont strictement rien d’effrayant ou même d’impressionnant.

Au crédit de Strangers : Preys At Night, il faut admettre que certains  passages du films bénéficient d’une belle mise en scène avec l’utilisation notamment d’une musique très années 80 avec une préférence pour les chansons composées par Jim Steinman comme Total Eclipse Of The Heart. On remarquera aussi facilement le clin d’œil fait à Massacre A La Tronçonneuse dans l’une des scènes finales même si elle s’achèvera de manière totalement ridicule en écho avec une scène d’exposition qui nous paraissait bien futile en début de film.

 

Strangers : Prey At Night

 

Il faudra vraiment n’avoir jamais vu un slasher auparavant pour trouver un intérêt à ce Strangers : Prey At Night. Au lieu de chercher la moindre once d’originalité, le nouveau film de Johannes Roberts ressemble à une simple compilation de scènes de films d’horreur cultes sans aucun scénario. Au lieu d’être une véritable suite, le film a tour l’air d’être plutôt un remake raté. Difficile de comprendre pourquoi un tel film n’est pas sorti directement en DVD lorsqu’on voit que d’excellents films d’horreur restent trop souvent inédits en France.

 

MON AVIS : 0/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Johannes Roberts
  • AVEC : Christina Hendricks, Martin Henderson, Bailee Madison et Lewis Pullman
  • SCÉNARISTES : Bryan Bertino et Ben Ketai
  • COMPOSITEUR : Adrian Johnston
  • GENRE : Horreur, Epouvante
  • DURÉE : 1h25
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Paramount Pictures France
  • SITE OFFICIELhttps://thestrangers2018.com/
  • DATE DE SORTIE : 18 avril 2018