HOPE de Na Hong-Jin [Critique Ciné]
Le réalisateur Na Hong-Jin est de retour avec Hope, son plus ambitieux et spectaculaire long métrage qui fera date dans le cinéma sud-coréen.
En dehors de quelques exceptions comme Parasite ou Dernier Train Pour Busan, le public français semble encore montrer beaucoup de réticences envers le cinéma sud-coréen malgré le succès grandissant des drama sur les plateformes et les chaîne de télé. Tandis que les pourtant excellents The Ugly et Colony de Yeon Sang-Ho n’ont connu qu’un succès d’estime auprès des initiés, le nouveau film de science fiction Hope va tenter à son tour de trouver grâce auprès des spectateurs français ce mercredi 28 octobre 2026. Totalement spectaculaire, ce nouveau long-métrage aurait largement le potentiel pour séduire tous ceux qui se sont précipités voir L’Odyssée de Christopher Nolan ou le dernier Spider-Man : Brand New Day mais encore faudra t-il qu’ils se montrent un peu plus ouvert d’esprit sous peine de rater l’un des meilleurs films de science fiction de l’année.
Cela fait depuis le mois de mai que Hope nous faisait saliver. Écrit et réalisé par le cinéaste Na Hong-Jin, encensé pour ses thrillers The Chaser, The Murderer et The Strangers, ce nouveau long-métrage avait en effet eu les honneurs comme les précédents d’une sélection au Festival de Cannes mais cette fois ci pour la première fois en Compétition Officielle. Mais sans doute pas assez intellectuel ni politique, Hope est malheureusement reparti bredouille de ce festival qui n’a pas pour habitude de récompenser les œuvres les plus spectaculaires. Et pourtant, il n’y a pas beaucoup d’autres long-métrages sortis cette année qui pourraient rivaliser avec lui en terme de mise en scène et certainement pas en tout cas Les Misérables ou Clayface qui seront ses principaux concurrents pour ces vacances de la Toussaint.
Hope, c’est le nom de la petite ville portuaire située à la frontière avec la Corée Du Nord où le lieutenant Beom-Seok va être appelé par des chasseurs qui ont découvert au milieu de la route un bœuf lacéré d’énormes coups de griffes qui n’ont rien de naturel. Soupçonnant tout d’abord un tigre, d’autres événements en ville viendront vite éteindre cette piste. En découvrant le chaos que sème la créature sur son passage, il ne peut pas s’agir d’un simple animal et le policier finira par se retrouver face à une créature humanoïde d’au moins trois mètres de haut qui va le prendre en chasse.
La force de Hope est de réussir à nous faire suivre la traque menée par ce lieutenant et les chasseurs en constatant les importants dégâts et le nombre de victimes pendant une bonne quarantaine de minutes sans jamais nous montrer la créature. Ça explose et ça tire dans tous les sens, des véhicules volent dans les airs mais le policier arrivera toujours trop tard pour faire face au monstre qui restera toujours hors cadre. Une manière absolument remarquable de faire monter le suspense. Sur un rythme d’enfer, cette première partie du film enchaînera les scènes à grand spectacle digne de l’Imax tout en se permettant très souvent de très gros délires. Ce policier qui en imposait dans son uniforme se montrera au final rapidement complètement submergé et pas loin de se faire dessus face à ces évènements. Tout le long de cette traque, il croisera des personnages souvent hilarants comme ce groupe de vétérans de la guerre surarmés fonçant à toute vitesse à bord d’un pick-up pour en découdre avec la bête.
À vrai dire, il faut bien reconnaitre que Hope était bien mieux lorsque cette créature était cachée. Le réalisateur Na Hong-Jin a malheureusement opté pour des créatures digitales dont l’intégration aux images est particulièrement ratée. C’est d’autant plus dommage que tout autour est incroyablement réussi entre les mouvements et les placements de caméra toujours dynamiques et d’incroyables décors de quartiers dévastés. Impossible de ne pas penser à The Host de Bong Joon-Ho mais aussi au drama Hellbound et à la saga Alienoïd en regardant Hope mais Na Hong-Jin impose clairement sa patte au genre, révélant une nouvelle facette de son talent de réalisateur.
Passé cette première heure, le film se permettra de ralentir un moment histoire de développer son intrigue et révéler qu’elle est réellement cette menace qui vient d’apparaître dans la région. Le rythme s’emballera encore une fois mais cette fois ci dans un décor de forêt pour un nouvel affrontement avec ces créatures. De quoi faire penser au Retour Du Jedi où les speeders sont remplacés par de simples chevaux mais aussi à Predator et un peu à Venom. C’est ensuite sur une route que se prolongera Hope avec une course poursuite mettant à l’amende Le Boulevard De La Mort de Quentin Tarantino et son modèle Point Blank.
C’est sans doute parce qu’il ne se prend pas au sérieux que Hope est si réussi. Même s’il s’agit d’une histoire originale, le film de Na Hong-Jin ressemble à l’adaptation d’un webtoon aussi délirant que spectaculaire. Comme dans un anime, il ne faudra pas toujours chercher du réalisme dans ce film où l’un des héros pourra être projeté contre des arbres, faire une chute de plusieurs mètres et réussir pourtant encore à se relever et continuer à se battre. Cela va de soi mais c’est en version originale qu’il faudra absolument voir Hope car ses personnages hauts en couleurs s’expriment d’une manière exubérante typique de bien des drama comiques qui est strictement impossible d’adapter correctement en français sans donner au film des airs de parodie. Ce sera l’occasion d’apprendre au moins le mot « sshibal » (씨발) qui se traduit par « putain » qui est prononcé une bonne cinquantaine de fois au minimum dans le film.
On voit dans le casting de Hope la volonté des producteurs de conquérir un large public. Le film est en effet porté par un formidable célèbre trio avec en tête dans le rôle du lieutenant l’acteur Hwang Jung-Min héros de l’excellent Battleship Island ; dans le rôle de sa partenaire totalement bad-ass l’actrice et mannequin Jung Ho-Yeon bien connue pour son rôle dans Squid Game et dans le rôle d’un chasseur Zo In-Sung issu du drama Les Pouvoirs De L’Ombre sur Disney+. Nous pourrons nous étonner de voir au générique le couple Michael Fassbender et Alicia Vikander car il faudra avoir l’œil ou l’oreille pour les reconnaitre dans le rôle des extra-terrestres de la deuxième partie du film. Alors que le film devrait normalement avoir une suite, ils semblent bien partis pour tenir un plus grand rôle dans ce deuxième volet que nous attendons déjà avec impatience.
Si Hope n’arrive pas en tête du box office cette semaine, c’est que vous serez passer à coté d’un des films les plus spectaculaire et drôle de l’année à voir absolument en version originale pour profiter pleinement du délire imaginé par Na Hong-Jin. Déjà très remarqué par ses précédentes œuvres, rien nous préparaient cependant pas à le voir aborder avec autant de réussite le genre de la science fiction. Il faudrait juste qu’un grand studio offre ses services pour améliorer les scènes de CGI pour que Hope soit absolument parfait mais c’est déjà un « Putain » de film.
A Lire Aussi
LE ROI DU GAME d’Eric Judor [Critique Ciné]
Neuf ans après Problemos, Eric Judor revient derrière la caméra pour s’amuser des fans de jeux de rôles dans Le Roi Du Game.
CLAYFACE de James Watkins [Critique Ciné]
Ennemi de Batman, Clayface a le droit à son Origin Story sous forme d’un film de Body Horror qui n’impressionera que les âmes sensibles.
WICKER d’Alex Huston & Eleanor Wilson [Critique Ciné]
Histoire d’amour entre La Moche Et La Bête, Wicker est la curiosité de la semaine au cinéma.
LE CORSET de Louis Clichy [Critique Ciné]
Film d’animation français les plus attendu de l’année, Le Corset vient de sortir ce mercredi juste à temps pour les
ENGLOUTI de Brian Duffield [Critique Ciné]
Comme un improbable remake de 127 Heures dans le ventre d’une baleine, Englouti est l’un des films à fuir cette semaine.





