LE DEUXIEME ACTE de Quentin Dupieux [Critique Ciné]
Quentin Dupieux est déjà de retour avec Le Deuxième Acte choisi à juste titre comme film d’ouverture du Festival De Cannes 2024.
Son précèdent film Daaaaaali! n’a même pas encore eu le temps de sortir en Blu-Ray et DVD que Quentin Dupieux nous offre déjà une nouvelle folie dont il a le secret avec Le Deuxième Acte. Une nouvelle comédie mystérieuse sur laquelle le prolifique cinéaste ne veut pas s’exprimer et que même les acteurs n’ont découvert uniquement que lors de sa projection en ouverture du Festival De Cannes en même temps que les premiers spectateurs. Il est en effet difficile de parler de ce long métrage sans trop rien en révéler. Le moins vous en saurez et plus la surprise sera grande !
En découvrant Le Deuxième Acte nous comprendrons bien vite pourquoi le nouveau Quentin Durieux a été choisi pour faire l’ouverture du Festival De Cannes. Comme récemment le film Coupez! de Michel Hazanavicius et bien d’autres avant lui, c’est certainement parce que Le Deuxième Acte parle de cinéma et surtout des acteurs qu’il a reçu cet honneur. Une promotion pour Quentin Dupieux jusque là plus habitué aux projections de minuit et à qui il ne manque plus qu’à recevoir une Palme d’Or. Le film étant présenté hors compétition, ce ne sera cependant pas pour cette fois ci. Il sera en tout cas amusant de voir ce que la presse internationale qui découvrira son travail pour la première fois avec cette ouverture du festival de Cannes pourra penser d’une pareil histoire.
Le génie de Quentin Dupieux transpire déjà dans la bande annonce du film. Si elle ne semblait pas vraiment raconter le film, en la revoyant après coup nous constaterons au contraire qu’elle en dit bien plus que ce que nous pouvions imaginer tout comme l’affiche du film qui en est un bon résumé. L’essentiel que montre déjà cette bande annonce est l’utilisation régulière de travelling pour de longs plans séquences de plus de dix minutes. Nous pourrions presque se croire devant un film d’Aaron Sorkin, créateur de ce procédé cinématographique du « walk and talk ». Nul doute cependant que le réalisateur et scénariste n’a jamais dû utiliser une telle longueur de rail dans l’un de ses films.
Il y a aussi ses têtes d’affiche servies comme décapitées sur des assiettes voir des plateaux d’argent sur l’affiche qui montre à quel point vraiment tout le cinéma Français se bouscule pour tourner dans les films de Quentin Dupieux. Des habitués des précédents longs métrages, il ne reste ce coup ci que le Césarisé Raphael Quenard, héros de Yannick qui jouait aussi dans Fumer Fait Tousser. Il ajoute cette fois Léa Seydoux décidemment capable de tout jouer et les plus étonnant Vincent Lindon et Louis Garrel qui détonent un peu dans l’univers de Quentin Dupieux et se montrent pourtant largement à la hauteur. Mais comme le montre la bande annonce, c’est vraiment le méconnu Manuel Guillot qui tient un rôle pivot et se montrera le plus drôle dans le film.
Nous pourrions croire au premier abord que Le Deuxième Acte n’est pas un film aussi absurde que ce que Quentin Dupieux a l’habitude de faire. Ce n’est que tardivement que nous réaliserons qu’il nous promène depuis le début dans une histoire mêlant réalité et fiction qui interroge sur l’utilité ou la futilité du cinéma dans notre vie alors que pèsent sur nous tant de choses bien plus graves entre les catastrophes écologiques ou les guerres. S’il ne veut pas prendre la parole sur son film c’est que Quentin Dupieux peut y déclarer via ses personnages tout ce qu’il pense sur l’état actuel du cinéma dans des tunnels de dialogues très amusants qui ne laissaient pas la place à l’improvisation et qui n’hésitent pas à envoyer de gros taquets à ses propres acteurs qui ne semblent pas rancuniers.
Le Deuxième Acte est une réflexion sur le métier de comédien et ses motivations, sur l’obsession pour le cinéma américain, la désertification des salles par les spectateurs alors que le film est lui même produit en partie par Netflix mais aussi le wokisme ambiant qui fait qu’aujourd’hui nous ne pouvons plus tout dire ou faire dénonçant aussi le harcèlement sexuel sur les plateaux. Quentin Dupieux s’amuse de tout cela et permet aux spectateurs de se questionner tout en riant. Le réalisateur n’étant pas du genre à faire du sous texte dans ces films, ce ne sera pas la peine de chercher d’autres messages dans le film que ceux qu’ils y passent clairement.
C’est encore un film très désarçonnant que nous offre Quentin Dupieux avec Le Deuxième Acte. Une comédie très drôle destinée aux amoureux du cinéma qui laissera certainement encore le grand public sur le carreau mais qui réjouira les fans du réalisateur. Même si Le Deuxième Acte ne fait pas parti de ses plus grandes réussites, il montre encore le talent du réalisateur pour ne jamais se répéter de films en films et nous surprendre à chaque fois. Vivement le prochain !
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