CRUELLA de Craig Gillespie [Critique Ciné]

CRUELLA de Craig Gillespie [Critique Ciné]

Cruella

Cruella, La grande méchante des 101 Dalmatiens dévoile ses origines dans le nouveau film live Disney entre Joker, Harley Quinn et Le Diable S’Habille En Prada.

SYNOPSIS : Persuadée d’être responsable de la mort de sa mère, la jeune Estella s’est enfuie seule à Londres. Recueillie par Horace et Jasper, elle vivra en faisant les 400 coups avec eux jusqu’à ce qu’elle réussisse à se faire embaucher dans un grand magasin de mode. Repérée par la grande créatrice de mode La Baronne Von Hellman en personne, elle aura la chance de pouvoir devenir son assistante. Mais en découvrant le précieux collier de sa mère au cou de la Baronne, Estella va se transformer en Cruella pour rivaliser avec la créatrice avec des robes de plus en plus époustouflantes et récupérer ce précieux bijou de famille avant de finir par découvrir son véritable secret.

 

Plus d’un an après le début de la pandémie, Disney se décide enfin à faire son retour au cinéma. Mais au lieu de revenir avec l’un de ses derniers grands dessins animés Raya et Le Dernier Dragon ou Luca le dernier Pixar qui lui aurait assuré sans aucun doutes de très grosses rentrées financières, la firme aux grandes oreilles a préféré miser sur Cruella, une « Origin Story » de la célèbre méchante des 101 Dalmatiens en espérant réitérer le succès de Malefique. Mais loin des contes de fées, cette histoire a t elle vraiment des chances de séduire petits et grands ?

Cruella

Il ne faudra surtout pas tenter de rattacher ce long métrage sur Cruella au grand classique animé Les 101 Dalmatiens car vous vous rendrez bien vite compte que cela ne fonctionne pas du tout. Les scénaristes Dana Fox et Tony McNamara semblent plutôt être reparti du roman de Dodi Smith pour proposer leur propre vision de ce qu’aurait pu être la jeunesse de cette super vilaine. À vrai dire nous aurons bien du mal avec les premières scènes où elle n’est encore qu’une enfant. Imaginer qu’elle soit vraiment née avec les cheveux noir et blanc et qu’elle soufre depuis sa jeunesse d’une sorte de schizophrénie ne semble vraiment pas crédibles.

En revanche dès qu’Emma Stone entre en action, le film gagne tout de suite en intérêt. Elle impressionne immédiatement dans le rôle très glamour de cette Estella jeune passionnée de mode qui rêve de conquérir Londres avec ses créations. Mais avant de pouvoir atteindre son but elle est obligée de vivre de menus larcins avec ces complices Horace et Jasper qui l’ont recueilli à Londres. Lorsqu’elle décrochera enfin un poste au sein des ateliers de La Baronne, le film prendra une tournure un peu similaire au Diable S’habille en Prada. Ce n’est pas pour rien que Disney avait choisi à l’origine la scénariste de l’adaptation cinématographique du roman Aline Brosh McKenna pour écrire l’histoire de Cruella. Cette ascension dans le monde de la mode et sa rivalité avec La Baronne nous offrira des scènes très amusantes même si on pourra se demander si nous sommes vraiment sur l’histoire de Cruella ou dans un biopic de la créatrice de mode Vivienne Westwood prêtresse des looks glam et punk du Londres des 70’s.

Cruella

Lorsque cette rivalité tournera à la vengeance personnelle dans la dernière partie du film, celui ci recommencera à perdre tout intérêt tant on n’aura bien du mal à croire à ce dernier twist. Rien dans cette conclusion ne viendra vraiment justifier le fait qu’Estella ne devienne pour de bon la Cruella que nous connaissons tous tant elle ne se montrera jamais aussi méchante et effrayante que son modèle animé. Même les trois Dalmatiens de la Baronne Von Hellman semblent plus méchants qu’Estella. On sent bien là que Disney n’a pas osé aller au bout de son idée de s’offrir sa propre Harley Quinn avec Cruella en aseptisant la folie de ce personnage emblématique afin de ne pas prendre le risque de se priver d’une partie de ses potentiels spectateurs à cause de la classification américaine. Ne souhaitant se mettre personne à dos, Disney respecte ici clairement un cahier des charges bien précis avec des animaux en image de synthèse, un message contre la fourrure et plus de diversité dans le casting pour éviter toutes polémiques.

Malgré ses défauts dans son scénario et son cahier des charges bien trop stricts, le réalisateur Craig Gillespie qui avait dernièrement écrit et dirigé Moi, Tonya a pu malgré tout se faire bien plaisir dans la mise en scène avec entre autre un remarquable plan séquence depuis la verrière du magasin de mode où Estella a été embauchée qui nous fera traverser tous les étages jusqu’à ce que l’on la retrouve à quatre pattes en train de frotter le sol des toilettes au sous sol. Les costumes, les scènes de défilés et la bande son composée de tubes des plus grands groupes des années 60 – 70 : Beatles, Rolling Stones, David Bowie, Queen, Iggy Pop… finira de nous convaincre.  Il faut aussi saluer la prestation sans failles des deux Emma Stone et Thompson dans leur rivalité et d’un choix de seconds rôles haut en couleur tous impeccables.

Cruella

Si les récentes adaptation live des grands classiques animés Disney nous avait bien déçus, ce Cruella dont nous n’attendions pas grand chose se révèle être le meilleur film live Disney de ces dernières années. Entre l’épatante Emma Stone glamour à souhait et la mise en scène pleine d’inventivité de Craig Gillespie il y a vraiment de quoi passer un bon moment. Dommage que le manque d’audace de Disney ne vienne brimer toute cette belle créativité par un cahier des charges taillé pour éviter toute polémiques. A quand le Director’s Cut ?

MON AVIS :
3/5

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