GLADIATOR II de Ridley Scott [Critique Ciné]
Après vingt quatre ans d’attente, Ridley Scott donne enfin une suite à Gladiator plus grandiose que jamais.
Mais comment fait il ? C’est la question que nous pouvons nous poser en voyant qu’à maintenant 86 ans le réalisateur Ridley Scott arrive à enchainer à seulement un an d’intervalle les spectaculaires Napoléon et Gladiator II là ou un tournage de cette ampleur aurait laissé plus d’un cinéaste sur les rotules. Si nous pouvions croire ce projet de suite enterré dans la multitude de films prévus par le réalisateur qui ne compte toujours pas s’arrêter là, il aura finalement dû attendre 24 ans pour que ce nouveau volet voit le jour. Au point de se demander comme pour Beetlejuice 2 et d’autres sagas au retour tardif, si elle est encore vraiment utile.
Si 24 ans séparent la sortie des deux films, Gladiator II se déroule 17 ans après la mort de Maximus le héros du premier film incarné par Russel Crowe. Dans les premières images de cette suite, les épis de blé que Maximus caressait semble maintenant avoir été récoltés pour nourrir les poules d’un jeune fermier qui est aussi un soldat qui doit renfiler son armure avec sa compagne pour défendre leur ville de l’attaque de l’armée romaine menée par le Général Acacius. Un combat qui tournera au drame et où il sera capturé pour devenir gladiateur à Rome.
Si vous vous êtes renseigné un minimum sur Gladiator II, vous savez que ce jeune guerrier n’est autre que Lucius, le fils de Maximus et Lucile envoyé en exil pour sa protection. Des origines qu’il a aujourd’hui totalement renié par rancune envers ses parents qui à ses yeux l’ont abandonné. Ce n’est que par pur esprit de vengeance contre le Général romain qui menait la bataille qu’il va à son tour marcher sur les traces de son père et démontrer ses talents de combattant dans le Colisée.
Les talents de Ridley Scott pour mettre en scène de grandes batailles ne sont plus à prouver depuis bien longtemps mais le réalisateur semble encore s’être surpassé pour les plus grands moment de bravoure de Gladiator II. Cependant, nous ne pourrons nous empêcher de ressentir une impression de déjà vu comme si il n’avait eu qu’à paramétrer le super logiciel développé par Peter Jackson et Weta Digital pour les grandes scènes de combat de la trilogie du Seigneur Des Anneaux. Car à bien y regarder, il est très facile de voir que ces scènes tout aussi spectaculaires qu’elles soient ne reposent bien souvent que sur des fonds verts et des effets spéciaux numériques.
Cherchant à rivaliser avec le spectaculaire grand classique La Chute De L’Empire Romain qui ne pouvait pas compter sur les ordinateurs à l’époque, Ridley Scott semble vouloir battre le record du nombre de figurants dans ce nouveau péplum. Mais ce que nous retiendrons avant tout ce sont les scènes dans le Colisée qui assurent le grand spectacle. Se moquant une nouvelle fois des anachronismes, le cinéaste n’hésite pas à faire affronter un rhinocéros à Lucius ou mettre des requins dans l’arène du Colisée lors d’une impressionnante reconstitution de bataille navale.
Avant même d’entrer en salle, nous savions à peu près à quoi nous attendre avec Gladiator II et c’est sans réelle surprise que nous découvrirons cette histoire de vengeance cousue de fil blanc. Comme dans tout bon péplum, les trahisons se succèderont provoquant peu d’émoi tant elles étaient prévisibles. Vu que nous sommes là avant tout pour en prendre plein la vue, Ridley Scott aurait mieux fait de nous offrir plus de scènes de joutes dans le Colisée que de se lancer dans cette sorte de guerre des trônes assez peu inspirée.
Quoi qu’il en soit de ce scenario, il faut tout de même saluer la prestation des acteurs de Gladiator II. Ridley Scott retrouve ici Denzel Washington dans un genre de rôle où nous ne l’avions jamais vu et qui pourrait peut être donner une nouvelle orientation de carrière à l’acteur plus habitué aux rôles de gentil. Il y a aussi Joseph Quinn révélé par son rôle mémorable d’Eddie Munson dans la série Stranger Things qui impressionne en nouvel empereur avec son frère joué par Fred Hechinger tout aussi excellent. Connie Nielsen semble être la seule capable de reprendre son rôle dans cette suite pour de petites apparitions. Comme si le film ne rappelait pas assez la série Game Of Thrones, nous y retrouverons aussi le très prisé Pedro Pascal fidèle à lui même. Dans ce lot de visages connus c’est Paul Mescal qui est censé être le héros de ce Gladiator II mais l’acteur apprécié pour son rôle dans la série Normal People ne sera certainement pas celui que nous retiendrons le plus dans le film.
Avec Gladiator II, Ridley Scott ne cherche pas à faire le péplum le plus crédible mais un nouveau pop-corn movie à grand spectacle comme il en a le secret. Cependant trop similaire dans son histoire de vengeance au cœur du Colisée, cette suite manque malheureusement tellement d’originalité et de nouveautés qu’elle ne pourra que décevoir même si nous en prendrons plein la vue.
A Lire Aussi
ENGLOUTI de Brian Duffield [Critique Ciné]
Comme un improbable remake de 127 Heures dans le ventre d’une baleine, Englouti est l’un des films à fuir cette semaine.
LES MISÉRABLES de Fred Cavayé [Critique Ciné]
Fred Cavayé revisite Les Misérables de Victor Hugo dans une version plus musclée qui cherche à reproduire le succès du Comte De Monte Cristo.
VERITY de Michael Showalter [Critique Ciné]
Anne Hathaway et Dakota Johnson sont les deux seules bonnes raisons de perdre son temps devant Verity
DIGGER de Alejandro González Iñárritu [Critique Ciné]
Taillé pour les Oscars, Digger offre à Tom Cruise l’une des ses meilleures performances.
PRIMETIME de Lance Openheimer [Critique Ciné]
Robert Pattinson incarne un autre type de justicier dans l’excellent Primetime sorti trop discrétement ce mercredi.





