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SUPERGIRL de Craig Gillespie [Critique Ciné]

Supergirl

Le retour de Supergirl sur grand écran est aussi decevant que nous pouvions le craindre.

Malgré le succès mitigé de son Suicide Squad, toujours plus réussi cependant que celui de David Ayer, James Gunn s’est retrouvé on ne sait trop pourquoi à la tête du nouveau projet de relance du DC Universe dont le projet trop sombre de Zack Snyder avait rapidement pris du plomb dans l’aile. Débutant par un nouveau Superman qui permettait à James Gunn de réaliser un de ses rêves mais qui au final s’est montré particulièrement décevant,  cela semblait déjà à nouveau bien mal parti pour ce reboot même si les scores au box office mondiale ont réussi à sauver les meubles. Ce départ raté nous laissait en tout cas assez peu d’espoir qu’un nouveau film Supergirl puisse relever le niveau. Et malheureusement ce nouveau long métrage  est bien une nouvelle déception dont DC Comics aura du mal à se relever

Apres de nombreux échecs, DC Comics comme Marvel Studios devraient avoir maintenant compris que les films de Super Héroïnes n’intéressent pas les spectateurs qu’elles s’appellent Wonder Woman, Captain Marvel, Miss Marvel ou même Harley Quinn. Alors pourquoi s’acharner encore à vouloir leur consacrer des films entiers ? Avec une bande annonce montrant clairement que l’enjeu du film Supergirl était de sauver son chien, nous voyons mal ce qui pourrait attirer les spectateurs à aller voir le film au cinéma même pour le dernier jour de la Fête Du Cinéma.

Supergirl

Si tout laissait à croire le contraire, Supergirl n’est pas réalisé par James Gunn mais par Craig Gillespie, le réalisateur de Cruella et Moi, Tonya. Il semble tout de même lui avoir laisser un projet clé en main tant il s’inscrit dans l’univers déjanté typique de James Gunn. Ce Supergirl ressemble en effet à un nouveau Space Opera où nous pourrions croiser ses Gardiens De La Galaxie. Tout le contraire d’un Superman, gentil garçon bien trop aseptisé dans la version de James Gunn, cette Supergirl est plus l’incarnation féminine d’un Starlord. Une jeune fille qui se fout des conventions et semble toujours avoir un peu la gueule de bois, noyant ses tracas dans l’alcool.

Alors qu’elle profitait de la vie loin de Metropolis et de son cousin Superman pour fêter en solo son anniversaire, ses plans vont être gâchés par un brigand qui va empoisonner son chien Krypto et  lui voler son vaisseau. Avant cela, celui-ci n’avait pas hésité à tuer un forgeron et toute sa famille pour s’emparer de ses armes. Il n’avait laissé que la jeune Ruthye qui va tanner Kara pour qu’elle l’aide à se venger. C’est uniquement parce qu’elle a elle même des comptes à régler avec ce brigand qu’elle partira à sa recherche.

Supergirl

On pourra dire ce que l’on veut sur ce nouveau Supergirl mais honnêtement il vaut en tout cas bien mieux que la première adaptation cinématographique avec Faye Dunaway de 1984 où même sa dernière apparition en brune aux cheveux courts dans le très mauvais The Flash. Cette nouvelle incarnation bien moins niaise porte un féminisme intelligent sans pouvoir être taxé de woke. Kara n’a ici pas besoin des hommes pour mener à bien sa mission et se dispense aussi de toutes relations amoureuses. En cela le film passe haut la main le fameux Test de Bedchel mais il n’est pas certain qu’il attire pour autant  beaucoup de spectatrices juste pour cela.

Car Supergirl reste tout de même un film de Super Héros à l’histoire déjà vu mille et une fois. Le principal protagoniste  dépourvu de pouvoirs spéciaux peut se montrer sadique mais n’est clairement pas une véritable menace pour Kara. Elle aurait pu le dégommer en dix secondes mais pourtant l’histoire se traîne en longueur et semble même se répéter. Par deux fois, ce sont des empoisonnements qui retarderont la vengeance de Supergirl. Nous n’échapperons pas non plus à des flashbacks sur la jeunesse de l’héroïne dont nous aurions très bien pu nous passer tant cela n’apporte rien au récit.

Supergirl

Si Milly Alcock, éclipsée bien trop vite de la série House Of The Dragon, incarne une Supergirl très plaisante, elle est malheureusement entourée de personnages totalement exaspérants. A commencer par la jeune Ruthye Marye Knoll jouée par la jeune Eve Ridley qui est vraiment soulante à coller toujours Kara et ne donne même pas l’impression d’avoir sa place dans cette histoire. Mais le pire est l’introduction ratée du personnage mythique de Lobo. Par pitié pour l’acteur au chomage, James Gunn a confié le rôle à Jason Momoa l’ancien Aquaman, portant à la confusion d’autant plus que son maquillage est particulièrement raté le faisant passer plus pour un clown. David Corensweet confirme aussi que s’il a vraiment la gueule de l’emploi, il n’a vraiment aucun charisme pour incarner Superman. A peine reconnaissable, l’acteur belge Matthias Schoenaerts ne marquera clairement pas les esprits dans le rôle du brigand en chef.

Certainement à tort à la vue du bide qu’il va se prendre, la Warner semble avoir mis les moyens pour faire un Supergitl spectaculaire. L’univers spatiale et les différents décors assurent le dépaysement pour un popcorn movie comme on les aime même si certains éléments sont clairement trop inspirés par Star Wars voir même par Men In Black. Ils n’auraient cependant pas dû confier le film à Craig Gillepsie qui n’a jamais signé de vrais films d’action. Malgré les effets de caméra, les combats restent bien souvent ennuyeux à mourir tant ils manquent d’enjeux. Ni les réécritures et les différentes tentatives de montage auront au final réussi à sauver ce long métrage qui manquait dés le départ d’un scénario solide.

Supergirl

Malgré une héroïne sympathique et attachante très bien interprétée par Milly Alcock, le scénario de Supergirl viendra plomber son retour sur grand écran. Manquant cruellement d’originalité et d’ennemis à la hauteur de ses pouvoirs, le film de Craig Gillespie nous plongera rapidement dans l’ennui. Seul la petite touche féministe bien moderne apportera un peu de nouveautés mais pas de quoi sauver le reboot du DC Universe qui semble tout de même être bien mal parti.

MON AVIS :
Noté 3 sur 5

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