THE SADNESS de Rob Jabbaz [Critique Ciné]

THE SADNESS de Rob Jabbaz [Critique Ciné]

The Sadness - Copyright capelight pictures OHG

Rien ne pourra vous préparer au choc que provoque le nouveau film d’horreur taïwanais The Sadness au cinéma ce mercredi.

INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS AVEC AVERTISSEMENT

Si on ne manque pas de films d’horreur au cinéma, rares sont ceux capable encore de nous mettre de véritables claques. Plutôt que de perdre votre temps devant les récents Mastemah ou Arthur Malediction qui ne vous provoqueront aucun frissons, le film taiwanais The Sadness renoue avec un cinéma gore comme nous n’en avons rarement eu l’occasion de voir sur grand écran depuis le Braindead de Peter Jackson il y 20 ans. Pas la peine de prévoir le popcorn car il aura clairement du mal à passer face à la violence extrême du premier film du talentueux réalisateur canadien Rob Jabbaz.

Se réveillant doucement dans les bras l’un de l’autre Kat (Regina Lei) et son petit ami Jim (Berant Zhu) ne pouvaient pas se douter que cette journée allait devenir la plus cauchemardesque de leur vie. Un virus dont personne ne semblait vraiment se méfier a fini par réveiller les pires pulsions chez les personnes infectées. Rapidement toute la ville de Taipei va être envahie de tueurs et de violeurs sadiques auxquels il sera difficile d’échapper. Séparés au début du film, nous suivrons en parallèle leur tentative pour survivre à la catastrophe. Tandis que l’athlétique Jim sera confronté à son voisin et aux habitants de la ville dans son périple pour rejoindre sa bien aimée, la très séduisante Kat  se verra pourchassée jusque dans un hôpital universitaire par un homme d’affaire (Tzu-Chiang Wang) qu’elle avait éconduit dans le métro et qui une fois enragé n’aura que pour obsession de la traquer elle et Molly (Ying-Ru Chen), une jeune femme blessée dans le métro, que Kat tentera de protéger. 

The Sadness - Copyright capelight pictures OHG

Plutôt réservé aujourd’hui au marché du direct to video comme les films de Rob Zombie ou Eli Roth, c’est un véritable miracle de voir sortir sur grand écran un long métrage tel que The Sadness. Alors que les films d’horreur qui sortent au cinéma semblent de plus en plus aseptisés quand il n’ont pas l’ambition parfois honorable de plus se rapprocher du drame comme Grave ou Hérédité, nous n’étions plus habitué au déluge d’hémoglobine et de tripes que nous a préparer le réalisateur Rob Jabbaz. Les amateurs du genre auront de quoi réellement jubiler devant les scènes de tortures, de meurtres, de viols et autres sévices qui s’enchaineront à un rythme soutenu. Pour un premier film, le cinéaste qui s’est formé en autodidacte en réalisant des publicités, démontre une véritable virtuosité pour filmer les attaques et les poursuites. De quoi faire de l’ombre à Yeon Sang-ho, le réalisateur coréen de Dernier Train Pour Busan et Peninsula.

Même s’il préfère jouer parfois la carte de la suggestion ou peut être de l’auto-censure pour ne pas aller trop loin, Rob Jabbaz poussera souvent les curseurs très haut dans ce que l’on peut supporter dans le genre entre les meurtres très réalistes et des orgies sexuelles sanglantes. Contrairement à ce que l’on a pu lire ou voir, The Sadness ne met pas en scène de véritables zombies mais juste des personnes touchés par le virus qui sont devenus complètements fous. Un grand sourire s’affichera sur leur visage et leurs yeux s’assombriront dans un style très manga. Le film aurait bien pu s’appeler au final The Madness (la folie) mais si s’appelle The Sadness (la tristesse), c’est parce que ces infectés ont encore conscience de leurs actes et auront tendance à verser une larme en réalisant qu’ils ne peuvent plus contrôler leurs pulsions.

The Sadness - Copyright capelight pictures OHG

Il faudra vraiment se sentir bien dans sa sa peau pour réussir à encaisser un tel niveau de violence physique et psychologique. Si The Sadness a fait le tour de quasiment tous les festivals fantastiques de la planète, on peut comprendre pourquoi il n’a finalement pas été si souvent récompensé. À jouer de manière si réaliste avec les pulsions qui dorment en chacun de nous, il y aura de quoi se poser des questions sur sa propre perversité à apprécier à ce point un tel spectacle horrifique qui sera certainement totalement insupportable aux yeux de certains. Si vous n’avez jamais vu aucun film d’horreur à ce jour, il ne faudra clairement pas commencer par celui-ci au risque de vriller complétement.

Nous pourrons pourtant trouver un véritable message dans The Sadness car il reflète particulièrement bien l’état du monde d’aujourd’hui. Inspiré par la pandémie que nous traversons actuellement qui paraissait totalement inimaginable, il y a de quoi se demander se demander si notre monde n’est en train de devenir complètement fou et si ce film n’est tout simplement pas une anticipation de ce qui nous attend prochainement avec les réseaux sociaux, le wokisme, le dérèglement climatique ou même lorsque l’on voit des gens capables de provoquer de véritables  émeutes pour un pot de Nutella en promotion. Une scène de discours d’un haut dirigeant taiwanais n’est d’ailleurs pas sans rappeler le véritable discours de guerre sur la pandémie que nous avait joué notre Président Emmanuel Macron et nous aurions bien aimé que cette intervention finisse de la même manière hilarante que dans le film.

The Sadness - Copyright capelight pictures OHG

A moins d’être familier des films de Catégorie III qui circulent à Hong Kong, rien ne peut vous préparer à ce que vous réserve The Sadness. Le réalisateur Rob Jabbaz ne semble reculer devant rien pour nous servir un long métrage d’une violence extrême difficilement supportable même pour les plus aguerris. Appelé à devenir aussi culte que Braindead et Dernier Train Pour Busan, The Sadness marquera indéniablement l’année cinématographie en espérant qu’il ne se montre pas trop prémonitoire dans sa vision pessimiste de la pandémie et du monde qui nous entoure.

MON AVIS :
5/5

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