SOLO : A STAR WARS STORY de Ron Howard [Critique Ciné]

 

Solo : A Star Wars Story

 

Personnage mythique de l’univers Star Wars, le contrebandier Han Solo voit ses origines racontées dans Solo : A Star Wars Story, second spin off de la saga à la gestation plus que compliquée. Alors que vaut le résultat final ?

 

 

SYNOPSIS : Petit brigand vivant de menus larcins dans les rues sombres de la planète Corellia, Han a promis à sa copine Qui’ra qu’ils réussiraient un jour à s’enfuir de là. Alors qu’ils étaient sur le point de réussir, ils vont se retrouver séparés. Des années plus tard, Han Solo n’a toujours pas oublié sa bien aimée et compte bien trouver le moyen de s’offrir un vaisseau pour tenir sa promesse. Un périple fait de belles rencontres et de trahisons qui vont forger le caractère du contrebandier.

 

Suivant le concept du Marvel Cinematic Universe, Disney a choisi depuis qu’ils ont racheté Lucasfilm d’étendre l’univers de Star Wars en sortant un an sur deux des spin-offs venant combler des trous dans l’histoire entre chaque trilogie. Après Rogue One, qui racontait comment les rebelles ont réussi à s’emparer des plans de l’Etoile De La Mort, Solo : A Star Wars Story remonte un peu dans le temps pour nous raconter les origines du célèbre contrebandier Han Solo dans un film se situant quelques années après l’Episode III : La Revanche Des Sith. De quoi larguer un peu plus les spectateurs qui se perdaient déjà dans la chronologie de la saga avec ce nouveau film qui sort à peine cinq mois après Star Wars : Le Réveil De La Force. Si vous pensiez déjà tout savoir sur la vie du capitaine du Faucon Millénium, attendez vous malgré tout à être agréablement surpris !

 

Solo : A Star Wars Story

 

On ne donnait pas cher de ce Solo : A Star Wars Story avant sa sortie. Tout comme Rogue One, le tournage a été plus que compliqué. Tout d’abord confié aux réalisateurs déjantés Phil Lord et Chris Miller à qui l’on doit l’adaptation de la série 21, Jump Street au cinéma mais aussi des dessins animés Tempête De Boulettes Géantes et La Grande Aventure Lego, les deux hommes avaient finalement été débarqués à la suite du visionnage de rushes qui ne ressemblait clairement pas à un film Star Wars digne de ce nom. Pour achever le film, la Présidente Kathleen Kennedy a fait appel à Ron Howard qui revient chez Lucasfilm trente ans après avoir réalisé le film d’heroïc Fantasy Willow. Au final c’est plus de 70% du long métrage qu’il a été obligé de retourner pour faire Solo : A Star Wars Story, un film capable de plaire au plus grand nombre de fans même si il ne sera forcement pas possible de satisfaire tous les fans ultimes de la saga qui savent toujours mieux que quiconque ce qu’il aurait fallu faire.

Comme pour Rogue One : A Star Wars Story, il ne faut pas s’attendre à voir le fameux résumé défilant en début de Solo : A Star Wars Story même si au fond il aurait pu se le permettre puisqu’il commence aussi par un texte introduisant le contexte de ce nouveau film sans vraiment le dater dans le temps. Pour ceux qui n’ont pas encore compris, Han Solo n’a pas ressuscité de sa chute mortelle dans Le Réveil De La Force, le film raconte la jeunesse du contrebandier que l’on retrouve comme d’habitude en pleine embrouille avec des gens à qui il doit de l’argent. L’occasion de découvrir de nouvelles créatures pour la plupart en animatronique  typiques de l’univers Star Wars. Si l’esthétique général du film se rapproche plus de Rogue One que des Episodes officiels de la saga, on s’étonnera de l’utilisation de filtres numériques très vilains qui viennent grandement assombrir l’image par moment nous faisant perdre de nombreux détails. Heureusement cela ne concernera pas plus de trois ou quatre scènes alors que le reste du film nous proposera bien souvent de beaux paysages et de bien belles images.

Après le film de guerre avec Rogue One, Solo : A Star Wars Story se rapproche plus du film de braquage et du western dont il reprend certains codes et des plans typiques rappelant les films cultes de Sergio Leone. Dans tous le film Han Solo n’a qu’un but, celui de réussir à amasser un magot suffisant pour s’offrir son propre vaisseau. Pour cela, il aura tout d’abord besoin de trouver des coéquipiers, certains spécialement créés pour le film et d’autres déjà bien connus des fans de la saga dont on va découvrir comment ils se sont rencontrés. Si on pourra trouver quelques scènes assez répétitives, on sera régulièrement surpris par ce que nous propose Ron Howard avec des effets spéciaux sans aucun défauts et de nombreuses scènes vraiment spectaculaires. Alors qu’on s’attendait à un film sans véritable grosse surprise, les scénaristes Lawrence Kasdan et Jonathan Kasdan ont malgré tout réussi à nous étonner dans une des dernières scènes qu’il ne faudra surtout pas se faire spoiler et qui ouvre d’intéressantes hypothèses pour l’avenir de la saga chez Disney.

 

Solo : A Star Wars Story

 

Pour raconter la jeunesse de Han Solo, il fallait forcement un acteur bien plus jeune qu’Harrison Ford qui fête cette année ses 75 ans. C’est l’acteur Alden Ehrenreich, révélé pars les Frères Coen en jeune comédien dans Ave César !, qui a été choisi pour cette nouvelle incarnation. Si il ne lui ressemble pas tout à fait, il a réussi à reprendre la plupart des mimiques du personnage. Malgré tout, on aura du mal à voir en lui le même Han Solo que dans la Trilogie Originale. Il faudrait presque mieux considérer ce film comme si il s’agissait d’un film totalement à part dans la saga pour éviter toute comparaison. En revanche si vous n’avez jamais vu aucun des différents films Star Wars, ce nouveau long métrage pourrait très bien servir de porte d’entrée à cet univers pour ensuite découvrir le « vrai » Han Solo interprété par Harrison Ford dans l’Episode IV : Un Nouvel Espoir.

Autour d’Alden Ehrenreich, c’est un très beau casting plein de grands noms que l’on découvrira dans Solo : A Star Wars Story. Comme les précédents films Star Wars de l’ère Disney, le film est allé chercher des talents dans la série Game Of Thrones. Ici c’est l’actrice Emilia Clarke qui a été choisie pour jouer la petite amie d’Han Solo. Probablement, le meilleur rôle que la jeune comédienne a pu trouver au cinéma à ce jour. L’autre rôle d’importance est celui de Lando Calrissian interprété de manière bien sympathique par Donald Glover révélé par la série Community sans pour autant vraiment rappeler lui aussi le jeu du premier interprète de ce personnage Billy Dee Williams. Dans les personnages inédits, on sera ravi de voir un Woody Harrelson très en forme joué une sorte de mentor pour le jeune contrebandier accompagné par Thandie Newton en mercenaire bad-ass après son rôle de cyborg en révolte de la série Westworld. Connu ces derniers temps pour son rôle de Vision dans le Marvel’s Cinematic Universe, Paul Bettany incarne le grand méchant de ce nouveau film. Un personnage qui fait un peu penser au Directeur Krennic de Rogue One qui intriguera sans aucun doute les spectateurs. Pour une touche d’humour supplémentaire, on peut compter sur un nouveau droïde baptisé L3-37 proche de Lando Calrissian aussi fort en caractère que K2-S0 dans Rogue One mais en version féminine et plus militante a qui Phoebe Waller-Bridge, héroïne de la série Fleabag prête sa voix et ses mouvements.

 

Solo : A Stars Story

 

Sans égaler le talent d’Harrison Ford, Alden Ehrenreich s’en sort mieux que prévu pour incarner ce nouvel Han Solo même si on a un peu de mal à l’imaginer vraiment comme le même personnage plus jeune que celui que l’on avait découvert dans le premier Star Wars. C’est surtout parce que ce Solo : A Star Wars Story arrive bien souvent à nous surprendre alors qu’on pensait déjà tout connaître à l’avance de cette histoire que le film de Ron Howard est une véritable réussite qui s’inscrit dans la lignée de Rogue One sans être tout à fait aussi réussi. La conclusion pleine de promesses fini tout de même par nous captiver et rend ce nouveau spin-off tout bonnement indispensable à l’ensemble de la saga.

 

MON AVIS : 5/5

 

Solo : A Star Wars Story

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Ron Howard
  • AVEC : Alden Ehrenreich, Emilia Clarke, Donald Glover, Woody Harrelson & Paul Bettany
  • SCÉNARISTES : Lawrence et Jonathan Kasdan d’après les personnages créé par George Lucas
  • COMPOSITEUR : John Powell
  • GENRE : Science Fiction
  • DURÉE : 2h15
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : The Walt Disney Company France
  • SITE OFFICIELhttps://www.starwars.com/films/solo
  • DATE DE SORTIE : 23 mai 2018

 

Critique rédigée le 18 mai 2018