TUNNEL de Kim Seong-hun [Critique Ciné]

 

Tunnel

 

Deux ans à peine après la sortie de Hard Day, le réalisateur sud coréen Kim Seong-hun fait son retour avec Tunnel, un survival déconseillé aux claustrophobes.

 

 

SYNOPSIS : Alors qu’il rentrait tranquillement chez lui pour fêter l’anniversaire de sa petite fille, le vendeur de voiture Jung-Soo va se retrouver pris au piège dans l’écroulement d’un tunnel tout récemment ouvert pour relier Séoul à la ville nouvelle où il habite. Face à l’ampleur de la catastrophe, les secouristes lui demanderont de s’organiser pour être prêt à passer plusieurs jours coincé tandis qu’à l’extérieur l’opération de sauvetage s’organise tant bien que mal.

 

Après un premier film passé totalement inaperçu, le réalisateur sud-coréen Kim Seong-hun a été propulsé sur la scène internationale avec son second long métrage, le thriller Hard Days. Le succès d’estime obtenu à travers le monde par ce film, lui permet d’enchaîner très vite avec Tunnel, un troisième long métrage qui bénéficie d’un budget plus confortable et peut s’offrir un casting de stars sud-coréennes. Il s’agit ici de la libre adaptation d’un roman du même nom qui n’est pas une histoire vraie mais qui s’inspire beaucoup de l’actualité récente du pays entre catastrophe et soupçon de corruption.

 

Tunnel

 

Sans perdre de temps le réalisateur Kim Seong-hun a choisi de plonger très vite les spectateurs dans le vif du sujet. Il ne faudra attendre à peine cinq minutes pour voir le personnage principal Jung-Soo pris au piège d’un tunnel qui s’écroule. On ne saura presque rien de ce « héros » en dehors du fait qu’il est vendeur de voiture, marié et père d’une petite fille, cela n’a au fond pas grande importance puisqu’une fois coincé seul dans ce tunnel, il ne vaut pas mieux que n’importe qui dans cette situation, une victime comme les autres qui permet au spectateur de se mettre plus facilement à sa place.

Puisqu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, Kim Seong-hun a choisi de mettre beaucoup d’humour dans Tunnel. Cela lui permet de se distinguer du film Buried de Rodrigo Cortes avec Ryan Reynolds auquel il fait beaucoup penser à plusieurs occasions car c’est dans les deux cas l’histoire d’un homme enterré qui n’a que son téléphone pour le sauver. La différence est que Tunnel n’est pas un huis clos car les spectateurs pourront aussi suivre l’évolution des secours et la souffrance de la femme de Jung-Soo. Plus qu’un simple film catastrophe, Tunnel résonne avec l’actualité du moment en parlant de la corruption du pays. Dans sa volonté de se développer très vite de nombreux chantiers en Corée Du Sud ont étés bâclés pour plus de profits et ont provoqué des catastrophes. C’est ce que le livre et le film dénonce en même temps qu’il se moque aussi de la dérive des médias et la course à l’information continue. Comme le récent The Strangers, Tunnel semble vouloir aussi nous montrer qu’il y a apparemment beaucoup de drôles de bras cassés dans les services de secours sud coréens.

 

Tunnel

 

Pour apprécier Tunnel, il faudra fermer les yeux sur les nombreuses incohérences du long métrage. La première est le fait que Jung-Soo préfére rouler au ralenti dans le tunnel en train de s’écrouler plutôt que de profiter d’être seul à l’intérieur pour foncer vers la sortie. Mais le plus étrange, c’est de le voir attendre trois jours avant de se décider à fouiller le coffre de sa voiture pour trouver de quoi survivre. Jamais il n’a jusque là tenter de sortir du véhicule alors que tout cela aurait dû être ses premiers gestes. Il découvrira aussi curieusement une autre survivante et son chien coincés dans une voiture pas très loin devant lui qu’on n’avait jamais vu avant. Enfin, avec le temps qu’il passera sous les décombres sans manger et boire, on s’étonnera de sa passivité. Les aller retour entre le tunnel et la surface et les nombreuses ellipses ne permettront pas de savoir comment il a occupé son temps mais à sa place, cela ferait longtemps qu’on aurait eu envie de manger ce chien même si il est très drôle et très mignon.

Les fans de cinéma coréen reconnaîtront sans aucun doute les personnages principaux de Tunnel. Le rôle de Jung-Soo est tenu par Ha Jung-Woo vu récemment dans Mademoiselle de Park Chan-wook mais connu surtout pour ses rôles dans The Chaser et The Murderer. Oh Dal-Su, fidèle de Park Chan-wook vu dans Old Boy, Lady Vengeance et Je Suis Un Cyborg, joue le rôle du responsable des secours. Deux performances entre drame et comédie. Pour la caution dramatique, il faudra se tourner surtout vers Doona Bae, célèbre pour ses rôles chez les Wachowski vue dans Cloud Atlas, Jupiter : Le Destin De L’Univers et la série Sense8. Elle joue ici la femme de Sung-Soo désespérée de revoir un jour son mari.

 

Tunnel

 

Parce qu’il fait trop penser à Buried et parce qu’il comporte trop d’incohérences, Tunnel n’est pas aussi convaincant qu’on aurait aimé. Mais pour la qualité de son interprétation et pour son humour, le film de Kim Seong-hun pourrait bien cependant séduire les fans de cinéma coréen. Reste à voir combien de spectateurs peuvent vraiment s’intéresser à un film de deux heures sur un gars coincé dans un tunnel où il ne se passera pas grand chose.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Teo-neol
  • REALISATEUR : Kim Seong-hun
  • AVEC : Ha Jung-Woo, Doona Bae et Oh Dal-Su 
  • SCENARISTE : Kim Seong-hun
  • COMPOSITEUR : Mok Young-Jin
  • GENRE : Drame, Thriller
  • DUREE : 2h06
  • NATIONALITE : Sud Coréen
  • DISTRIBUTEUR : Version Originale / Condor
  • DATE DE SORTIE : 3 mai 2017

 

Critique rédigée le 16/03/2017