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SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]

Sham de Takashi Miike

Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.

Takashi Miike a beau être un réalisateur très prolifique, rares sont ses films à sortir au cinéma en France. Et même lorsque c’est le cas, ils sont généralement diffusé dans bien trop peu de salles. N’en déplaise à certains, heureusement que Netflix était là pour nous proposer son précédent long métrage Lumberjack The Monster. Mais cinq ans après First Love, Le Dernier Yakuza., le revoici enfin dans nos salles obscures avec Sham. Après des séances en avant-première lors des Saisons Hanabi 2026 du distributeur Arthouse et sa sélection au festival Reims Polar, le film sort officiellement ce mercredi 16 septembre 2026 malheureusement toujours dans une nombre de salles très limité. Et pourtant, il faudra vraiment faire l’effort de dénicher au plus vite un cinéma pour le voir sous peine de passer à coté d’un des plus grands films de l’année.

En adaptant une histoire vraie au lieu de mangas comme il a eu si souvent l’habitude de le faire, nous pourrions croire que le réalisateur japonais Takashii Mikke s’est assagi. Il nous prouvera bien vite le contraire passé les dix premières minutes du film. Sham débute en mettant en scène le plus ignoble des professeurs Seiichi Yabushita. En visite chez la mère d’un élève, il se montrera particulièrement raciste envers cette famille aux origines américano-japonaises. Mais en plus de cela il sera également très violent avec le jeune Takuto avec des sévices allant jusqu’au sang et le poussant même au suicide. À son procès, ce professeur déclarera que tout ceci n’est qu’une mascarade inventée de toutes pièces par cette mère de famille et son fils et le film basculera alors sur sa version des faits.

Sham de Takashi Miike

C’est là la première claque de Sham qui verra la mère de ce pauvre élève et ce professeur sadique inverser totalement leur personnalité entre les deux versions. Cela ne nous étonne pas vraiment de la part de l’actrice Kō Shibasaki qui joue la mère de famille que l’on sait capable de passer rien que cette année d’un personnage manipulateur dans La Voie Du Serpent à une attendrissante écrivaine en deuil dans mon Mon Grand-Frère Et Moi. C’est en revanche plus surprenant pour l’acteur Go Ayano, que nous connaissons moins malgré une impressionnante filmographie qui compte notamment un rôle secondaire dans Crows Zero II de Takashi Miike. C’est lui qui joue ce prof présumé violent absolument détestable mais qui se montrera doux comme un agneau dans sa version des faits.

Sham prend la forme d’un film de procès opposant les deux versions de l’histoire faisant irrémédiablement penser au grand classique Rashomon d’Akira Kurosawa construit de la même manière. Les nombreuses scènes sous la pluie en semblent même être une confirmation. Une autre source d’inspiration de Takashi Miike pourrait être le plus récent L’Innocence de Hirokazu Kore Eda lui même inspiré par le film d’Akira Kurosawa et dont l’histoire partage des similitudes même si Sham est pourtant une histoire vraie. 

Sham de Takashi Miike

En présentant d’emblée les deux points de vue, Takashi Miike créera un suspense sur qui dit la vérité entre ce professeur et cette mère de famille. Se concentrant plus sur le point de vue de l’enseignant sous pression, nous aurons tendance à prendre son parti en redoutant un autre  twist qui nous ferait changer d’avis. Impossible d’en dire plus au risque de vous gâcher la séance mais nous ne verrons clairement pas passer le temps tant nous resterons en haleine de connaitre la vérité.

Mais ce qu’il y a de plus inquiétant dans Sham c’est de voir que le métier de professeur devient aujourd’hui de plus en plus difficile et cela dans le monde entier Cette histoire n’est en effet pas sans rappeler d’autres films récents comme l’allemand La Salle Des Profs ou en France les films Pas De Vague et même L’Abandon sur l’affaire Samuel Patty. Autant de drames où le professeur se retrouve seul lâché par ses supérieurs et lynché par les médias et les parents.

Sham de Takashi Miike

Moins dérangeant ou physiquement violent que la plupart des films de Takashi Miike, Sham peut sembler être plus académique par sa forme de film de procés mais ne manquera pas de nous scotcher par son suspense et sa violence psychologique. Le film porte indéniablement la patte du réalisateur dans le retournement des rôles faisant passer Ko Shibasaki et  Go Ayano de monstre à agneau. Difficile d’imaginer que pareil histoire puisse être vraie tant elle se montre cruelle mais cela fait du film un bel hommage au métier de professeur de plus en plus difficile.

MON AVIS :
Noté 5 sur 5

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