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CLAYFACE de James Watkins [Critique Ciné]

Ennemi de Batman, Clayface a le droit à son Origin Story sous forme d’un film de Body Horror qui n’impressionera que les âmes sensibles.

En plaçant James Gunn à la tête du nouveau reboot du DC Universe, nous pensions sincèrement que la Warner avait fait le meilleur choix possible pour enfin nous offrir des films à la hauteur de ces comics books légendaires. Mais quelle ne fut pas notre déception en découvrant que les deux premiers films Superman et Supergirl n’étaient clairement pas à la hauteur de nos espérances ! Le pire restait en fait à venir car nous n’avions pas encore vu Clayface qui vient de sortir ce mercredi 21 octobre 2026. Un film de Body Horror sans la moindre originalité qui donne vraiment l’impression qu’il n’y a déjà plus rien à espérer de bon de ce nouveau reboot.

À croire que la Warner n’a pas su tirer de leçon des échecs successifs de Sony avec les différents spin-offs de Spider-Man consacrés à ses adversaires, le studio choisi à son tour de consacrer des films entiers à des méchants quasi-inconnus du grand public après avoir pourtant été d’abord très réticent au Joker de Todd Philips pourtant bien plus prometteur. Loin de la réussite de ce dernier, Clayface se rapproche beaucoup de Morbius avec un scénario typique de comic-book archi-revu qui ne réserve plus aucune surprise. Et pourtant ce sont des pointures que nous trouvons derrière ce nouveau projet écrit par Mike Flanagan et réalisé par l’autrefois prometteur James Watkins qui avait si bien commencé sa carrière avec Eden Lake avant de se montrer bien moins convaincant par la suite.

Clayface

Avant d’être le monstre que nous connaissons, Clayface était Matt Hagen, un acteur en pleine ascension tout juste nommé aux Oscars grâce à sa gueule d’ange. Parti célébrer cette bonne nouvelle dans un club branché, il aura la malheureuse idée de se laisser séduire par la petite amie du puissant baron du crime Markos Szabo qui a fait main basse sur Gotham. Attendu au réveil par le mafieux et ses hommes, l’acteur se fera entièrement tailladé le visage. Défiguré il perdra tous ses contrats et gaspillera sa fortune dans des opérations chirurgicales sans résultats. Il finira par découvrir les travaux de la docteur Caitlyn Corr qui pourrait lui reconstruire le visage grâce à des nano-robots. Un traitement efficace mais pas très stable qui le poussera à  s’injecter la dose maximale. Une overdose qui va lui conférer le pouvoir de changer d’apparence lorsque la colère l’emporte. Il va alors profiter de ce don pour se venger de ceux qui ont ruiné sa vie.

Dès le début de Clayface, le réalisateur James Watkins insistera sur le visage  très malléable de Matt Hagen et sur ses qualités d’acteur aux multiples personnalités. Une introduction très téléphoné d’un scénario fainéant cousu du fil de blanc qui suit la trajectoire classique de la transformation d’un homme ordinaire en super-vilain. Impossible de ne pas penser au Darkman de Sam Raimi en voyant Matt Hagen le visage bandé. Écrit à l’origine par Mike Flanagan mais réécrit par derrière par Hossein Amini, le co-créateur de la série McMafia, ce scénario nous donne l’impression de revenir dans les années 90 tant il manque de modernité et d’originalité jusqu’à un règlement de comptes dans un nightclub comme nous en avons déjà vu dans des centaines de films d’action du même genre même si celui-ci se distinguera par son ridicule.

Clayface

Clayface se déroule dans un Gotham qui ressemble beaucoup à celui de The Batman et son spin-off The Penguin auquel il était prévu de le rattacher avant de finalement l’imaginer dans l’univers d’un nouveau Batman à venir un jour où l’autre. Porté par l’acteur irlandais quasiment inconnu Tom Rhys Harries, c’est un peu comme s’il jouait ici son propre rôle d’acteur de séries B de bas niveaux dont nous aurons du mal à croire qu’il soit capable d’être nommé pour un Oscar. C’est très lentement que James Watkins nous racontera les misères de son héros avant d’atteindre le point de bascule. Il faudra se montrer patient avant de voir Clayface sous sa forme la plus monstrueuse et cela ne sera qu’une brève apparition pour nous préparer au jour où il se retrouvera peut être face à Batman.

Lorsqu’on nous parle de Body Horror, nous viennent forcement en tête les films de David Cronenberg ou plus récemment les réussites françaises Grave de Julia Ducournau et The Substance de Coralie Fargeat mais à coté, Clayface fait vraiment pâle figure. James Watkins ne lésine pas sur le gore mais Clayface ressemble plus à un film noir de mafieux qu’à un film d’horreur. Son interdiction seulement aux moins de 12 ans prouve bien que nous ne sommes pas dans l’horreur extrême. Il faudra se montrer bien conciliant pour gober cette histoire de comic-book mais si nous voulons bien croire à ces nano-robots capable de changer l’apparence de Clayface, il sera en revanche impossible d’avaler que cela puisse également lui créer des habits différents. Le pire c’est que par soucis d’économies, ces changements de costumes se feront soudainement sans même un effet de morphing.

Clayface

Stupide et fainéante, cette Origin Story de Clayface ressemble tellement à bien trop d’autres long-métrages du même genre qu’elle perd rapidement tout intérêt. Autrefois prometteur, le réalisateur James Watkins et le scénariste Mike Flanagan donnent ici l’impression d’avoir donné naissance à une espèce  de nouvel épisode au rabais de la série Gotham toujours sans Batman qui n’a rien du film d’horreur qui nous était promis. Sans budget, ce Clayface est obligé de faire des économies dans son casting peu convaincant et dans une économie d’effets spéciaux.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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