LA CHAMBRE DES OUBLIES de D.J. Caruso [Critique DVD]

 

La Chambre Des Oubliés

 

Après xXx : Reactivated, le réalisateur D.J. Curaso se frotte pour la première fois au fantastique et à l’horreur avec La Chambre Des Oubliés qui sort directement en DVD le 13 novembre 2017.

 

 

SYNOPSIS : Pour surmonter un drame familial, Dana et David décident de s’installer dans un manoir à la campagne avec leur jeune fils.  En arrivant sur place, ils ne tarderont pas à découvrir au grenier une pièce absente du plan de la maison mais en trouvant la clé pour ouvrir la porte de cette chambre des oubliés, Dana va réveiller les fantômes d’anciens occupants.

 

Révélé en 2007 avec Paranoïak, remake inavoué de Fenêtre Sur Cours à la sauce MTV imaginé par Steven Spielberg pour mettre en avant le jeune Shia LaBeouf, le réalisateur D.J. Caruso n’a par la suite pas fait vraiment d’étincelles avec ses autres films. Après avoir mis en scène en début d’année le retour de Vin Diesel dans xXx : Reactived, il tente sa chance pour la première fois dans le genre horrifique avec La Chambre Des Oubliés. Mais avec la gamelle qu’il s’est prix au box office américain, c’est directement en DVD et même pas en Blu-Ray que l’éditeur Metropolitan Vidéo a choisi de sortir le long métrage en France le 13 novembre 2017. L’occasion de constater par soi-même si ce bide est justifié où si La Chambres Des Oubliés aurait mérité un meilleur sort.

 

La Chambre Des Oubliés

 

La jaquette du DVD de La Chambre Des Oubliés nous annonce que le scénariste du film est l’auteur du script de Stoker. Il s’agit en fait pour ceux qui l’ignorent de l’acteur Wentworth Miller, star de la série Prison Break, qui avait effectivement étonné avec cette histoire. Mais un scénario n’est rien si on ne le confie pas au bon réalisateur, et si Park Chan-Wook avait sublimé le scénario de Stocker avec une mise en scène virtuose, il faut reconnaître que ce n’est pas le cas de D.J. Caruso avec La Chambre Des Oubliés. À des années lumières des films de James Wan, nouveau maître de l’horreur couronné par le succès de Conjuring et Insidious, l’esthétique de cette nouvelle histoire de maison hanté n’a strictement rien d’horrifique et donne plutôt l’impression de se retrouver devant un téléfilm. C’est d’autant plus étonnant que le directeur photo Rogier Stoffers s’est pourtant déjà brillamment illustré avec le récent Brimstone mais il est vrai qu’avant il s’occupait bien plus souvent de comédies.

La première scène de La Chambre Des Oubliés fait beaucoup penser au Funny Games de Michael Hanneke. Un couple et leur enfant qui écoute un air d’opéra dans leur voiture en se rendant à la campagne. La comparaison s’arrêtera cependant bien vite car nous sommes ici dans une histoire de fantômes et non pas dans un « home invasion ». Même si un peu plus tard l’arrivée inattendu d’un jeune entrepreneur très entreprenant envers l’héroïne Dana pourra encore nous mettre sur une fausse piste. On nous dit que ce film est inspiré d’une histoire vraie, elle parle en fait de la véritable existence de « Chambre Des Oubliés » où certains aristocrates avaient l’habitude d’enfermer leurs enfants difformes ou malades pour les cacher. Toute la partie fantôme et visions est en revanche sortie de l’imagination peu inspirée de Wentworth Miller et D.J. Caruso. Cette pièce cachée et l’escalier en colimaçon font beaucoup penser à Don’t Be Affraid Of The Dark et d’autres films qui utilisent ces codes classiques de l’horreur, à la différence qu’ici La Chambres Des Oubliés ne nous fera jamais peur.

 

La Chambre Des Oubliés

 

On constatera aussi dès la seconde scène du film de gros problèmes de montages avec des scènes entières visiblement passées à la trappe. Le couple parle dans cette scène d’un détour au marché qu’ils viennent de faire sans que cela ne montre un quelconque intérêt. Mais plus grave, on peut plus tard voir une archiviste s’inquiéter des fantômes connus dans le manoir et partir prévenir le couple mais qu’on ne reverra plus jamais. Et que dire de cette étrange scène ou tandis que Dana se bourre la gueule et disparaît on ne sait où, son mari qui ne sait pas se faire lui même une tasse de café se met à cuire des volailles et recevoir ses amis sur un clip musical très étrange. Si on pouvait encore être indulgent sur notre jugement du film, à partir de là il bascule dans le plus grand n’importe quoi avec un pétage de plombs complet de Dana. Là encore, on sent de grosses coupes qui donnent l’impression que la fin a été édulcorée avec un meurtre dont on ne pourra que deviner le coupable et une scène finale qui aurait pu être vraiment sombre et dure mais à laquelle a visiblement été privilégié la Happy End.

Dans le rôle principal de La Chambre Des Oubliés on trouve une Kate Beckinsale loin d’être inspirée en mère dépressive. L’actrice est plus convaincante en tenue moulante en cuir dans Underworld que dans ce long métrage où elle est en grande partie responsable du naufrage de la fin du film. Elle a du siphonner tout le budget pour partager l’affiche avec un quasi-inconnu Mel Raido dans le rôle de son mari totalement inutile. Même pour jouer leur fils, ils ont pris le pire gamin possible avec Duncan Joiner ni mignon ni attachant qui semble avoir été affublé d’une coupe au bol pour ressembler au jeune gamin de Shinning. Dans le rôle de l’entrepreneur entreprenant on trouve Lucas Till déjà présent dans Stoker, mais surtout connu pour avoir repris le rôle de MacGyver dans la nouvelle série. Peut être le plus juste même si son rôle est ridicule et inabouti.

 

La Chambre Des Oubliés

 

Avec pour titre original The Disappointments Room, le film offre le bâton pour se faire battre et le jeu de mot inévitable car il est effectivement une très grosse déception que l’on aura très envie d’enfermer à vie dans cette Chambre Des Oubliés pour ne plus jamais le revoir. D.J. Caruso démontre ici qu’il est incapable de construire une intrigue horrifique et tendue où même simplement diriger ses acteurs avec une Kate Beckinsale très mauvaise et des seconds rôles transparents. Jamais effrayant et très mal monté, nous sommes ici dans un très gros ratage dont le seul point positif est la bande originale très réussi de Bryan Tyler.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

LE DVD : C’est un DVD de plutôt bonne facture que nous livre Metropolitan Vidéo pour La Chambre Des Oubliés. On pourra déceler parfois quelques petits soucis d’aliasing mais rien de bien gênant. le son en Dolby Digital 5.1 impressionne avec un rendu des nombreux effets sonores bien spatialisés et un excellent rendu de la bande originale magistrale de Bryan Tyler. Question bonus, le reportage dans les coulisses n’est que mensonges promotionnels pour dire à quel point le scénario est incroyable mais on ne verra quasiment aucune véritable images de tournage. Quand à la bande annonce elle n’est proposée qu’en français et très mal encodée.

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Disappointments Room
  • RÉALISATEUR : D.J. Caruso
  • AVEC : Kate Beckinsale, Mel Raido, Duncan Joiner, Lucas Till & Charles Carroll
  • SCENARISTES : Wentworth Miller et D.J. Caruso
  • COMPOSITEUR : Bryan Tyler
  • GENRE : Épouvante-Horreur, Thriller
  • DURÉE : 1h36
  • NATIONALITÉ : Américain
  • ÉDITEUR : Metropolitan Vidéo
  • SITE OFFICIELhttps://www.facebook.com/TheDisappointmentsRoomMovie/
  • DATE DE SORTIE : 13 novembre 2017
  • SPÉCIFICITÉS DU DVD : DVD 9 – 16/9 -2.40:1 – Couleurs – Dolby Digital 5.1 : Anglais, Français – Sous Titres : Français – Zone 2
  • BONUS : Les Coulisses, bande annonce