LE MUSÉE DES MERVEILLES de Todd Haynes [Critique Ciné]

 

Le Musée Des Merveilles

 

Après l’histoire d’amour dramatique Carol, Todd Haynes s’adresse à un public plus familial avec son nouveau long métrage Le Musée Des Merveilles présenté à Cannes en mai et désormais dans toutes les salles.

 

 

 

SYNOPSIS : A cinquante ans d’intervalle, l’histoire de Ben et Rose, deux jeunes enfants partis en quête d’une vie meilleure en s’aventurant seul à New York. A la mort de sa mère, Ben part en quête d’un père qu’il n’a jamais connu tandis que Rose rêve de rencontrer une grande vedette du cinéma et du théâtre dont elle collectionne les photos.

 

En adaptant le roman dramatique Black Out de Brian Selznick, l’auteur de L’Invention d’Hugo Cabret, on ne sait pas trop à quel public s’adresse le réalisateur Todd Haynes avec ce nouveau film. Car si Le Musée Des Merveilles met en scène deux enfants dans les rôles principaux, son sujet est plutôt dur et n’est pas aussi enchanteur que ce que pourrait le laisser penser son titre. Sans spoiler l’intrigue, nous allons tenter de vous éclairer pour savoir si cette histoire pourra séduire votre progéniture. Pour les fans de Todd Haynes qui n’ont pas d’enfants, la question ne se pose pas et ils peuvent déjà foncer sans se poser de questions.

 

Le Musée Des Merveilles

 

Le Musée Des Merveilles entrecroise deux histoires se déroulant à cinquante ans d’intervalles  qui ne semblent pas liées au premier abord mais qui partagent beaucoup de similitudes puisque dans les deux cas il s’agit d’enfants qui font une fugue pour partir à New York avec une sorte d’effet miroir. Le film commence en 1977 pour nous raconter l’histoire de Ben, un garçon de 12 ans, dont la mère vient de mourir dans un accident de voiture sans jamais avoir eu le temps de lui révéler qui était son père. Un soir d’orage, il va accidentellement devenir sourd. La seconde histoire se passe en 1927 et met cette fois ci en scène Rose, une jeune fille du même age mais sourde de naissance, vivant avec un père très autoritaire et qui n’a d’yeux que pour son actrice préférée. Ne supportant plus leurs vies actuelles, ils vont tous deux fuguer pour aller à New York réaliser leur rêve.

Plutôt que raconter les deux histoires l’une après l’autre, Todd Haynes a choisi un montage qui ne cesse de passer de l’un à l’autre. Il n’y aura cependant aucune chance de se mélanger les pinceaux entre les intrigues puisque la réalisation des deux histoires différent totalement. La vie de Ben en 1977 est filmé avec une très belle photographie aux couleurs chaudes et à la bande original entre rock et funk de cette période. La vie de Rose est elle filmée dans un noir et blanc manquant tellement de contraste qu’on pourrait plutôt dire en nuance de gris mais porté par une somptueuse bande originale symphonique. Rose étant muette de naissance ses séquences seront entièrement muettes et dénuées de bruits tandis que dans l’histoire de Ben, nous continuerons à entendre tous les sons et les dialogues qui entourent le jeune garçon même si celui-ci ne les entends pas.

 

Le Musée Des Merveilles

 

Si l’histoire se suit sans déplaisir, on se demandera longuement ce que Brian Selznick veut bien nous raconter en croisant ces deux histoires. Si le périple d’enfants seuls en expédition aux Etats Unis fait un peu penser à l’Extravangant Voyage Du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet, le film est ici bien plus sérieux. Il y a cependant une parenthèse amusante pour raconter la rencontre et la naissance de l’amitié de Ben et un jeune garçon de son âge malgré les soucis de communication. Ce n’est que très tard dans le film que l’on découvrira enfin ce qui relie vraiment ces deux histoires dans un final émouvant mais qui aura l’élégance de ne pas en faire des caisses pour tenter à tout prix de faire couler les larmes.

La réussite de Le Musée Des Merveilles repose beaucoup sur la performance de ses jeunes acteurs. Oakes Fegley qui tenait déjà le rôle principal de la nouvelle version de Peter et Elliot Le Dragon, et qui est ici vraiment épatant dans le rôle de Ben. Pour Millicent Simmonds il s’agit de ses premiers pas déjà très réussis au cinéma. A tel point que l’on pourra déjà  la revoir l’année prochaine dans Sans Un Bruit. Pour rendre le projet un peu plus bankable, le réalisateur Todd Haynes a fait appel à Julianne Moore dans le rôle de l’actrice dont Rose est fan et Michelle Williams fait une très brève apparition dans le rôle de la mère de Ben.

 

Le Musée Des Merveilles

 

Formidablement mis en scène et porté par une sublime bande originale, Le Musée Des Merveilles est un bien belle histoire dramatique qui pourrait séduire aussi bien les adultes que de jeunes enfants de l’âge de ses héros dans lesquels ils pourront se reconnaître et qui pourra les sensibiliser à l’ handicap de la surdité. On appréciera la finesse avec laquelle Todd Haynes et Brian Selznick ont réussi à porter ce message de tolérance sans jamais sombrer dans le pathos pour nous tirer à tout prix les larmes. C’est le spectateur en fonction de son vécu et de ses sensibilités qui sera plus ou moins touché par cette histoire qui ne laissera  sans aucun doute personne insensible.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Wonderstruck
  • RÉALISATEUR : Todd Haynes
  • AVEC : Oakes Fegley, Millicent Simmonds, Julianne Moore, Michelle Williams
  • SCÉNARISTE : Brian Selznick d’après son roman Black Out
  • COMPOSITEUR : Carter Burwell
  • GENRE : Drame
  • DURÉE : 1h57
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Metropolitan FilmExport
  • SITE OFFICIELhttps://www.wonderstruckmovie.com/
  • DATE DE SORTIE : 15 novembre 2017