MIDSOMMAR de Ari Aster [Critique Ciné]

 

MidSommar

 

Révélé par son premier film Hérédité, le réalisateur Ari Aster est de retour au cinéma avec un nouveau film d’horreur vraiment pas comme les autres baptisé MidSommar.

 

 

SYNOPSIS : Encouragé par ses amis, Christian songe à mettre un terme à sa relation avec Dani, sa petite amie depuis quatre ans pour pouvoir tranquillement partir avec eux en Suède. Mais le moment est mal venu car la jeune femme vient de subir une immense tragédie. Il n’aura alors pas d’autre choix que de l’emmener avec eux dans leur voyage à la découverte d’une étrange communauté isolée qui se prépare pour un festival estival de neuf jours qui n’a lieu que tous les 90 ans. Mais ce qui s’annonçait comme un séjour dans un lieu idyllique va rapidement se transformer en véritable cauchemar.

 

Alors que la grande majorité des films d’horreur qui sortent encore au cinéma ces derniers temps se montrent tous trop formatés pour encore réussir à nous faire peur, le réalisateur Ari Aster avait réussi à créer la surprise l’année dernière avec son premier film Hérédité. Un succès qui a donné l’idée aux producteurs de A24 de lui proposer de réaliser un slasher se déroulant dans une secte en Suède. Pas vraiment intéressé par cette proposition, ce n’est que quand il a trouvé comment y intégrer une idée qu’il avait en tête depuis 2013 de filmer un couple en fin de relation que lui ai venu le scénario de MidSommar. Moins d’un an plus tard, arrive déjà ce nouveau film qui n’avait pas le droit de décevoir et autant le dire tout de suite, attendez-vous à une claque encore plus forte que pour son premier film.

 

MidSommar

 

On l’a déjà constaté avec son premier film, Ari Aster aime prendre son temps pour raconter ses histoires. Cette fois ci MidSommar fait pas moins de deux heures et vingt minutes et on nous annonce déjà qu’une version longue sortira en vidéo. Que cela ne vous rebute cependant pas d’à aller voir ce long métrage car on ne sent absolument pas le temps passer. N’en déplaise à certains, Midsommar ne commence pas du tout comme un film d’horreur. Nous sommes plongé dans les doutes de Dani qui se pose des questions sur sa relation compliquée avec son petit ami Christian et s’inquiète en même temps de l’intrigant mail que lui a envoyé sa sœur bipolaire. Les images du drame qui va alors la frapper sont le premier élément d’épouvante de cette histoire.

Lorsque enfin Dani et Christian arrivent en Suède avec leur trois amis, les premiers temps dans cette communauté semblent vraiment idylliques mais en observant les coutumes étranges de ces villageois, on ne pourra pas s’empêcher de sentir un malaise s’installer avec une véritable envie de prendre ses jambes à son cou s’y on s’était vraiment retrouvé là bas. On pense par moment à The Witch ou au Village de M. Night Shyamalan mais aussi à une sorte de transposition en Suède de Cannibal Holocaust ou The Green Inferno dans l’observation de ces cultes étranges et perturbants. Il y a un grand mystère qui plane sur cette intrigue que le rythme lent du film ne fait qu’accroître.

 

MidSommar

 

MidSommar n’est clairement pas un film d’horreur comme les autres. Il ne faut pas s’attendre au moindre Jump Scare artificiel dans ce film, l’angoisse est dans l’inconnu. Certains personnages disparaissent mystérieusement et on s’inquiétera pour leur sort. Il faudra décoder presque chaque image car de nombreux indices ont étés glissés dans l’image pour nous laisser imaginer ce qui va se passer. Nul doute que les cinéphiles qui aiment décortiquer chaque plan pour y trouver une signification, auront largement de quoi faire ici. Pour ceux à qui cela ne suffira pas, il y aura tout de même quelques passages bien gore à la limite du supportable pour faire battre le cœur un peu plus vite mais c’est vraiment le coté étrange de ces coutumes qui rendent le film à la limite du malsain vous laissant une sensation qui ne vous quittera pas si facilement après la fin de la séance.

Loin de la femme forte que l’on avait découvert dans The Young Lady, Florence Pugh incarne ici brillamment la fragile Dani. Une petite amie pleine de doutes capable de bien vous gâcher les vacances. Curieusement aucun personnage dans MidSommar est vraiment attachant. Son petit ami est l’américain moyen bas de plafond joué par Jack Reynor vu dans Transformers : L’Âge De L’Extinction que l’on détestera encore plus. Le champion des personnages insupportables restera tout de même Will Poulter habitué à l’exercice dans Detroit et Le Labyrinthe. Il en faut en fait du talent pour arriver à jouer ainsi des personnages aussi détestables mais pour lesquels on s’inquiétera tout de même pendant tout le film.

 

MidSommar

 

Véritable leçon de cinéma, MidSommar confirme tout le bien que l’on pensait du réalisateur Ari Aster. Que ce soit dans le soin porté à chaque plan dans son cadrage et ses décors ou dans son histoire particulièrement intrigante, ce long métrage nous laisse à penser que l’on a trouvé le digne héritier de M. Night Shyamalan. On ne peut qu’espérer qu’il garde ainsi l’inspiration encore longtemps pour nous offrir de nouvelles pépites.

 

MON AVIS : 5/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Ari Aster
  • AVEC : Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter, William Jackson Harper & Vihelm Blomgren
  • SCÉNARISTE : Ari Aster
  • COMPOSITEUR : Bobby Krlic
  • GENRE : Epouvante-Horreur
  • DURÉE : 2h20
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Metropolitan FilmExport
  • SITE OFFICIEL : https://a24films.com/films/midsommar
  • DATE DE SORTIE : 31 juillet 2019