CARBONE de Olivier Marchal [Critique Ciné]

 

Carbone

 

Six ans après Les Lyonnais, Olivier Marchal fait son retour au cinéma avec Carbone, un thriller financier à nouveau inspiré d’une histoire vraie.

 

 

SYNOPSIS : Sur le point de déposer le bilan, Antoine Roca a l’idée d’arnaquer l’Etat Français en détournant la T.V.A. sur la taxe carbone. Rapidement, cette combine va rapidement se montrer très lucrative mais va aussi attirer la convoitise du trafiquant de drogues qui lui a avancé l’argent pour lancer son business. Découvrant l’univers du grand banditisme, l’homme d’affaires va finir par regretter amèrement de s’être pris pour un caïd.

 

Après des premiers pas très réussis au cinéma avec 36 Quai Des Orfèvres et Mr73, c’est vers l’univers de la télévision qu’Olivier Marchal semble désormais vouloir consacrer le plus clair de son temps délaissant de plus en plus le grand écran. Six ans après avoir réalisé Les Lyonnais, c’est à une nouvelle histoire de gang cette fois ci bien moins organisée mais toujours inspiré d’une histoire vraie qu’il a choisi de consacrer son nouveau film Carbone. Un thriller financier au premier abord différent de ses habituels polars mais qui ne tardera pas à reprendre un trame un peu trop connue.

 

Carbone

 

Dés la première scène de Carbone, Olivier Marchal a choisi de ne faire aucun mystère sur le sort réservé à son nouveau héros avant de remonter dans le temps pour nous expliquer comment il en est arrivé là. C’est bien dommage de sacrifier ainsi immédiatement le seul suspense de cette intrigue. Car cette histoire d’arnaque à la taxe carbone pouvait laisser penser qu’Olivier Marchal avait un peu laissé tomber les habituels règlements de compte sanglant pour un film dans la lignée d’un Loup de Wall Street. Mais cette combine de détournement de T.V.A. étant particulièrement complexe à comprendre pour un grand public qui ne s’intéresse pas forcement à l’Économie, il était bien plus simple d’en faire une histoire à la Scarface.

Olivier Marchal avoue clairement s’être inspirée du film A Most Violent Year comme modèle pour Carbone. On peut en effet trouver pas mal de similitudes entre ces deux longs métrages qui mettent dans les deux cas des hommes d’affaires excédés de se faire avoir par le Système. Il faut cependant reconnaître que Carbone n’arrive pas à la cheville de l’excellent film  de J.C. Chandor car son scénario manque clairement d’originalité. On aura aussi bien du mal à s’attacher à cet Antoine Ruqua pour qui on pouvait encore avoir un peu de compassion lorsqu’il tentait de sauver sa boite mais qui va très vite se transformer en un insupportable magouilleur étalant son fric comme un connard. Impossible à partir de là de ressentir de la peine en le voyant s’enfoncer dans une spirale infernale dont on connait déjà l’issue.

 

Carbone

 

Jusque dans son casting, Carbone ne fait pas dans l’originalité en confiant le premier rôle à Benoit Magimel que l’on a déjà bien trop vu dans le même genre de rôle de voyou à tel point qu’il paraît ici en pilotage automatique sans nous faire passer la moindre émotion. Olivier Marchal recrée en plus le casting de la très mauvaise séries Marseille en donnant le rôle de son beau père à Gérard Depardieu qu’on a bien du mal à imaginer dans le rôle d’Aron Goldstein, un homme d’affaire juif très influant dans le quartier du Sentier. On dirait que le réalisateur a voulu réunir un ensemble d’acteurs en contre emploi total en confiant à Michael Youn le rôle très sérieux de l’expert comptable. La rappeur Gringe aura aussi un rôle important dans le film tandis que son ancien complice Orelsan officie sur la bande originale. La pauvre Laura Smet se voit confier un rôle de profiteuse dont on ne connaîtra pas grand chose de la vie et se voit particulièrement maltraitée.

Olivier Marchal semble avoir du mal à reprendre ces réflexes de cinéaste pour ce nouveau film très maladroit dans sa construction. On ne comptera pas le nombre de scènes musicales pour expliquer de manière plus concise l’évolution du plan d’Antoine Ruqua mais cela n’empêchera pas de trouver le temps long devant cette histoire, bien au contraire même. On ne retrouver pas non plus l’esthétique des premiers films qui plaçaient de grands espoirs dans le réalisateur. Au final, Carbone ne semble être qu’un téléfilm ou un épisode de série télé qui se regarde sans déplaisir mais qui ne marquera pas les esprit par la faiblesse de son scénario et une brochette d’acteurs assez peu convaincants dans cette histoire sans véritable enjeux.

 

Carbone

 

On a connu Olivier Marchal bien plus inspiré qu’avec ce Carbone. Si on pouvait s’attendre à un véritable thriller financier, le réalisateur n’a en fait  que  masqué la sempiternelle histoire de l’ascension d’un gangster qui va finir par se brûler les ailes à la manière d’un Tony Montana avec la même morale dévoilée dès la première scène du film que le crime ne paie jamais. La seule surprise du film est d’offrir des rôles à contre emploi au rappeur Gringe et à Michael Youn qui même si il se montrent convaincants n’auront pas grand chose à défendre. On se serait bien passer en revanche d’un Benoît Magimel déjà trop habitué à ce genre de rôle et qui n’aura rien de nouveau à nous proposer.
MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Olivier Marchal
  • AVEC : Benoit Magimel, Michael Youn, Gringe, Idir Chender, Laura Smet & Gérard Depardieu
  • SCÉNARISTES : Emmanuel Naccache & Olivier Marchal sur une idée de Ali Hajdi
  • COMPOSITEUR : Erwann Kermorvant
  • GENRE : Polar
  • DURÉE : 1h44
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : Europacorp Distribution
  • DATE DE SORTIE : 1er novembre 2017