HEAVY OBJECT de Takashi Watanabe [Critique Série TV]

 

Heavy Object

 

L’éditeur Kazé a la bonne idée de ressortir l’intégralité de la première saison de la série animée Heavy Object dans un seul coffret  regroupant les 24 épisodes.

 

 

SYNOPSIS : Dans le futur, les guerres sont devenues propres. Au lieu d’envoyer les hommes se battre au front, le sort des nations se joue désormais dans des affrontements entre Objects, des machines blindées géantes de plus de 70 mètres et ultra armées pouvant résister à une attaque nucléaires et pilotées par des élites. Qwenthur et Havia, deux jeunes garçons engagés dans l’armée  vont cependant prouver que la présence des hommes sur le terrain va être un atout majeur pour remporter la bataille.

 

Heavy Object n’est plus vraiment une nouveauté puisqu’elle est sortie au Japon en 2014 et a depuis été diffusée dans son intégralité sur la plateforme de streaming Anime Digital Network avant de sortir sous la forme de deux coffrets de douze épisodes chacun. Cela n’empêche pas l’éditeur Kazé de penser aux retardataires en ressortant l’intégralité de la première et unique saison dans un seul et même coffret regroupant les deux volumes parus précédemment à partir du 28 février 2018. Vous n’aurez plus aucune raison dorénavant de passer à coté de cette histoire qui change des habituelles histoires de méchas en mettant en scène non pas des grands robots mais plutôt des sortes d’immenses tanks sphériques quasiment indestructibles.

 

Heavy Object

 

A l’origine de Heavy Object, il y a une série de light novels imaginée par Kazuma Kamachi et illustré par Ryo Nagi débutée en 2009 et qui compte désormais douze tomes. Après une adaptation en trois mangas différents,  c’est en 2014 que le studio J.C. Staff, a qui l’on doit Food Wars ! et Bakuman,  a annoncé sa volonté de produire une série animée confiant le projet au réalisateur Takashi Watanabe issu du studio Ghibli qui a signé précédemment la série Ikki Tousen.

Alors qu’on s’attendait plutôt à une série futuriste, on s’étonnera de voir qu’en fait Heavy Object s’amuse à mélanger les genres car on découvrira bien vite qu’il s’agit en fait d’une histoire de chevaliers modernes se déroulant dans des royaumes en guerre. Le héros d’Heavy Object s’appelle Qwenthur, un roturier qui rêve de devenir concepteur d’Object et qui s’est engagé dans l’armée pour pouvoir les étudier de plus près. Il va se retrouver à faire équipe avec Havia, un jeune noble engagé dans l’armée pour se forger une réputation. Alors que personne ne prêtait vraiment attention à eux et ne leur confiait que des basses œuvres, ils vont s’illustrer au combat en réussissant à éliminer eux même un Object juste en trouvant son point faible. Récompensés pour cet exploit, ils pensaient pouvoir quitter l’armée mais vont se retrouver obligé de rempiler.

 

Heavy Object

 

Dorénavant, ils vont sillonner le globe pour accompagner l’Object Baby Magnum piloté par la jeune et jolie Milinda Brantini, surnommée « la princesse » sous les ordres de l’autoritaire et sexy Frolaytia Capistrano. Très rusé mais surtout très courageux, c’est cependant toujours un peu par chance que Qwenthur va réussir à chaque fois à sauver sa princesse en trouvant le point faible de chaque ennemi. Rapidement, il va faire craquer toutes les filles qu’il croise comme un véritable Prince Charmant mais même si il se montre parfois obsédé, il est surtout focalisé sur sa passion pour les Objects et ne se rendra pas compte de son sex appeal.

Si les relations amoureuses et plus intimes sont parfois évoquées avec quelques scènes vraiment sexy sans dépasser les limites, elles ne seront pas le cœur de la série qui reste avant tout centré sur les missions de Qwenthur et Havia. On n’aurait bien aimé que cet aspect plus « tranche de vie » soit un peu plus développé car il se montre vraiment intéressant. Il y a encore beaucoup de failles dans l’histoire de cette première saison. On aurait bien aimé en savoir un peu plus sur la formation des élites qui pilotent ces machines géantes et aussi sur ses relations particulières entre les nobles avec ces mariages forcés. Il faudra probablement lire les light novels pour découvrir cela où espérer une seconde saison qui se fait attendre.

 

Heavy Object

 

Pour les amoureux de mechas, Heavy Object pourrait se montrer frustrant car ces machines géantes ne sont qu’en second plan face aux aventures de nos deux héros. Si ils sont généralement d’un design varié, il ne sont pas aussi impressionnants dans les combats que de vrais robots. On sent parfois l’influence d’Evangelion dans ces histoires d’intelligence artificielle incontrôlable où dans la manipulation mentale de notre héroïne dans le dernier arc. La série n’est cependant pas aussi psychologique et semble plutôt viser un public adolescent (Shonen) plus que les adultes (Seinen) a qui s’adresse pourtant le manga.

Visiblement Heavy Object n’a pas été produit avec de gros moyens et déçoit souvent dans ses images. Certains plans sur les personnages semblent vraiment bâclés avec des traits vraiment très grossiers et très peu de détails. Ce sont surtout les modélisation en cell shadding des Objects et des différents véhicules militaires qui sont les moins réussis alors que curieusement les plans de l’Object dans son hangar sont toujours vraiment sublimes. C’est plutôt dommage pour une série qui reposent principalement sur les affrontements entre ces grosses machines.

 

Heavy Object

 

Plutôt sympathique dans l’ensemble, Heavy Object se suit avec plaisir mais laisse un goût d’inachevé. De nombreux points de l’intrigue ne seront pas assez développés et les graphismes ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions de la série. Cependant le duo formé par Qwenthur et Havia est très attachant et on suivra avec intérêt leurs différents exploits. Les héroïnes très jolies ne sont pas en reste non plus même si on aurait aimé qu’elles soient parfois un peu plus mis en avant dans des épisodes qui leur seraient spécialement consacrés. Il n’y a plus qu’à espérer que le studio J.C. Staff se décide enfin à produire une seconde saison pour corriger les défauts de ces premiers épisodes.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

LE BLU-RAY : Comme d’habitude, Kazé nous offre une édition d’excellente facture sans aucun défaut à l’image. Les couleurs sont chaudes et sans aucun problème d’entrelacement ou d’aliasing. Même si le son n’est qu’en stéréo, il se montre tout de même très dynamique. Seule une version japonaise sous titrée est disponible mais pourquoi s’embêter avec une version française qui ne serait pas à la hauteur. Question bonus, nous n’aurons le droit qu’aux différents génériques d’ouverture et de fin sans les crédits. Pour en savoir plus sur la série, il faudra se contenter des très beaux livrets résumant les épisodes et présentant les personnages avec de belles photos et illustrations.

 

Heavy Object

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINALHevī Obujekuto
  • RÉALISATEUR : Takashi Watanabe
  • STUDIO : J.C. Staff
  • AVEC LES VOIX EN V.O. DE : Natsuki Hanae, Kaito Ishikawa, Shizuka Itô & Eri Suzuki
  • SCÉNARISTE : Hiroyuki Yoshino d’après les lights novels de Kazuma Kamachi
  • COMPOSITEURS : Maiko Iuchi & Keiji Inai
  • GENRE : Japanimation, Science Fiction, Guerre
  • DURÉE : 9h 27
  • NATIONALITÉ : Japonais
  • ÉDITEUR : Kazé
  • SITE OFFICIELhttp://heavyobject.net
  • DATE DE SORTIE EN COFFRET : 28 février 2018
  • SPÉCIFICITÉS DU BLU-RAY : 4 BD-50, 1080p – 16/9 – 1.78:1,  couleurs, Japonais Linear PCM 2.0
  • BONUS : Les quatre génériques sans les crédits + 2 livrets