THE HATE U GIVE, LA HAINE QU’ON DONNE de George Tillman Jr. [Critique Ciné]

 

The Hate U Give : La Haine Qu'On Donne

 

Parce qu’il n’y aura jamais assez de films pour mettre en lumière l’injustice qui frappe les afro-américains depuis toujours, The Hate U Give – La Haine Qu’On Donne destiné  veut avant tout interpeller un public ados mais mérite aussi d’être vu par le plus grand nombre.

 

 

SYNOPSIS : Depuis qu’elle est jeune, Starr a été élevée avec des consignes très strictes au cas où elle serait un jour arrêtée par la Police. Rien n’aurait pu cependant la préparer à ce qu’elle a vécu cette nuit là lorsque son ami d’enfance Khalil s’est fait abattre devant ses yeux lors d’un contrôle de routine. Elle qui menait tranquillement une sorte de double vie entre son quartier natale à dominance noire et l’école privée à dominance blanche où elle étudie, va devoir maintenant faire un choix qui pourrait déterminer le reste de sa vie.

 

« The Hate You Give Little Infants Fucks Everybody » ou « T.H.U.G. L.I.F.E » c’était le titre d’un album et aussi la  devise du rappeur 2Pac. C’est aussi ensuite le titre d’un best-seller écrit par Angela Thomas inspiré par cette devise qui devient maintenant un long métrage simplement baptisé The Hate U Give : La Haine Qu’On Donne. Si on ne compte désormais plus les films qui ont tenté de faire ouvrir les yeux des spectateurs sur les injustices qui frappent les afro-américains, celui-ci a la particularité de s’adresser avant tout à un public d’adolescents ou de jeunes adultes. Mais parce que son sujet est universel et qu’il reste encore beaucoup de chemin avant que ces inégalités appartiennent au passé, il mérite vraiment d’attirer le maximum de spectateurs en salles.

 

The Hate U Give : La Haine Qu'On Donne

 

Contrairement à Fruitvale Station qui racontait l’histoire vraie du funeste destin du jeune Oscar Grant abattu sans raison par la Police lors d’un simple contrôle d’identité, The Hate U Give : La Haine Qu’On Donne est lui une fiction totale qui  va cependant bien plus loin sur le sujet de la bavure policière en s’intéressant à ses conséquences. Quasiment émouvant de la première à la dernière minute, le film suit l’histoire de la jeune Starr et sa famille qui vivent dans le quartier défavorisé de Garden Heights, lui aussi inventé de toutes pièces, où vivent quasiment que des noirs aux perspectives d’avenir plus qu’incertaines. Son père qui est un ancien dealer a éduqué ses enfants en leur inculquant des valeurs pour qu’ils soient fiers de la couleur de leur peau et prêts au pire en cas de rencontre avec la Police. Mais pour leur offrir de meilleures chances dans la vie, ces enfants font leur études dans un lycée privé des beaux quartiers blancs.

Le contraste entre ces deux quartiers est bien marqué à l’écran avec une image chaude jouant sur des coloris orangés pour toutes les scènes se déroulant à Garden Heights et une image froide et aseptisée aux nuances bleues pour représenter le lycée et le quartier riche. Un parti pris assez étonnant alors que la majorité des scènes les plus dramatiques du film se passe dans le quartier défavorisé et donc pas aussi chaleureux que voudrez nous faire croire les images.

 

The Hate U Give : La Haine Qu'On Donne

 

Si on a l’impression d’avoir déjà beaucoup vu ce genre d’histoire, il faut souligner le fait que le film ne prend pas de pincettes pour souligner l’injustice quotidienne auquel sont confrontés les afro-américains encore de nos jours là où même Spike Lee, le faisait de manière seulement détournée dans Blackkklansman. Il nous ouvre bien les yeux sur le fait que même si l’esclavage et  la ségrégation ont été abolis, les mentalités  des blancs envers les noirs mettent encore beaucoup de temps à évoluer et que même les deux mandats de Barack Obama n’ont rien pu changer. Si on peut se poser la question de savoir si le film n’accentue pas un peu le pathos, il est triste de voir que cela pousse le peuple noir à se voir constamment comme des victimes potentielles. On comprend mieux du coup pourquoi le film Black Panther a tellement fait du bien à cette communauté qui a enfin pu voir un vrai héros noir être mis en avant.

Pour incarner Starr on retrouve la jeune actrice qui monte Amandla Stenberg déjà héroïne des films Everything Everything et Darkest Minds : Rébellion. Même si les deux rôles se ressemblent un peu, Elle se montre ici bien plus convaincante avec ce sujet grave que dans la dystopie dont on aura certainement jamais la suite. Ses parents sont joués par Regina Hall forcement bien moins drôle que dans Scary Movie et Russel Hornsby vu dans Fences. On sera surpris de voir Anthony Mackie jouer ici les dealers alors qu’on le connait principalement pour son rôle du Faucon chez Marvel. C’est probablement parce qu’il est une des stars de la série Riverdale que K.J. Apa a été choisi pour jouer le petit ami blanc. Un choix surprenant tant on ne comprendra pas ce que Starr peut trouver à ce prétentieux. Il n’arrive pas à la cheville de la coolitude de Algee Smith vu dans Detroit qui joue le pauvre Khalil.

 

The Hate U Give : La Haine Qu'On Donne

 

Véritable film coup de poing, The Hate U Give – La Haine Qu’on Donne ne pourra certainement pas vous laisser insensible. On sera forcement révolté devant cette histoire qui veut mettre en lumière pour le plus grand public possible ce que peuvent encore subir les afro-américains de nos jours. Un formidable message anti-racisme forcement très émouvant à voir de toutes urgences en espérant qu’il fasse enfin changer les mentalités.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Hate U Give
  • RÉALISATEUR : Georges Tillman Jr.
  • AVEC : Amandla Stenberg, Algee Smith, Russel Hornsby, Anthony Mackie, K.J. Apa & Sabrina Carpenter
  • SCÉNARISTE : Audrey Wells d’après le roman de Angela Thomas
  • COMPOSITEUR : Dustin O’Halloran
  • GENRE : Drame
  • DURÉE : 2h13
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Twentieth Century Fox France
  • SITE OFFICIELhttps://www.foxmovies.com/movies/the-hate-u-give
  • DATE DE SORTIE : 23 janvier 2019