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L’EXORCISTE – DÉVOTION de David Gordon Green [Critique Ciné]

L'Exorciste - Dévotion

Après sa médiocre trilogie Halloween, le réalisateur David Gordon Green poursuit son massacre des classiques de l’horreur en osant s’attaquer à la saga L’Exorciste.

Souvent imitée mais jamais surpassée même par ses suites officielles, le film L’Exorciste de William Friedkin a su surpasser son statut de film d’horreur pour devenir tout simplement un veritable classique du cinéma. En s’appuyant sur le livre de William Peter Blatty, le réalisateur William Friedkin a tout simplement imposé les codes du film d’exorcisme qui ont depuis étés suivis à la lettre par de nombreux cinéastes sans qu’aucun d’eux réussissent à signer des œuvres aussi mémorables. S’imposant en donneur de leçon malgré la médiocrité de sa trilogie Halloween dont nous ne retiendrons que la sauvagerie du deuxième épisode, David Gordon Green a décidé de rester dans le registre de l’horreur en osant maintenant s’attaquer à l’héritage du film culte de William Friedkin avec L’Exorciste – Dévotion, le premier volet d’une trilogie annoncée. Il suffit pourtant de regarder la bande annonce pour n’avoir aucun doute  sur le fait que ce nouveau film n’apportera rien d’autre à la saga qu’une nouvelle déception.

S’inscrivant comme une suite directe du film de William Friedkin, l’histoire de L’Exorciste – Dévotion se passe pourtant de nos jours, cinquante ans après la possession de la jeune Regan. À vrai dire nous chercherons pendant longtemps qu’elle est le véritable rapport entre le film de 1973 et cette pseudo suite. Estimant peut être que le film de William Friedkin manquait de diversité, L’Exorciste – Dévotion a pour personnage principal un photographe noir qui a perdu son épouse enceinte dans un tremblement de terre. C’est seul qu’il a du élever leur enfant sauvé par miracle et âgé maintenant de 13 ans. Cherchant à contacter l’esprit de sa mère, elle va entrainer sa meilleure amie pour un rituel dans les bois. Disparues pendant trois jours, les fillettes seront retrouvées dans une grange sans avoir conscience du temps écoulé. Après un premier examen qui ne révèlera rien d’inquiétant, les deux adolescentes ne tarderont pas à se comporter de manière étranges comme si elles étaient possédées.

L'Exorciste - Dévotion

Qualifier L’Exorciste – Devotion de film d’horreur serait faire trop d’honneur au long métrage de David Gordon Green tant il faudra attendre très longtemps avant que le film entre réellement dans le vif du sujet. Débutant subitement par un combat de chiens pour provoquer un premier jumpscare très artificiel, le réalisateur n’arrivera jamais à provoquer le moindre frisson tant son histoire ne fait que reprendre sans originalité des choses vues des centaines de fois. Nous sommes clairement bien loin de l’ambiance du film de William Friedkin qui avait à l’époque fait défaillir d’effroi de nombreux spectateurs évacués des salles de cinéma sur des brancards. Il n’y a strictement rien dans le film de David Gordon Green qui arrivera à se rapprocher de ces émotions. Là où le film de 1973 enchaînait les scènes marquantes, il ne restera rien de mémorable dans cette suite. La seule émotion que nous pourrons ressenti est un ennui profond. Ce n’est vraiment que dans les derniers instants du film que nous aurons le droit à quelques images impressionnantes mais encore faudra-t-il avoir la patience d’arriver jusque là.

Au lieu de nous faire frissonner, il se dégage de L’Exorciste – Dévotion une sorte de véritable propagande sur la foi. Ne croyant pas à tout cela après avoir tragiquement perdu sa compagne, le photographe finira cependant par se laisser endoctriné par ceux qui voudront lui venir en aide. Une voisine infirmière qui avait renoncé à rentrer dans l’ordre, un prêtre aux origines latino comme c’est désormais très fréquent dans les films d’exorcisme et un voisin qui n’hésitera pas a pénétrer chez lui en son absence pour pratiquer une sortie de rituel vaudou. Tous ses protagonistes finiront par unir leur force tels les Avengers pour pratiquer par eux même un exorcisme totalement ridicule qui utilisera différents cultes et religions pour tenter de chasser le démon.

L'Exorciste - Dévotion

Le plus désolant dans L’Exorciste -Devotion sera tout de même de voir que David Gordon Green a réussi à convaincre Ellen Burstyn de reprendre son rôle de Chris McNeil  dans cette suite. Le chèque a dû être certainement colossal pour que l’actrice accepte de rempiler tant son personnage mythique se voit ici traité de manière aussi grotesque. Elle a du clairement drainer le budget casting avec une autre invitée pas vraiment surprise tellement le reste de la distribution semble avoir été ramassé sur un bout de trottoir d’Hollywood comme des travailleurs mexicains à la frontière. Avec son casting de série télé, nous sommes à des années lumière du prestigieux casting du film de 1973. Le nom des Pères Merrin et Karras ne seront d’ailleurs même pas cité comme s’il ne fallait pas se rappeler des brillantes prestations de Max Von Sydow et Jason Miller.

Comme le Yin et le Yang ou une glace vanille chocolat, le choix d’un duo de fillettes noire et blanche n’apportera rien au récit. Nous ne saurons rien sur le démon qui les a possédé comme si cela n’avait aucune importance. De quoi penser que David Gordon Green ne sait pas lui même encore ce qu’il va raconter dans sa trilogie où comme si ce premier volet n’était en fait qu’une introduction très inutile à un nouvel affrontement entre la mythique Chris Mc Neil et le Diable en personne cinquante ans plus tard comme il l’a fait entre Laurie Strode et Michael Myers dans sa trilogie Halloween. Attendu normalement pour 2025 mais risquant bien d’être retardé à cause de la grève des scénaristes et acteurs, nous ne sommes en tout cas pas pressé de voir la suite si elle est du même niveau que ce premier volet.

L'Exorciste - Dévotion

Il faut vraiment avoir envie de se flageller pour s’infliger le visionnage de L’Exorciste – Dévotion. Le réalisateur David Gordon Green n’aura lui pas fait preuve de beaucoup de dévotion pour oser ainsi manquer de respect à William Friedkin si peu de temps après sa mort. Nul doute que le cinéaste au fort tempérament à déjà du se retourner dans sa tombe devant ce film plus motivé par l’insatiable appât du gain de Blumhouse Pictures que par l’envie de porter son héritage. L’Exoxciste – Dévotion n’est qu’une énième tentative ratée de film d’exorcisme  qui ne mérite même pas d’être comparée à son modèle.

MON AVIS :
0/5

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