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LA MALÉDICTION : L’ORIGINE de Arkasha Stevenson [Critique Ciné]

La Malédiction : L'Origine

Dans la famille des prequels inutiles de films cultes voici venir La Malédiction : L’Origine

Apres avoir déjà osé sortir en 2006 un remake aussi inutile que raté du cultissime La Malédiction de Richard Donner, classique de l’horreur de 1976, la Fox devenue depuis la propriété de Disney sous le nom de 20th Century Studios a choisi de faire renaitre la franchise en surfant sur cette mode infame du prequel. Grand mal leur a pris car ce Malédiction : L’Origine est encore pire que le remake de sombre mémoire. Plus digne d’une sortie sur Disney+, c’est pourtant au cinéma que sort le long métrage ce mercredi dans l’espoir sans doute d’attirer les fans du catastrophique La Nonne.

Pour ceux qui ne connaitraient pas le grand classique de l’horreur qu’est La Malédiction. Il s’agissait de l’histoire de Damien. Un jeune garçon recueilli à la naissance par l’ambassadeur des États Unis basé à Rome. Ce qu’il ne savait pas c’est que cet enfant est en réalité l’Antechrist qui n’hésitera pas à tuer tous ceux qui pourrait se mettre sur son chemin durant son essor. Prequel de cette histoire, La Malédiction L’Origine a pour ambition de nous raconter comment aurait été conçu cet enfant.

La Malédiction : L'Origine

Les fans d’épouvantes qui ont déjà vu le film d’horreur Immaculée il y a trois semaines auront clairement une impression de déjà vu devant La Malédiction : L’Origine. Totalement par hasard, les deux longs métrages partagent en effet  un scénario très similaire. Nous nous retrouvons à nouveau devant une histoire de jeune américaine débarquant à Rome pour entrer dans les ordres. Si dans ce nouveau film l’héroïne Margaret se retrouve à travailler dans un couvent abritant de jeunes orphelines au lieu de bonnes sœurs en fin de vie, les évènements seront quasiment identiques entre les les deux films. 

Même si le film de Richard Donner prenait lui aussi son temps pour développer son intrigue, c’est en vain que nous attendrons que La Malédiction : L’Origine nous offre le moindre frisson. Quand il ne fait pas dans le fan service en reproduisant les mêmes scènes de mort, la réalisatrice Arkasha Stevenson ne jouera que sur une montée brutale du son pour créer des jumpscares très artificiels. Les seuls évènements fantastiques ne seront bien souvent que de simples visions ou cauchemars sortis de nul part et qui ne se raccrochent même pas au récit. Il n y aura bien qu’une scène d’accouchement pour se montrer un brin subversive pour une production Disney.

La Malédiction : L'Origine

Il n y a rien d’original dans La Malédiction : L’Origine dont toutes les scènes semblent avoir déjà étés vues mille et une fois y compris même dans Scary Movie 3, c’est dire le niveau. C’est sans la moindre surprise que nous découvrirons le plot twist du film dans une dernière partie qui perdra très rapidement tout sens. Ce que nous aurons déjà compris à l’avance de ce dénouement très téléphoné finira par rendre le dernier quart d’heure du film totalement exaspérant tant il s’enfonce dans la bêtise. L’idée que les producteurs se sont laissé la place pour une suite sous forme de spin-off est la seule chose qui fera froid dans le dos.

Confié à la réalisatrice Arkasha Stevenson dont il s’agit du premier long métrage, La Malediction : L’Origine transpire un manque de budget flagrant. Clairement filmé en numérique, le long métrage tente artificiellement de reproduire une image digne d’un véritable film des années 70 par un filtre sépia et un léger grain artificiel qui n’arrivera vraiment pas à faire illusion. Une scène de révolte étudiante se montrera même particulièrement risible par le manque de figurants. Et que dire l’horrible bande originale tellement en dessous de la partition oscarisée de Jerry Goldsmith rendant l’arrivée en toute fin du film de son célèbre thème comme un véritable soulagement.

La seule chose à sauver dans La Malediction : L’Origine sera sans doute sa distribution. Dans le rôle principal, Nell Tiger Free donne tout son possible pour faire vivre cette histoire et nous n’en aurons que plus de peine pour elle de la voir se démener dans cette intrigue de moins en moins crédible. Elle est aussi très bien entourée avec les petits rôles tenus par Bill Nighy et Charles Dance qui apportent une ambiance lugubre même si nous ne serons pas trop étonnés de le retrouver ici tant ils sont habitués à cachetonner dans des séries B fantastiques.

La Malédiction : L'Origine

Comme la plupart des prequels ou des suites de classiques de l’horreur, La Malédiction : L’Origine est bien la déception à laquelle nous nous attendions. L’apprentie réalisatrice n’arrivera jamais à recréer l’ambiance angoissante du film mythique de Richard Donner ni même pas à créer un seul moment d’épouvante. Ce nouveau long métrage est tellement raté qu’il aurait mieux fait de se revendiquer être le prequel du remake de 2006 de La Malédiction que tout le monde a aujourd’hui oublié.

MON AVIS :
1/5

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