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TIGER STRIPES de Amanda Nell Eu [Critique Ciné]

Tiger Stripes

Ce n’est pas tous les jours que vous pourrez voir un film d’horreur malaysien tel que Tiger Stripes.

Vu la nullité des dernières productions horrifiques de plus en plus formatées venues des États Unis, c’est vers la Malaisie que nous nous tournons pour découvrir Tiger Stripes. Un mélange de drame et d’horreur s’inscrivant dans l’ère du temps d’un cinéma horrifique plus auteuriste qui a pour principale originalité de se dérouler dans un pays et une culture que nous avons rarement l’occasion de voir au cinéma en France.

Dans ce cadre assez peu familier, Tiger Stripes aborde un sujet régulièrement traité au cinéma. Celui de la transformation du corps au moment de la puberté récemment traité de la même manière allégorique dans le très amusant Alerte Rouge des studios Pixar et de manière plus fantastique dans Le Règne Animal.  Deux longs métrages qui partagent par pures coïncidences de nombreux points communs avec Tiger Stripes, comme quoi peu importe nos origines géographiques, tous les humains sont bien identiques.

Tiger Stripes

Tiger Stripes raconte l’histoire de Zaffan une jeune fille de 12 ans en avance par rapport à ses camarades sur le développent de son corps. En étant la première à avoir ses règles dans sa classe, elle sera alors moquée par ses camarades y compris même par ses plus proches amies. Sans rien pouvoir contrôler de ce qui lui arrive, Zaffan verra son corps se transformer comme si elle était possédée par un démon assoiffé de sang.

Bien que tout ce que nous pouvons voir de la Malaisie dans Tiger Stripes semble très éloigné de notre mode de vie occidental, les thèmes abordés par la réalisatrice et scénariste Amanda Nell Eu dans son premier long métrage sont très similaires à ce que nous pouvons tous vivre. Il y a tout d’abord le tabou autour des règles considérées comme sales alors qu’ elles s’inscrivent pourtant dans le cycle naturel de la vie. Il est aussi question d’harcèlement scolaire qui prouve à quel point dès le jeune âge, certains ont toujours besoin d’écraser les autres pour exister. 

Tiger Stripes

Alors que la Malaisie est un pays dominé par le patriarcat, dans Tiger Stripes les hommes se font curieusement assez rares. Le film qui se déroule principalement dans une école de filles étonne par l’image qu’il donne de ceux que nous pourrons voir dans l’histoire que la réalisatrice n’hésite pas à tourner en ridicule. De quoi imaginer qu’elle a mis beaucoup d’elle même dans le personnage de Zaffran, jeune éffrontée qui porte des soutiens gorges à dentelles, fait des chorégraphiques sur TikTok et se ballade en tenue légère dans les rues. C’est sa mère qui se montrera bien plus stricte tandis que le père a l’air de ne pas se soucier des 400 coups de sa fille.

Classer Tiger Stripes comme un film d’horreur pourrait donner de faux espoirs à certains spectateurs qui s’attendraient à une bonne dose de frissons ou d’hémoglobine. C’est en effet plus l’aspect dramatique qui prédomine. La transformation de la jeune fille ne se fera que très lentement n’offrant que de rares moments horrifiques. Nous pourrons même nous demander si les rares effets spéciaux du film sont ratés volontairement ou s’il s’agit d’un vrai manque de budget tant ils paraissent souvent ridicules. Il n’y a que les prosthétiques utilisé pour la transformation de Zaffran qui se montreront réussis mais ils sont malheureusement trop peu mis en avant.

Tiger Stripes

Ce sera avant tout le cadre dépaysant de la Malaisie qui fera l’originalité de Tiger Stripes dont l’histoire au final très universelle rappelle trop les plus réussis Alerte Rouge, Le Règne Animal ou même Grave pour réussir à nous emballer réellement. Il faut cependant saluer le courage d’Amanda Nell Eu pour oser défier ainsi les autorités de son pays en se jouant des excès du patriarcat et de la religion.

MON AVIS :
Noté 3 sur 5

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