CinémaCritique Ciné

VINCENT DOIT MOURIR de Stéphan Castang [Critique Ciné]

Vincent Doit Mourir

Vincent Doit Mourir, un titre intrigant pour un long métrage qui ne l’est pas moins.

Durant le confinement; nous avons régulièrement entendu de belles promesses que le monde d’après la pandémie ne serait plus le même qu’avant. Cependant, une fois libéré, nous avons tous bien pu constater qu’absolument rien n’a changé et que ce fameux monde d’après idyllique est loin de s’être concrétisé. Au contraire même, nous pouvons dire que les choses n’ont fait qu’empirer avec une réelle montée des incivilités dénoncée jusqu’en haut de l’État et l’éclatements de conflits entre nations. C’est cette situation qui a du inspirer le scénariste Mathieu Naert et le réalisateur Stéphan Castang pour imaginer leur premier film Vincent Doit Mourir.

Le Vincent du titre est un graphiste dans une start-up qui va être subitement victime d’agressions totalement injustifiées de la part de deux de ses collègues. Alors qu’une réelle hostilité envers lui s’installe à son travail, il se verra vivement conseiller de travailler depuis chez lui. Vincent ne tardera cependant pas à se rendre compte que ses collègues ne sont pas les seuls à vouloir l’attaquer. Un simple contact visuel avec un inconnu réveillera chez la personne l’irrépressible envie de tuer Vincent, y compris même les enfants de son immeuble. Parti s’isoler à la campagne, il découvrira qu’il n’est pas la seule victime de ce curieux phénomène.

Vincent Doit Mourir

Sans vouloir être désobligeant pour l’acteur nous pouvons dire que Karim Leklou a naturellement la tête de l’emploi pour inciter ce déploiement de violence envers lui. il est parfait dans ce rôle de monsieur tout le monde qui ne comprend pas ce qui lui arrive soudainement. Chacune des attaques qu’il subira commencera par nous faire rire face à l’absurdité de la situation. Les rires s’estamperont cependant rapidement face à l’extrême violence de certaines situations. Pour sauver sa peau, Vincent n’aura pas d’autres choix que finir par faire lui-même preuve de brutalité, allant jusqu’à l’extrême.

À la fois drame, thriller psychologique, survival et peut être même un peu film d’anticipation, Vincent Doit Mourir illustre bien la maxime « l’homme est un loup pour l’homme ». Nous sommes tous obligé de cohabiter dans ce monde avec plus ou moins de difficultés mais la véritable nature de l’homme fini toujours par se réveiller. Ce qui inquiète dans le film est que nous pourrions très bien se dire que ce phénomène de violence qui prend de l’ampleur au cours de l’histoire pourrait très bien arriver pour de vrai. Il suffit de voir combien de conflits menacent encore et l’inquiétante montée des actes antisémites ces dernières semaines pour ne pas en douter.

Vincent Doit Mourir

Il faut vraiment saluer le travail du réalisateur Stéphan Castang et du scénariste Mathieu Naert pour avoir construit une histoire pleine de suspense qui tiendra totalement la route jusqu’au bout. Cela est suffisamment rare pour un film de genre français pour être signalé. D’autant plus qu’il s’agit là de leur tout premier long métrage. La force de Vincent Doit Mourir est qu’il ne cherche pas à donner d’explications à ce phénomène ni même à y trouver une solution qui aurait pu ruiner le récit. Simple mais très efficace dans sa réalisation, le long métrage n’a pas besoin d’esbrouffes visuels pour nous tenir en haleine.

Arrivant sur le tard dans le récit, l’excellente Vimala Pons incarne une serveuse de « Dinner » dont va s’emmouracher Vincent malgré la difficulté de sa situation. Un personnage un brin marginal qui colle parfaitement à l’actrice dans ce casting définitivement sans faute. Entre eux va se tisser une étrange relation entre amour et haine qui saura habilement relancer le récit. Se rajoutera aussi le père de Vincent joué par François Chattot qui ajoutera un autre aspect dramatique  à cette histoire.

Vincent Doit Mourir

Un film de genre français vraiment réussi c’est suffisamment rare pour ne pas être manqué. Vincent Doit Mourir est un nouveau genre de survival horror qui se dispense de zombies et autres véritables monstres mais qui n’en est pour autant pas moins angoissant par cette épidémie qui semble avoir déjà débuté pour de vrai. Après, un premier film aussi réussi, nous avons très hâte de découvrir ce que nous réserveront la prochaine fois Stéphan Castang et Mathieur Naert.

MON AVIS :
4/5

A Lire Aussi

Pourquoi Tu Souris ?

POURQUOI TU SOURIS ? de Christine Paillard & Chad Chenouga [Critique Ciné]

Réunissant Jean Pascal Zadi et Raphaël Quenard, Pourquoi Tu Souris ? est un beau portrait de la France d’aujourd’hui.

Le Comte De Monte-Cristo

LE COMTE DE MONTE-CRISTO de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière [Critique Ciné]

Le « AlexandreDumasVerse » de Pathé se poursuit avec une nouvelle adaptation sous forme de blockbuster du Comte De Monte-Cristo.

Kinds Of Kindness

KINDS OF KINDNESS de Yorgos Lanthimos [Critique Ciné]

Fort de tous les éloges faits à Pauvres Créatures, Yorgos Lanthimos revient déjà avec le déstabilisant Kinds Of Kindness.

Vice Versa 2

VICE VERSA 2 de Kelsey Mann {Critique Ciné]

Pixar tente de se relancer avec Vice Versa 2, une suite attendue depuis 9 ans qui n’arrive malheureusement pas à la hauteur du premier.

The Bikeriders

THE BIKERIDERS de Jeff Nichols [Critique Ciné]

Après sept ans d’absence, le réalisateur Jeff Nichols revient sur grand écran avec The Bikeriders, film hommage à tous les motards.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.