FREAKS OUT de Gabriel Mainetti [Critique Ciné]

FREAKS OUT de Gabriel Mainetti [Critique Ciné]

Passionné par les Super Héros pas comme les autres, Gabriel Mainetti prend du galon avec son nouveau film Freaks Out.

Sorti en même temps que les blockbusters Sonic 2 et Morbius, un film bien moins attendu mériterait pourtant de faire beaucoup plus parler de lui. Il s’agit de Freaks Out, le nouveau film du réalisateur italien Gabriel Mainetti qui avait signé auparavant le long métrage On L’appelle Jeeg Robot. Après cette histoire de mafieux et de de super héro inspiré par le manga de Go Nakaï C’est avec un conte fantastique mettant en scène de nouveaux héros hors du commun en pleine seconde guerre mondiale qu’il fait son retour.

Freaks Out commence par la prestation fantastique d’une troupe de cirque pas comme les autres : un albinos qui peut faire ce qu’il veut avec les insectes, un clown nain capable aux pouvoirs magnétiques, un colosse recouvert de poil à la force herculéenne et une jeune femme  aux pouvoirs électriques capable d’allumer une ampoule rien qu’en la touchant. La magie de ce moment disparaitra subitement lorsque leur chapiteau sera au centre d’un bombardement. C’est là que nous découvrirons que ce long métrage se déroule en Italie en pleine seconde guerre mondiale. Alors qu’ils rêvaient d’une vie meilleure en Amérique, le directeur de la troupe parti pour les derniers préparatifs avant leur départ, va disparaître mystérieusement laissant ses artistes livrés à eux même.

Même s’il s’agit d’un film italien, on ressent clairement dans Freaks Out les influences ibériques des réalisateurs Guillermo Del Toro et Álex de Iglesia qui ont tous deux déjà mis en scène des monstres de foire dans le récent Nightmare Alley pour l’un et le plus vieux Balada Triste pour l’autre. Tous ses films étant bien évidemment inspiré par la référence du genre le grand classique Freaks de Todd Browning. Quand à la référence à Albert Dupontel faite sur l’affiche française, ce n’est que pour une vague similitude avec Au Revoir Là-Haut pour son portrait de gueules cassées en temps de guerre. Le héros défiguré de Pierre Lemaitre étant ici remplacé par une résistance constituée d’estropiés.

Freaks Out est avant tout un conte fantastique sur des personnages sortant de l’ordinaire qui par leur action vont devenir des sortes de super héros. Ils se retrouveront confrontés à un célèbre directeur de cirque connu pour recruter toutes les personnes un peu étranges pour son spectacle. Capable de voir l’avenir, il est en vérité a la recherche d’êtres exceptionnels qui lui sont apparus dans ses visions du futur. Pianiste émérite doté de six doigts a chaque main il s’est aussi approprié de célèbres chansons de notre époque comme Creep de Radiohead ou Paradise City des Guns n’ Roses. Une idée certainement inspirée par la série Westworld dans laquelle ces chansons étaient rejouées au piano mécanique. Frère d’un général nazi, il aimerait utiliser ces quatre fantastiques pour s’attirer les faveurs du führer.

Freaks Out suit avant tout la jeune Matilde qui, face à la guerre qui fait rage, devra apprendre à maîtriser des pouvoirs qui ont toujours été un poids pour elle. Un peu trop innocents , les membres de cette petite troupe ne chercheront jamais à vraiment jouer les héros mais penseront surtout à sauver leur directeur en route vers les camps de concentration. C »est un peu là le problème du film car lorsqu’il voudra nous offrir une grande scène de bataille façon Marvel en guise de climax nos héros ne se montreront pas assez exceptionnels pour nous en mettre plein la vue et la scène donnera du coup l’impression de traîner en longueur. C’est d’autant plus dommage que le reste du film est superbement mis en scène.

Plutôt qu’aller voir un Morbius au scénario qui suit toujours la même trame, vous feriez mieux de donner sa chance à Freaks Out. Un film d’apprentis super héros qui se démarque par ses personnages et son aspect visuel qui n’a rien a envier à Guillermo Del Toro. Il faudra maintenant surveiller de près la carrière du réalisateur Gabriele Mainetti qui finira certainement bien vite par être appelé par Marvel Studios.

MON AVIS :
4/5

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