MATRIX RESURRECTIONS de Lana Wachowski [Critique Ciné]

MATRIX RESURRECTIONS de Lana Wachowski [Critique Ciné]

Matrix Resurrections

Attendus par les fans depuis près de 17 ans la franchise Matrix revient à son tour pour un quatrième opus qui n’avait plus le droit de décevoirmais qui se permet pourtant de le faire à nouveau.

Les années passants, nous pouvions penser que la Warner avait compris que ce n’était plus la peine de compter sur la franchise Matrix que les frères Wachowski ont consciencieusement pris soin de massacrer au fil de suites de plus en plus médiocres. Mais vu que la mode est au soft reboot et à la nostalgie, la tentation de faire revenir la saga s’est finalement fait ressentir chez les pontes du studio. Car au fond, même si le résultat pouvait être aussi nul qu’un Matrix Revolutions, les fans répondront forcément malgré tout présents pour voir s’il y avait encore un espoir de repartir sur de bonnes bases avec un quatrième opus. Autant le dire tout de suite, ce Matrix Ressurections ne mérite même pas que vous perdiez votre temps ni votre argent à aller le voir. 

Sorti en 1999, le premier Matrix  fut une véritable claque a l’époque de part ses effets spéciaux totalement innovants et un scenario prometteur du début d’une grande saga. Un habile mélange d’influences diverses allant d’Alice Au Pays des Merveilles à Ghost In The Shell et Dragon Ball Z en passant par le Brasil de Terry Gilliam, l’Aliens de James Cameron, les créatures de l’artiste H.R. Giger sans oublier les films de kung-fu des Shaw Brothers. Un film clairement en avance sur son temps plein de messages philosophiques et qui poussait déjà les spectateurs à se déconnecter des machines pour apprécier la vie réelle avant même l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. Mais alors que de grands espoirs étaient placés dans ce début de saga, les deux suites n’ont étés qu’une succession de déception. Si le second film nous réservait encore de grands moments d’action, l’absence de véritable scenario commençait déjà à se faire sentir. Un sentiment exacerbé dans un troisième opus calamiteux où les héros des premiers films passaient au second plan pour une conclusion qui donnait l’impression que tout ce qu’on pouvait espérer du véritable potentiel de cette saga n’avait clairement pas été exploité. A tel point que certains se sont mis à douter que c’était bien encore les frères Wachowski qui étaient encore à la tête de ces deux suites. Il suffit malheureusement de voir la suite de la filmographie décevante des frangin(e)s pour avoir confirmation que nous avions mis trop d’espoir en eux.

Matrix Resurrections

Il n’y a cette fois ci pas de doutes a avoir ce ne sont plus les frères Wachowski qui sont a la tête de cette résurrection mais seulement Larry devenu Lana après une opération pour devenir une femme transgenre  en 2012. Contrairement à sa nouvelle sœur Lilly (anciennement Andy), elle n’a eu aucun scrupules à accepter l’offre de la Warner de rempiler avant de faire un nouveau bras d’honneur au studio avec ce quatrième film encore pire que le précédent. La réalisatrice règle même ses comptes directement dans les dialogues du film où il est clairement dit que cette suite aurait de toute manière fini par voir le jour même sans ses créateurs d’origine. D’ailleurs un prequel serait déjà en cours d’élaboration sans elles et ce n’est au fond peut être pas plus mal.

Il faudra un bon moment avant de réussir à entrer dans l’intrigue qui cherche clairement à faire du neuf avec du vieux. Apres une première scène revisitant la première scène du premier film avec une Trinity qui n’est curieusement pas celle que nous connaissons tout en introduisant à la fois de nouveaux personnages, nous retrouvons un Thomas Anderson devenu concepteur du jeu vidéo Matrix. Sans le savoir, il est dans une toute nouvelle Matrice où ses précédentes aventures en tant que Neo l’ont inspiré pour concevoir une trilogie vidéoludique à succès. Alors qu’il est question de développer un quatrième jeu, Thomas se verra contacté par un Morpheus qui n’est pas non plus celui que nous connaissons mais un ancien Agent passé subitement de l’autre coté. Dès qu’il aura été débranché de la Matrice, sa seule obsession sera de retrouver Trinity dont il a vu le corps juste en face du caisson dans lequel il était prisonnier.

Matrix Resurrections

Comme dans les précédents épisodes, Lana Wachowski cherche à nous enfumer avec un scénario alambiqué pour paraître plus compliqué qu’il est en vérité. Elle nous noie dans un déluge d’informations inutiles avec des explications fumeuses et des scènes sans aucun intérêt qui ne vont que cacher qu’elle n’a en fait strictement rien à nous raconter. Comme dans la dernière trilogie Star Wars et le dernier S.O.S. Fantômes L’Héritage, les héros de la trilogie font désormais figure de mythes auprès d’une génération dont il pourrait être les grands parents car si pour Neo il semble ne s’être déroulé que 20 ans depuis le sauvetage de Zion, il se serait en fait écouler 60 ans en dehors de la nouvelle Matrice. Ce ne sont pas les scènes d’actions qui sauveront la mise ce coup ci car au lieu de nous en mettre plein la vue de manière innovante comme le premier film, tout ici nous donnera une impression de déjà-vu comme si ce nouvel épisode était aussi buggé que la Matrice. Neo passe ici son temps à stopper les balles avec ses mains sans que cela paraisse encore aussi spectaculaire qu’à l’époque. Le film est aussi rempli d’extraits bien trop nombreux des précédents films que l’on voudrait ici nous faire passer pour des images de jeux vidéo. Et que dire de ses créatures en image de synthèse ressemblant à des Pokémon qui semblent avoir été  ajouté à l’intrigue comme pour en faire des produits dérivés !

Ce pauvre Keanu Reeves nous fera bien de la peine à reprendre ainsi le personnage le plus mythique de sa carrière sans n’avoir rien de nouveau à lui apporter. C’est même une version diminuée du Neo que nous connaissions qui a maintenant perdu la plupart de ses pouvoirs. Quand à Carrie-Anne Moss ce n’est que très tard qu’elle rentrera dans l’action avec un twist que l’on sentait venir avant même de voir le film. Allez savoir pourquoi alors que le véritable Morpheus était pourtant le seul encore en vie à la fin de la trilogie nous n’aurons pas la chance de revoir ici Laurence Fishburne. Sa copie jouée par Yahya Abdul-Mateen II, héros du dernier Candyman est une pale imitation en plus efféminée qui ne sert strictement à rien. Et parce que Hugo Weaving n’était pas disponible au moment du tournage, son rôle du tout puissant Agent Smith se voit confié à l’insipide et pitoyable Jonathan Groff héros de la série Mindhunters qui n’arrive clairement pas à la cheville de l’original.  Le personnage incarné par Jada Pinket Smith dans Reloaded et Revolutions est maintenant une vieille générale usée qui ressemble étrangement beaucoup à la Générale Leia de la dernière trilogie Star Wars. Des nouveaux venus nous retiendrons surtout Jessica Henwick et Neil Patrick Harris dans des rôles qui auraient mérités plus de place pour briller et la brève apparition surprise de la trop rare Christina Ricci.

Matrix Resurrections

En sabotant une nouvelle fois la franchise Matrix pour qu’on lui laisse définitivement la paix, Lana Wachowski manque avant tout de respect à l’ensemble des fans qui vont payer pour voir ce massacre. Jamais captivant ni même émouvant, ce quatrième épisode ne mérite clairement pas que vous alliez le voir au cinéma. Puisqu’elle se moque de nous, autant désormais boycotter tous ses futurs projets et espérer que des scénaristes plus inspirés sauront mieux qu’elle exploiter le potentiel de l’histoire développée dans le premier film.

MON AVIS :
1/5

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