NIGHTMARE ALLEY de Guillermo Del Toro [Critique Ciné]

NIGHTMARE ALLEY de Guillermo Del Toro [Critique Ciné]

Nightmare Alley

Guillermo Del Toro rend hommage aux films noirs avec son nouveau long métrage Nightmare Alley en salles ce mercredi.

Apres avoir fait main basse sur la cérémonie des Oscars en 2018 avec La Forme De L’eau, de loin son meilleur film à ce jour, Guillermo Del Toro se lance à nouveau dans la compétition avec son nouveau long métrage Nightmare Alley. Délaissant pour une fois le cinéma fantastique, il a décidé cette fois ci de rendre hommage au genre du Film Noir en adaptant le roman Le Charlatan de William Lindsay publié en 1946 et déjà porté à l’écran un an plus tard par le réalisateur Edmund Goulding.

Dans sa première partie Nightmare Alley nous laisse à penser que Guillermo Del Toro a décidé de nous offrir une sorte de remake du grand classique Freaks, La Monstrueuse Parade de Todd Browning en situant son histoire dans une fête foraine en 1939. En connaissant son amour pour les créatures fantastiques, il semblait en effet le mieux placé pour nous offrir un film de ce genre. Dans ces magnifiques décors et dans les attractions que nous verrons au début, tout pouvait nous y faire croire mais rapidement l’aspect fantastique disparaît pour faire place à un récit bien ancré dans la réalité. C’est en effet un film sur le faux semblant que signe ici le cinéaste avec ces forains qui ne font que duper les spectateurs avec des tours de passe-passe.

Nightmare Alley

Nightmare Alley nous fait suivre l’histoire de Stanton Carlisle qui va arriver totalement au hasard près d’une grande fête foraine où il se fera rapidement embauché. Au fil des semaines, il finira par gagner la confiance des forains en leur prêtant main forte et en allant même jusqu’à leur proposer des améliorations pour leurs performances. Rapidement, il sera clair qu’il ne s’agit que d’un arriviste prêt à duper tout le monde pour parvenir à ses fins. À savoir apprendre le métier pour s’enfuir au plus vite avec la jolie Molly Cahill pour mener la grande vie.

Nous les retrouverons deux ans plus tard alors qu’il est devenu un célèbre médium qui joue désormais dans des hôtels de luxe. C’est vraiment là que le film va réellement commencer en dévoilant le véritable caractère de ce Stanton Carlisle. Les décors fantastiques de la fête foraine sont remplacées par un style Art Déco à la Gatsby Le Magnifique et un éclairage typique du Film Noir. Nous aurons quasiment l’impression que toute la première partie du film n’a servi à rien tant cette deuxième partie change de style. Mais surtout l’intrigue qu’il déroule se montre au final guère captivante. L’homme de spectacle devenant subitement un escroc et tous les personnages que nous aimions dans la première partie ne servent plus à rien dans la suite.

Nightmare Alley

Difficile de comprendre ce qui a pu motiver Guillermo Del Toro à vouloir à nouveau adapter ce roman tant l’histoire ne présente si peu d’intérêt. Si le cinéaste avait su brillamment faire vibrer la corde nostalgique dans le charmant La Forme De L’Eau, cette copie conforme de films des années cinquante auquel il n’apporte que la couleur en nouveauté n’arrivera pas à nous convaincre. Faisant une demi heure de plus que la première adaptation, cette nouvelle version de Nightmare Alley deviendra de plus en plus ennuyeuse dans sa deuxième partie dont nous finirons par se douter de l’issue avant qu’elle n’arriver vraiment.

Est-ce la faute d’un Bradley Cooper peu convaincant si ce Stanton Carlisle nous paraît quasiment immédiatement si antipathique ? Il ne faudra pas longtemps pour se méfier de ce personnage que l’on soupçonne très rapidement de préparer un mauvais coup. Il y a peut être bien ici une grosse erreur de casting lorsqu’on sait que c’est à l’origine Ron Perlman qui voulait jouer ce personnage en 1993 sous la direction de Guillermo Del Toro sans qu’ils puissent avoir les droits à l’époque et que c’est Leonardo DiCaprio qui devait à la base incarner ce charlatan dans cette nouvelle version. Jamais nous nous attacherons à ce personnage dont le sort nous paraîtra bien mérité. C’est d’autant plus dommage qu’il partage l’affiche avec d’excellents acteurs tous impeccables dans leurs rôles respectifs. Willem Dafoe en tête mais aussi Ron Perlman, Tony Collette, Rooney Mara, Cate Blanchett et d’autres moins connus parfaitement choisis pour coller au mieux à leurs personnages.

Nightmare Alley

Le cauchemar de ce Nightmare Alley sera pour le spectateur qui s’ennuiera ferme devant cette resucée des classiques du Film Noir qui ne séduira que les cinéphiles nostalgiques du genre. Bradley Cooper n’arrivera jamais à nous faire s’attacher à son personnage de charlatan alors que tout le reste de la distribution se montrera impeccable. Si Guillermo Del Toro nous offre une nouvelle fois de très belles images, il nous déçoit cette fois ci franchement par son scénario qui s’enlise dans sa seconde partie après des débuts pourtant prometteurs.

MON AVIS :
2.2/5

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