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ABIGAIL de Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett

Abigail

Difficile de savoir si Abigail est un remake de La Fille De Dracula ou de Maman J’Ai Raté L’Avion.

Quand pourrons nous revoir un vrai grand film d’horreur original et marquant au cinéma ? C’est la question que nous pouvons se poser après chaque projection des dernières sorties du genre tels que La Malédiction : L’Origine, Les Cartes Du Mal, Les Intrus et tant d’autres trop inspirés par le business de Blumhouse. Même When Evil Lurks n a pas réussi à pleinement nous convaincre. Nos derniers espoir reposait sur Abigail dont le bouche à oreille pouvait nous laisser croire encore au miracle. C’était avant de découvrir qu’il s’agit du dernier film de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillet, réalisateurs des décevants Wedding Nightmare et Scream V & Scream VI.

Apres avoir tenté de relancer les Universal Monster dans une sorte d’ « Universe » à la Marvel qui s’est rapidement vautré par la médiocrité de ses premiers films Dracula Untold ou Invisible Man,  le studio Universal a choisi de capitaliser autrement sur la franchise Dracula en en faisant un peu n’importe quoi. C’est ainsi qu’après Renfield voici venir Abigail. Une remake annoncé de  La Fille De Dracula qui n’a cependant rien à voir dans son histoire avec le film d’origine de 1936. Mais combien de spectateurs de cette nouvelle version peuvent se vanter d’avoir eu la chance de voir ce vieux classique pas franchement resté dans les annales du cinéma ?

Abigail

En entrant en salle sans savoir ce qu’est réellement Abigail, rien ne pourra laisser douter dans les vingt premières minutes qu’il s’agit d’un film d’horreur. Nous y suivons en effet l’enlèvement d’Abigail, une fillette dont les parents sont assez riches pour lui permettre de répéter son ballet toute seule dans un grand théâtre privatisé pour l’occasion. Conduite dans un grand manoir par une véritable bande de pieds nickelés du kidnapping formée spécialement pour l’occasion, ils devront rester toute la nuit dans la demeure pour la surveiller le temps que son riche paternel paye la rançon.

Abigail prendra tout son temps pour nous présenter cette brochette de pseudo-truands constituée d’un ancien policier, d’un homme de main, d’une hackeuse fille à papa qui veut se la jouer punkette ou d’anciens militaires qui se sont tous recyclés par besoins financiers. Ils sont tous tellement caricaturaux et stupides que nous n’aurons vraiment aucune considération pour eux. C’est au contraire avec la plus grande impatience que nous attendrons de les voir se faire tous zigouiller les uns après les autres. Il faudra cependant attendre que Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillet rangent les violons et arrêtent de tenter de verser dans le pathos pour rien avant d’avoir le droit à quelques scènes convenables.

Abigail

Dans le lot de ces bandits, se dégage une ancienne infirmière de l’armée devenue toxico. Elle est jouée par Melissa Barrera, déjà héroïne de la nouvelle saga Scream. C’est elle qui est choisie pour être la seule à entrer en contact avec la jeune Abigail. Mais lorsque la situation deviendra hors de contrôle, c’est aussi sur elle que tout le monde comptera pour sauver la situation. Un rôle qui contrairement à celui d’Abigail jouée par l’athlétique Alisha Weir ne demandera pas de grands efforts. Nous préfèrerons largement Kathryn Newton qui joue l’amusante hackeuse de la bande tandis que Dan Stevens peine à convaincre en tentant de casser son image trop lisse en jouant l’ancien flic ripoux.

Si nous nous ennuierons ferme pendant une bonne partie du film où les occasions de frissonner se feront bien trop rares, les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett nous réserveront cependant par moment quelques passages bien gore qui réjouiront les amateurs. De manière presque « grand guignolesque », les vampires exploseront dans un véritable bain de sang qui laisse à penser que cet Abigail pourrait être lié à Wedding Nightmare mais cela ne se confirmera pas pour le moment. Les scénaristes nous prouverons en revanche leur véritable manque de talent dans une dernière partie qui tournera vraiment au grand n’importe quoi.

Abigail

Loin de la réussite que nous pouvions espérer, Abigail ressemble plus à une version horrifique de Maman J’Ai Raté L’Avion par sa brochette de gangsters ridicules qu’à un vrai film d’horreur flippant à souhait. Une série B qui démontre encore à quel point sont surcotés Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett. Doués pour les scènes d’hémoglobine mais moins pour créer la tension, ils leur restent encore à trouver les scénaristes capable de leur offrir une bonne histoire à mettre en scène. 

MON AVIS :
1/5

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