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MADAME WEB de S.J. Clarkson [Critique Ciné]

Madame Web

Après Venom et Morbius, le Spiderverse de Sony Pictures  accueille Madame Web dans un long métrage qui risque de faire rager les fans.

Il fut une époque pas si lointaine où nous avions pris l’habitude de voir Dakota Johnson se prendre des fessés déculottées chaque 14 février dans les trois épisodes de la saga 50 Nuances De Grey. Ce sont cette fois ci les spectateurs qui devront avoir des tendances BDSM pour s’infliger le visionnage de Madame Web qui sort aussi pour la Saint Valentin même s’il n’a vraiment rien de romantique. Quatrième film du Spiderverse de Sony Picture développé pour palier au prêt de Spider-Man aux Marvel Studios, ce nouveau film mériterait comme Venom 2 et Morbius de se prendre lui aussi une bonne fessée au box office.

Dans cette mode de donner une « origin story » à n’importe quelle saga, Madame Web parait bien être une sorte de prequel à la dernière trilogie de Jon Watts avec Tom Holland. Là où cette troisième relecture nous avait épargné les origines de la transformation de Peter Parker en Spider-Man, ce nouveau film semble vouloir nous raconter les origines de l’araignée qui l’a transformé sans le démontrer vraiment. Une histoire tellement médiocre et improbable qu’elle parait vraiment être une fan fiction très girly écrite par une collégienne comme une sorte de Barbie Spider-Woman plus qu’un grand film servant la cause féministe.

Madame Web

De la véritable Madame Web des comic books, les scénaristes n’ont gardé que son pouvoir de prescience. Ils ont imaginé une ambulancière bien nommée Cassandra Webb dont la mère enceinte d’elle a été tuée au Pérou alors qu’elle cherchait une araignée rare qui aurait donné des pouvoirs à une tribu autochtone. Ce n’est que vingt ans plus tard qu’elle découvrira après avoir été sauvée de la noyade son pouvoir prémonitoire. Il lui servira à sauver la vie de trois adolescentes poursuivies par l’assassin de sa mère qui lui avait volé l’araignée pour acquérir ses super-pouvoirs et qui depuis rêve chaque nuit que ces trois jeunes femmes lui règle son compte une bonne fois pour toutes.

Il faudra bien s’accrocher pour supporter le nombre d’incohérences présentes dans ce long métrage à commencer par le fait que Cassandra Webb est ici la collègue d’un certain Ben Parker que l’on présume être celui que nous n’avons jamais vu dans les films de Jon Watts. S’il n’est ici pas encore en couple avec la Tante May, nous aurons cependant le droit d’assister à la naissance de son neveu dont le prénom ne sera pas dit mais dont nous savons très bien de qui il s’agit. Aller imaginer que Peter Parker gravitait déjà avant sa transformation dans un monde rempli de dérivés de Spider-Men et de Spider-Women est certainement l’idée la plus stupide qui pouvait être imaginée. Ce ne sera malheureusement pas la seule mais la liste serait trop longue pour toutes les énumérer.

Madame Web

Conçu à l’origine pour être le premier film Marvel centré sur une super héroïne avant de se faire couper l’herbe sous le pied par Black Widow, Madame Web semble plutôt être le premier film de super héros sans super héros. Car en dehors d’un pouvoir de prémonition toujours très mal mis en scène, Cassandra Webb n’a aucun véritable super pouvoir puisque Madame Web n’était à l’origine qu’une vieille voyante qui aidait Spider-Man par ses visions. Il en va de même pour les trois adolescentes que nous espérions voir passer à l’action en Spider-Women mais qui ne resteront que de simples visions d’un éventuel futur donnant l’impression de n’être au final qu’un nouveau trio de Drôles de Dames particulièrement stupides et sans intérêt.

Confié à la réalisatrice S.J Clarkson qui dirige ici son premier long métrage après avoir mis en boite de nombreux épisodes de séries télés dont Jessica Jones, Madame Web est vraiment un film anti-spectaculaire sans aucun moment de bravoure. Ce n’est clairement pas pour remporter un Oscar ou gagner en réputation que les acteurs ont accepté de jouer dans Madame Web mais simplement pour toucher de quoi remplir le réfrigérateur. Dakota Johnson n’arrivera toujours pas à prouver ses talents d’actrices avec un tel rôle de même que Sydney Sweeney encensée pour son rôle dans Reality et The White Lotus mais qui écorne son image avec ce Madame Web et la comédie Tout Sauf Toi. Quand à Tahar Rahim, il fait bien de la peine à aller jouer un méchant aussi caricatural qui risque plus de le mettre dans une case plutôt que de lui permettre d’atteindre la gloire à Hollywood

Madame Web

Alors que nous ne savons encore rien de l’avenir du Spider-Man joué par Tom Holland, il y a de quoi se demander à quoi sert vraiment ce Madame Web qui semble se vouloir le début d’une nouvelle saga qui restera certainement sans suite vu sa médiocrité. Sans aucune connexion avec Venom ou Morbius et sans aucune scènes post-générique, le film de S.J Clarkson n’est qu’un attrape nigaud pour soutirer encore un peu plus d’argent aux malheureux fans de Spider-Man qui se seront encore bien fait arnaquer. De quoi dissuader d’aller voir Kraven The Hunter prévu pour le mois d’août qui ne sera certainement pas plus réussi.

MON AVIS :
0/5

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